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dimanche 19 mars 2017

Léon Degrelle et le nationalisme flamand Les accords Rex-VNV de 1941


V. Le point de vue de Jean Denis
De l’accord Rex-VNV de 1936 au Parti Unique de 1941




Les signatures au bas de l'accord entre le VNV, le
Verdinaso et Rex.
La résolution, d’importance historique, qui s’accomplit aujourd’hui est la phase finale d’un mouvement d’intégration dont le fameux accord « Rex-VNV » de 1936 fut une des étapes les plus glorieuses. J’ai eu l’honneur d’être un des artisans de ce premier accord et je crois l’heure venue d’en dire aujourd’hui des choses que l’époque passée ne méritait pas qu’on dise.

Cet accord « Rex-VNV » avait plusieurs aspects. Par certains côtés, il constituait une manœuvre politique se développant sur le terrain démocratique et parlementaire, et ayant pour but de constituer un premier noyau de concentration prérévolutionnaire. Ce premier noyau parlementaire dont les éléments équilibraient leurs forces déjà respectables sur les deux parties du pays pouvait normalement prétendre à catalyser d’autres forces éparses d’opposition et arriver peut-être à donner, par la voie légale et parlementaire, une solution révolutionnaire à la crise profonde où s’enfonçait, alors déjà, le régime. Cette tentative échoua. Après coup, l’on pouvait faire à ce sujet toutes sortes de réflexions, parler d’erreurs commises, d’inhabiletés, d’imprudences, de fautes même. Après coup, c’est facile…

Mais ce qui reste, et c’est l’essentiel, c’est que cet accord « Rex-V.N.V. » fut une tentative opportune, généreuse et procédant d’une vision très lointaine et très réaliste de l’avenir.

Historiquement, l’on en peut, en effet, envisager cet accord sous son seul aspect de manœuvre politique à portée immédiate. Quand nous nous trouvions réunis dans cette maison charmante qu’occupait Gérard Romsée, à la rue des Palais, il régnait parmi nous une atmosphère bien plus noble et plus élevée que celle des compromis parlementaires et démocratiques. Déjà nous parlions de tout autre chose que du contrat que nous venions de signer. Ce contrat tirait plus de valeur à nos yeux de son existence que des termes dans lesquels il était rédigé. Ses termes, c’était du provisoire, de l’immédiat, l’union qu’il symbolisait, c’était déjà du définitif, c’était une voie d’âme tracée, une fois pour toutes, à travers tout ce qu’il y avait encore autour de nous et devant nous, de mystérieux et d’indéterminé. Nous savions bien que nous n’étions pas au bout de notre route, au bout de nos épreuves ; plusieurs parmi nous n’étaient pas sans deviner que les vicissitudes quotidiennes et les embarras d’une lutte désespérée, nous éloigneraient encore les uns des autres. Mais ceux-là qui pressentaient alors les difficultés à venir avaient précisément la plus ferme conviction qu’un jour viendrait, Dieu seul savait quand, où nous nous retrouverions au seuil immédiat d’un avenir dont nous serions les maîtres.

A cette réunion de la rue des Palais étaient présents : Léon Degrelle, Staf Declercq, Gérard Romsée, Vandenbergh, Tollenaere, Paul de Mont et moi-même.

Dans la suite, toujours après coup, Paul de Mont fut l’objet de vives critiques de la part de certains milieux, même rexistes. On lui reprocha surtout d’avoir imposé au rexisme wallon une épreuve trop lourde quand, à la suite de cet accord, nous dûmes subir les assauts dévergondés d’un patriotardisme à la mode de 1830. Nous, Wallons, savions d’avance quels assauts nous devrions subir, quels sacrifices nous devrions consentir en nous liant au V.N.V. et les dirigeants de celui-ci eurent la délicatesse de nous faire entendre qu’ils s’enrendaient eux-mêmes parfaitement compte.

A vrai dire, Paul de Mont, qui n’était pas dénué de flair politique et qui avait le sens parlementaire, fut l’initiateur et le grand artisan de cet accord. De méchants esprits ont prétendu qu’il n’avait eu pour mobile que de se rendre personnellement ministrable en se réservant une position parlementaire de premier choix ; d’autres, au contraire, ont affirmé passionnément que seul l’animait le fervent désir de servir son peuple. Pour ma part, je me refuse à rechercher les intentions secrètes auxquelles obéissent les hommes, surtout quand il s’agit d’un Paul de Mont qui sut disparaître de la scène politique avec tant d’élégance.

Mais ce que je puis dire parce que j’en eus les preuves, c’est que Paul de Mont fut un homme loyal et que si le caractère « manœuvrier », l’esprit tactique de l’accord souriait davantage à son esprit de madré parlementaire, jamais il ne ramena cette affaire au simple degré d’une machination.

En fait, en préparant cette rencontre, en articulant cette première liaison des deux grandes forces révolutionnaires qui se manifestaient dans le pays, Paul de Mont ne faisait qu’aller plus avant dans une direction que Léon Degrelle avait tracée dès avant la fondation du mouvement rexiste.

Wallon, venu du fin fond de la Wallonie, Léon Degrelle sut comprendre et éprouver lui-même, dès son entrée à l’Université, l’inquiétude flamande. Dans un temps où il y avait quelque audace à le faire, Léon Degrelle fut le premier de tous à rompre avec fracas les murs de préjugés et d’incompréhensions qui séparaient encore les jeunes Wallons des jeunes Flamands. Il fut le premier Wallon à aimer la Flandre, passionnément, comme on aime une femme. L’action que, dès ses premières activités de journaliste, il développa pour faire comprendre la Flandre, son existence, ses drames, sa personnalité ethnique fut vraiment incalculable.

Et dans l’heure présente qui a quelque chose de vraiment solennel, nous, Rexistes wallons, nous pouvons regarder la Flandre avec fierté, car nous savons que dans toute notre conduite envers elle, rien ne peut nous être reproché de disgracieux.

Nous avons servi la Flandre et, maintes fois, nous nous sommes sacrifiés pour elle.

Parce qu’elle en avait besoin.

Et ceci nous amène à montrer la vraie substance, le moelle inaltérés du premier accord Rex-V.N.V.

Quel était le but suprême à atteindre ? Quel est-il toujours ? Réaliser l’unité du peuple, hausser jusqu’à l’unité la conscience populaire.

Surgeon vivace de l’ancien extrémisme frontiste, le V.N.V., surtout à cause de cette origine, voyait son action ralentie et même combattue par certaines couchesn, par ailleurs fort intéressantes, du peuple flamand.

Or c’est précisément parmi ces couches ethniques des régions flamandes que, sans l’avoir cherché, Rex recueillit, dès le début de son action de très ferventes sympathies. C’est que par ses origines mêmes, Rex tenait encore apparemment aux vieilles idées belgicistes et mettait son point de lutte sur quelques idées révolutionnaires à caractère universel.

On pourrait dire schématiquement que le V.N.V. voulait acheminer le peuple flamand vers les concepts révolutionnaires en cherchant d’abord à créer une conscience unitaire flamande, tandis que Rex s’attachait d’emblée à répandre les concepts révolutionnaires, ceux-ci devant entraîner nécessairement la naissance d’une conscience populaire intégraliste.

Il serait vain de prétendre que tout cela fut calculé, prémédité.

L’important, c’est qu’il en fut ainsi. Et le certain, c’est que les dirigeants rexistes, et Léon Degrelle, en tout premier lieu, eurent immédiatement conscience de tous les devoirs qu’imposait à l’égard de la communauté populaire flamande le phénomène par lequel certaines couches non négligeables de la population flamande se rattachaient à Rex.

Jamais, à aucun moment, l’idée ne vint aux dirigeants rexistes de se servir des effectifs dont ils disposaient en Flandre comme d’un levier pour rétablir un certain impérialisme belgiciste en Flandre.

Au contraire, Rex commença immédiatement à mettre en œuvre un plan méthodique de réintégration à la communauté flamande de tous les éléments plus ou moins dénationalisés sur lesquels il pouvait exercer son influence.

Ce fut une œuvre ingrate et lente qui imposait une grande prudence de langage et une grande discrétion d’attitude à l’égard de tous les problèmes politiques autour desquels se maintenait encore quelque irritation.

Cependant jamais Rex n’usa de procédés retors à l’égard de ceux qu’il voulait convertir à l’idée unitaire flamande et, dès le début, l’accord Rex-V.N.V. en fut la preuve péremptoire, l’attitude rexiste fut nette, dépourvue d’ambiguïté et absolument catégorique dans ses principes.

Le long maintien de nos unités rexistes en Flandre n’avait donc pas pour but, ni pour résultat, de maintenir une pluralité parmi les organisations nationales flamandes mais au contraire d’aider la Flandre à s’acheminer vers son unité populaire et révolutionnaire.

Nous avons accompli envers le peuple flamand un devoir inéluctable, qu’aucun autre parti, qu’aucun homme politique autre que Léon Degrelle n’avait la possibilité d’accomplir.

Dans cette heure historique où notre tâche est terminée par la réussite complète du but que nous voulions atteindre, à savoir l’unité populaire flamande, nous sommes fiers que le Destin nous ait marqués pour cette tâche.

À cette tâche, nous avons mis toute notre âme et je suis persuadé que nous l’avons accomplie avec honneur et que nous laissons en Flandre des affections qui ne périront jamais.

Et voici que jaillit déjà sous nos yeux la récompense d’un tel effort pour lequel tous les rexistes wallons nous ont toujours appuyés de toute leur âme, même quand ils ne comprenaient pas très bien pourquoi nous agissions ainsi.

Voici que la Flandre, forte et puissante, rayonnante de tout son orgueil retrouvé, triomphale en son unité définitivement reconquise, se tourne vers le peuple wallon qui a su se faire aimer d’elle dans ses fils les plus authentiquement révolutionnaires.

Par-delà des frontières ethniques désormais marquées avec sagesse et clarté, Wallonie et Flandre trouvent une fraternité souriante et digne.

Elles retrouvent une unité d’âme qui n’a plus rien de commun avec l’unitarisme froid et artificiel de l’ancien Etat belgiciste confectionné en 1830, mais qui ranime à la chaleur d’un souffle révolutionnaire les traditions les plus authentiques et les plus profondes fixées par les époques glorieuses de nos Provinces-Unies.

Désormais, la porte de l’avenir est largement ouverte…


Jean DENIS, président de l’Institut Culturel de Rex
(Pays réel, 11 mai 1941)

lundi 10 octobre 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1941


IV. Le point de vue de Staf De Clercq



Introduction de Me Reimond Tollenaere

Me Tollenaere, chef de la propagande du V.N.V., ouvre la séance par la communication suivante :

« Vu la nécessité de réunir toutes les forces résolues à réaliser une véritable révolution nationale-socialiste en Flandre, les organisations V.N.V., Rex-Vlaanderen et Verdinaso ont décidé de fusionner dans une organisation unique de Vlaamsch Nationaal Verbond sous la conduite de Staf De Clercq.
Les principes sur lesquels cette organisation est basée ont été publiés dans une communication spéciale à la presse.

Ainsi un grand pas est fiat dans l’unification des mouvements qui adhèrent à la reconstruction nationale-socialiste d’une nouvelle Europe. »

La parole est ensuite donnée au Leider du V.N.V.

À vous tous qui avez bien voulu assister à cette conférence de presse, je souhaite une cordiale bienvenue !

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que nous avons eu l’honneur de convoquer les représentants de la presse. Plusieurs d’entre vous, aussi bien ceux appartenant à la presse flamande et wallonne que ceux appartenant à la presse allemande ont bien voulu, mainte fois, assister aux réceptions organisées à l’occasion de nos « Landdag » annuels. Ils y ont pu suivre la croissance d’un mouvement, le développement d’une idée, qui ont toujours eu pour but le salut de notre communauté populaire néerlandaise.

Nous nous trouvons maintenant devant vous en des circonstances totalement différentes et infiniment plus favorables. Certains dangers, contre lesquels nous devions nous défendre en ces temps-là, avec âpreté, comme par exemple les accords contractuels de l’Etat Belge avec la France, accords qui, jusqu’au 10 mai 1940, ont constitué une liaison effective, n’existent plus.

Les manigances de partis politiques qui ont été si néfastes pour notre peuple et qui étaient inhérentes à la démocratie libérale belge sont paralysées. Grâce à la compréhension de l’autorité militaire allemande pour les problèmes qui se posaient dans notre espace, le chemin vers un Etat plus équilibré et plus juste pour notre communauté populaire a été suivi avec fermeté, quoique par étapes successives.

N
otre joie et notre fierté, c’est que tous les nationalistes flamands n’ont pas seulement pris position contre ces dangers au cours d’une longue lutte politique, mais qu’ils ont effectivement donné le meilleur d’eux-mêmes pour éviter à notre peuple le malheur qui devait fatalement en résulter.

C’est également la joie et la fierté du V.N.V. qui, parallèlement avec d’autres groupements qui ont lutté à côté de nous et qui marcheront dès aujourd’hui avec nous dans une seule organisation, d’avoir pris position, depuis des années déjà contre les manigances antipopulaires d’un état démo-libéral.

Mais il est trop tôt pour crier victoire, car les forces de toutes espèces se démènent dans l’ombre pour restaurer le passé et perpétuer leur influence néfaste. Une partie de notre peuple ne réalise pas encore le sens des temps nouveaux qui sont en marche. Encore trop peu se rendent compte du vaste rôle dévolu à notre communauté populaire dans l’ordre nouveau qui s’établit dans l’Europe sous la conduite de la Germanie.

Trop nombreux sont ceux qui se réfugient, sinon dans une position d’hostilité, du moins dans un attentisme qui inclut le danger que la révolution nationale-socialiste en Europe se réalise en dehors de la Flandre et la laisse passer comme un objet sans valeur pour l’ordre politique à venir.

La position prise par le V.N.V. en tant que mouvement national-socialiste envers ces faits vous est connue. Dans des discours prononcés au cours des derniers mois dans nombre de villes de Flandre au nom du V.N.V., j’ai moi-même indiqué le chemin que nous avons pris et que nous poursuivrons jusqu’au bout.

Mesdames, Messieurs, c’est grâce à notre souci d’information objective que ces paroles ont trouvé un écho tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Notre souci constant au cours de nos luttes a toujours été de réaliser l’unité la plus grande au sein de notre peuple, hélas trop souvent divisé contre lui-même.

Sous le régime des partis politiques, cette tâche était presque désespérée. Division et scission sont d’ailleurs les caractéristiques de ce régime. Nonobstant tout, nous avons poursuivi, même alors, cette dure tâche. Heureusement, de nouvelles possibilités d’unification se sont fait jour. L’idée nationale-socialiste qui nous anime porte en soi le ferment de l’unité. L’existence au sein d’une même communauté populaire de différents mouvements nationaux-socialistes est hautement illogique et irréelle. Alors que dans ces temps nouveaux, il fallait écarter et liquider les restes du passé, il était aussi nécessaire de mettre fin au fait que différentes organisations politiques flamandes qui se sont prononcées pour le national-socialisme et l’idée populaire continuent à agir côte à côte ou même l’une contre l’autre.

Et voilà, Mesdames et Messieurs, la communication que je suis heureux de pouvoir vous faire ce jour : l’unité tant désirée par nous et par les meilleurs dans le pays est devenue une réalité.

Le Verdinaso a décidé de se rallier à l’organisation unitaire qui se nomme Vlaamsch-Nationaal Verbond. Comme signe extérieur, le Camarade Pol Leroy, du Verdinaso, a pris place dans le conseil de direction du V.N.V. Ce ralliement comporte aussi la milice du Dinaso. Celle-ci se réunit avec la milice thioise Zwarte Brigade sous le commandement général du Camarade Reimond Tollenaere. Le Camarade François, du Verdinaso, prendra le commandement de cette milice.

L
e Dinaso-Vrouwenverbond, le Dinaso-Jeugdverbond et le Dinaso-Korporaties sont intégrés dans les organisation concordantes du V.N.V.

R
ex-Vlaanderen a fait le même pas. Le Leider de Rex-Vlaanderen, le Camarade Odiel Daem, en plein accord avec Léon Degrelle, Chef de Rex, s’est rallié à notre organisation unitaire et également ici les membres des différentes organisations de Rex-Vlaanderen sont intégrées dans les organismes du V.N.V. Le Camarade Odiel Daem a pris place dans le Conseil de direction du V.N.V.

Ainsi s’est non seulement réalisée l’unification tant désirés, mais cette unification a provoqué la naissance d’un fort mouvement national-socialiste ayant comme exposant politique le Vlaamsch Nationaal Verbond, comme exposant jeunesse l’Algemeen Vlaamsch Nationaal Jeugdverbond, comme exposant féminin le Vlaamsch Nationaal Vrouwenverbond, comme exposant milicien la Dietsch Militie Zwarte Brigade et comme exposant social, Arbeidsorde.

Tout le pays flamand –et demain les Flamands de la Wallonie– est appelé à se rallier. Cinq « Gouwleiders » –un pour chaque province flamande– et demain un chef flamand pour les Flamands nationaux-socialistes en Wallonie, 17 chefs d’arrondissements, 76 chefs de district et plus de 700 chefs de section et de noyau, tous Camarades éprouvés, liés par le serment de fidélité à l’organisation, forment la constellation politique du mouvement.

C
onjointement et en parfaite communauté d’idées avec le mouvement politique et sous la conduite d’un même chef, agissent le Vrouwenverbond, le Jeugdverbond, la Dietsche Militie et Arbeidsorde.

Nous exprimons le vœu qu’en Wallonie, les Wallons aussi puissent se grouper dans une forte organisation nationale-socialiste.

L
a formation unitaire V.N.V. considère le mouvement rexiste, sous la conduite de Léon Degrelle, comme le mouvement unitaire qui veut gagner les Wallons en Wallonie pour le National-Socialisme, maintenant surtout que les organisations Verdinaso en Flandre et en Wallonie ont cessé d’exister. Le V.N.V. peut coopérer avec Rex pour autant que l’intérêt des deux communautés populaires rende cette coopération souhaitable.

L
’intérêt de ces décisions et de ces accords ne vous échappera pas. La Flandre nationale-socialiste a trouvé son organisation unitaire. Amis et ennemis savent à présent de façon précise avec qui ils auront affaire ou à découdre.

P
our votre gouverne, je vous communique que l’accord des deux formations comporte la reconnaissance des principes suivants :

Le V.N.V. a pour but l’établissement en Flandre de l’ordre National-Socialiste.

C
et ordre n’est réalisable que sur la base d’une conscience populaire pure et réelle qui comporte pour le peuple en Flandre la conscience de son caractère Néerlandais (Dietsch-Thiois) et le sens de la solidarité germanique pour ce qui concerne l’honneur et le devoir imposés à tout peuple germain.

La tâche du V.N.V. consiste :

- dans l’éveil et le renforcement de la conscience populaire en Flandre ;

- dans l’éducation de tous les membres de la Communauté dans l’esprit National-Socialiste, consistant dans l’esprit de servir, dans la subordination des intérêts de personnes et de groupes au bien commun de la communauté populaire ; 

- dans la manifestation de la solidarité populaire dans l’ordre politique, culturel et social-économique. 



L’ordre politique sera établi, d’une part sur le principe autoritaire qui inclut la compétence et la responsabilité personnelle du chef, d’autre part l’éviction et le rejet de toutes les institutions et de tous les groupements ou expressions qui attaquent ou minent l’unité organique de la communauté populaire ; 

L’ordre culturel sera mis au service de l’édification d’une réelle culture populaire, c’est-à-dire d’une culture qui, dans toutes ses expressions, sera le miroir de l’entité populaire et comme tel un moyen pour son maintien et son perfectionnement.

L’ordre social sera établi :

- sur la reconnaissance du travail, mis au service de la communauté et considéré comme un devoir éminent pour tous ;

- sur la solidarité des travailleurs de toute espèce et de tout rang, des dirigeants et des servants, cette solidarité étant édifiée sur le respect et la foi mutuels ;

- sur le devoir de la communauté de procurer à tous ses membres qui désirent travailler une existence humainement digne.

L’ordre économique devra tendre à réaliser ce principe double : la propriété est service et l’intérêt commun prime l’intérêt des groupes et individus. Tout en reconnaissant l’initiative privée, l’organisation de la vie professionnelle doit avoir pour but d’en faire un ensemble ordonné et coordonné d’unités économiques qui sont toutes en fonction du bien du peuple entier.

Mesdames, Messieurs, cette tâche large et vaste fut depuis longtemps circonscrite en ces différents points dans le programme du V.N.V. qui est ainsi resté fidèle à son passé de combativité. Notre peuple a prouvé qu’il est accessible à ces conceptions qui, à notre avis, constituent son unique salut. Avec grande confiance, nous marchons vers l’avenir avec des effectifs grossis par l’adhésion de Verdinaso et Rex-Vlaanderen.

Il est juste que nous portions à cet instant un salut à ces deux organisations dont la confiance dans notre formation unitaire s’est affirmée publiquement. Il est inutile de jeter les regards sur le passé. Ce qui nous séparait avant est remplacé par une communauté et unité de conception, d’organisation et de direction. Le groupement national-socialiste en Flandre est notablement renforcé. Avec plus de conscience encore qu’auparavant, nous nous attelons à la tâche pour gagner toute la Flandre, tous les miliciens et toutes les classes de notre peuple à nos conceptions, avec la certitude d’influencer ainsi fortement et favorablement la formation de sa volonté politique. Nous ne nous cachons pas qu’il faudra encore agir, lutter et sacrifier beaucoup pour atteindre ce but. Les problèmes qui se posent à nous sont nombreux.

J’ai essayé d’éclaircir dans les derniers mois beaucoup d’entre eux. Nous avons dû, pour ce faire, nous insurger contre des déformations qui sont le résultat de ce qui, dans le passé, a été forfait contre notre peuple. Mais là où dans les circonstances les plus difficiles et les plus ingrates, nous n’avons jamais hésité pour « vouloir ce qui était droit » et pour nous affirmer, nous avons maintenant la certitude que nous réussirons dans notre dessein de créer pour notre peuple une ambiance où il fera bon respirer.

Nous sommes ici en hommes libres et voulons être les dignes fils d’un peuple qui, quoique abandonné à lui-même au cours des siècles, a réussi à maintenir son caractère germanique, quelles que fussent la contrainte et l’oppression venant du sud.

En hommes libres, nous affirmons notre confiance dans l’Allemagne nationale-socialiste et dans le Führer et Chancelier du Reich, Adolf Hitler, que nous reconnaissons avec fierté comme Führer de tous les Germains. Nous avons le ferme espoir, je dis la certitude, qu’il assurera l’avenir politique, culturel et économique du peuple de la Néerlande, sur la base des principes qui ont rendu possible la grandeur de notre peuple.

Nous sommes prêts à nous mettre au travail avec la dernière énergie pour la réalisation du nouvel ordre en Europe, où la Germanie pourra déployer toutes ses possibilités.

Pour notre peuple, nous voulons rendre effectif l’établissement d’un ordre national-socialiste, dans lequel les oppositions du présent trouveront une solution harmonieuse et organique.

L’idée communautaire vivifie toute notre action. La valeur du travail presté constitue pour nous la mesure suprême. Sur de tels fondements, nos actions et notre lutte ne peuvent qu’être couronnées de succès. Même les plus sourds d’entre les sourds et les plus aveugles d’entre les aveugles devront constater que le chemin que nous indiquons est le seul possible et le seul salutaire.

Qu’il me soit permis de ne pas m’avancer plus à fond dans les problèmes concrets qui se posent.

Seulement, nous voulons encore, nous Néerlandais flamands, vous remettre en mémoire quelle est notre position envers les Wallons et ceux de notre peuple qui ont été wallonisés ou francisés.

Aux Wallons, nous ne contestons nullement le droit de vivre et le droit au développement populaire, mais les temps doivent être définitivement révolus où ils disposaient de nos possibilités de vie et de développement, où ils y avaient leur mot à dire. Ceci sera notre affaire. Et quant à ceux de nos nationaux qu’une cohabitation forcée nous a fait perdre, pour eux, parle bien haut en nous la voix du sang. Ce qui nous appartient doit nous revenir. Ceci est une nécessité inéluctable sur laquelle nous devons diriger notre action.

Voilà notre position pour les temps présents et pour le temps à venir. Nos rangs s’élargissent de plus en plus. Tous ceux qui y entrent avec un esprit de foi et de discipline sont les bienvenus. Un grand pas est fait dans l’unification des forces nationales-socialistes. Nous insistons auprès de ceux qui se trouvent encore indécis au bord de la route, ou qui n’ont pas encore réussi à faire disparaître en eux les signes de la division populaire et de la chicane, à se rendre compte de l’indéniable réalité.

La Flandre, consciente et prête aux actes, est une. Et c’est ainsi que nous continuerons notre route, liés par un amour indestructible pour notre communauté populaire et par une volonté ferme de la placer dans l’ordre nouveau de demain et à une place digne, dans les rangs des peuples germaniques et dans l’Europe nouvelle qui naît.

Nous nous efforcerons d’obtenir qu’avec l’appoint de toutes nos forces, la Flandre soit intégrée comme un corps vivant et non comme un corps mort dans le complexe germanique.

Mesdames et Messieurs, je suis convaincu que grâce à la clairvoyance et à l’acte de nos Camarades nationaux-socialistes du Verdinaso et de Rex-Vlaanderen, nous écrivons une belle page dans l’histoire du développement de notre peuple. L’avenir prouvera que ce qui se passe maintenant influera fructueusement et constructivement dans une très haute mesure sur la formation de notre avenir populaire et national-socialiste.

C’est dans cette joyeuse et formelle certitude que je vous remercie, Mesdames et Messieurs, pour l’attention avec laquelle vous avez bien voulu prendre connaissance de cette communication.

Le Pays réel, 11 mai 1941.

samedi 3 septembre 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand: les accords Rex-VNV de 1941

III. Le point de vue d’Odiel Daem 

Après la déclaration claire et significative que vient de faire le Chef de Rex, il n’entre pas dans mes intentions de prononcer un discours. Toutefois, au moment où une nouvelle tâche nous attend, je désire, en mon nom personnel ainsi qu’au nom de tous les dirigeants de Rex-Flandre, remercier le Chef de Rex pour la confiance qu’il n’a cessé de nous témoigner durant cinq ans. 

À cette occasion, je tiens à redire combien nous apprécions le privilège d’avoir pu combattre à ses côtés pour la révolution nationale et sociale. Nous savons tous ce que nous lui devons. L’esprit d’abnégation et d’énergie inaltérables, le courage moral et physique dont il a fait preuve en face des dangers et de la calomnie, son noble dédain envers toute mesquinerie et surtout son dévouement incomparable à son idéal resteront pour nous plus qu’un souvenir. S’il est vrai que l’amitié naît de l’admiration, vous pouvez être convaincu, M. Degrelle, que ni le temps, ni les circonstances ne pourront détruire cette amitié durable par laquelle des milliers de Flamands se sentent liés à vous. 

Pour ces raisons, je désire rendre hommage à l’homme qui a eu le courage de braver l’impopularité pour défendre des positions qui allaient droit à l’encontre des sentiments d’une masse égarée par les politiciens. 

Ce sera pour vous un mérite durable, non seulement d’voir été le premier Wallon qui ait compris le problème flamand dans le sens d’un problème de nationalités, mais aussi d’avoir été le seul en Wallonie qui ait pris position contre une politique belge étroite qui, du fait de son orientation vers l’étranger, trouvait dans les régions wallonnes, à côté d’adhérents sentimentaux, un nombre considérable de défenseurs à la solde du Quai d’Orsay. 

Nous savons combien vous aimez la Flandre. Votre approbation de l’accord que Rex-Flandre a signé en vue de la constitution du parti unique en Flandre prouve une fois de plus combien vous étiez sincère quand vous déclariez que noms et groupements étaient d’ordre secondaire et devaient converger vers le but à atteindre. Ce but était de créer l’unité de tous les éléments nationaux qui désiraient voir renaître l’épanouissement de leurs traditions. 

Au moment où la Flandre, débarrassée de l’influence des partis politiques néfastes va décider de son propre sort, vous avez tenu, sans aucune hésitation, à prendre les responsabilités qui s’imposaient. Nous vous en remercions. Vous avez bien mérité de la Flandre. 

Nous tenons aussi à remercier sincèrement nos camarades wallons. Vous avez défendu courageusement et avec conviction la cause flamande contre l’incompréhension de certains milieux wallons dénationalisés. Nous nous en souviendrons. 

Demain, une tâche magnifique vous attend. Grâce à Rex qui, dès ce jour, dans vos régions est la seule formation de combat de la révolution nationale-socialiste, les contrées romanes pourront poursuivre leur mission historique. 

Vous avez le bonheur d’avoir en Léon Degrelle un homme qui a vu clair à temps. Soyez dignes de lui. Grâce à lui, vous pourrez reconquérir pour votre peuple la place qui lui revient dans la Nouvelle Europe. 

Rex vaincra !

Le Pays réel, 11 mai 1941.

jeudi 18 août 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1941


II. Léon Degrelle expose aux militants flamands la portée de la décision

Après avoir annoncé à la Presse la conclusion de l’accord qui va imprimer un nouvel et puissant essor à notre vie politique nationale, le Chef de Rex, au début de l’après-midi, avait tenu à réunir au centre de la rue Mercelis de nombreux représentants des dirigeants et militants de Rex-Flandre, pour leur exposer la portée des décisions qui viennent d’être prises.
La vaste salle est comble quand le Chef de Rex y fait son entrée : d’interminables acclamations l’accueillent. Mais l’atmosphère n’est pas l’atmosphère devenue traditionnelle des meetings ordinaires : il plane sur l’auditoire on ne sait quelle gravité née de l’importance de cette heure où des hommes qui, durant des années, ont lutté contre vents et marées, se confrontent avec un passé dont ils prennent congé pour se tourner tout entiers vers un avenir dont ils ne peuvent encore discerner que les grandes lignes – les grandes lignes exaltantes.
D’emblée, le Chef de Rex donne connaissance de la convention signée entre Rex, le V.N.V. et les Dinasos. Le public, immédiatement, réagit avec enthousiasme.
Léon Degrelle montre d’abord comment l’acte posé aujourd’hui est une consécration pour les longues et âpres luttes menées inébranlablement par nos camarades flamands.
Il rappelle comment Rex n’avait pas hésité à braver l’impopularité et à s’exposer aux attaques des cliques politiciennes et fransquillonnes :

« Rex a rendu au peuple flamand le sens et l’amour de la Flandre éternelle, l’esprit de la communauté populaire. Rex a rendu à la mère Flandre des milliers de fils conscients de leur dignité et de leurs responsabilités. Rex a pu former des élites qui peut-être manquaient : il les verse à présent au sein d’une Flandre revivifiée. »

Le Chef insiste ensuite :

« Dans le nouveau parti unique, les hommes venus de chez nous garderont intact l’idéal grand et noble que nous leur avons donné et qui embrasera toute la Flandre !
En pays flamand, il n’y aura plus désormais de concurrents, mais une seule gerbe de forces occupant tout le terrain national…
Quant à la solidarité des Flamands et des Wallons, notre espoir est qu’elle sera maintenue vivace et que, au-dessus de nos deux peuples, il y aura le fédérateur de notre sensibilité : le Roi !
»

Puis, le Chef montre combien cette unité d’action était logique et inéluctable : n’était-il pas profondément décevant de voir les fils d’un même peuple témoigner l’un pour l’autre et sur leur propre sol d’une mutuelle défiance, alors qu’ils étaient les uns et les autres attachés par d’étroits liens aux grands lutteurs étrangers forgeant l’Europe nouvelle ?
Et, pour terminer, Léon Degrelle évoque toutes les attaches qu’il avait et gardera avec les camarades de Flandre : tant de luttes communes, tant de meetings où son âme vibrait à l’unisson de l’âme de la Flandre.
Puis, Odiel Daem, en flamand, adressa quelques mots à l’auditoire.
Il rappela combien il avait été peiné de retrouver sa Flandre divisée, lorsqu’il était rentré de captivité en Allemagne.
Il dit sa fierté et son bonheur d’avoir pu travailler aux côtés de Léon Degrelle à la grande œuvre de ce jour.
Il insista beaucoup sur un point : à savoir que le nouveau parti unique est un organisme d’union. Rex ne s’inféode pas plus au V.N.V. que le V.N.V. ne rallie Rex. Rex et le V.N.V. vont vers une fusion totale au sein d’un nouveau mouvement national-socialiste flamand, régénérateur et tout-puissant.
Ce mouvement sera profondément social, profondément national, et intégralement occidental.

La décision que Rex a prise, il l’a prise en pleine liberté, en pleine conscience, assumant toutes ses responsabilités : le symbole de cette réalisation est ce glorieux insigne que nos militants pourront garder dans la nouvelle organisation.

Follement acclamé, le leader flamand répète son attachement inébranlable au Chef de Rex :
« Le plus beau jour de ma vie, dit-il, sera celui où je pourrai recevoir Léon Degrelle pour lui remettre le diplôme d’honneur de bourgeois de Flandre ! »

Avant de se séparer d’eux, le Chef remit à tous ceux de ses fidèles militants qui étaient présents l’insigne des vétérans du Mouvement.
Et nous renonçons à décrire l’enthousiasme qui salua le départ de celui qui, avec un sens politique toujours aussi aigu, a voulu et pu poser un acte historique dont l’avenir confirmera toute l’importance…

Le Pays réel, 11 mai 1941.



samedi 13 août 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1941

I. Le sens et le but de l’accord


Ce fut la première vraie journée de printemps que celle où le Chef de Rex avait convoqué, à la Drève de Lorraine, les chefs du V.N.V., du Verdinaso et de notre mouvement, ainsi que les représentants de la presse et de la Radio, pour leur donner lecture d’une déclaration dont chacun saisira toute la portée. 
Ce n’est sans doute pas sans arrière-pensée que la date choisie pour cette déclaration fut précisément celle du 10 mai 1941. 
Voici un an, par une semblable matinée pleine de soleil et de fraîcheur, notre pays entrait dans une des tragédies les plus terribles, mais heureusement la plus brève, de son histoire. Ce jour-là, tout un monde politique s’écroulait dans la douleur : celle des autres, bien entendu. 
Un mois plus tard, le cadavre de l’ancien régime allait pourrir en pays étranger, dans la plus abominable des ignominies.
Nos pensées ne pouvaient pas échapper à ce souvenir, tandis que parmi les fleurs nouvelles, d’un rouge sang, nous assistions à l’arrivée des nombreuses personnalités accourues au rendez-vous.
Aujourd’hui, comme tout est paisible… comme tout nous parle de paix et de sérénité… Comme tout nous appelle au travail constructif, à la reprise du labeur séculaire de notre peuple… Des miliciens des formations de Combat forment une garde d’honneur. Figés au garde à vous, dans leur uniforme noir, orné de la croix de Bourgogne, ils nous invitent, par leur présence, à ne pas nous laisser aller à l’envoûtement de la nature et à tendre nos esprits vers les tâches nouvelles qui nous attendent.
Un an : c’est plus qu’assez pour permettre à chacun de méditer, de considérer, de soupeser, d’attendre et de choisir. Cette fois, l’heure des décisions à sonné. Et c’est une importante décision qui va nous être donnée à connaître.

Victor Matthys, chef fédéral de la Propagande du Mouvement Rexiste, fait la communication suivante :


« Conscient de la nécessité d’unir les forces luttant pour l’établissement de l’ordre national-socialiste en Occident, Rex vient de contresigner un accord entre les mouvements nationalistes flamands qui unifiera désormais leur action.
Aux termes de cet accord, le Vlaamsch Nationaal Verbond, Rex Vlaanderen et le Verdinaso fusionnent en une organisation nouvelle placée sous la conduite du Leider Staf Declercq.
Rex reconnaît cette organisation comme le parti unique pour le peuple flamand.
Réciproquement, la nouvelle organisation flamande considère Rex, sous la conduite de son Chef Léon Degrelle, comme le parti unique pour le peuple wallon.
Les deux mouvements se prêteront mutuellement assistance et collaboreront dans toutes les questions d’intérêt commun.
»


Aussitôt après, le Chef de Rex a fait la déclaration dont on lira le texte intégral en rubrique spéciale.

Le Chef de Rex a parlé d’une voix calme et posée et la nombreuse assistance (*) a suivi son exposé avec une attention considérable.

Par les larges baies, un soleil radieux pénétrait dans la salle. Aux mus, à peine décorés, entourant cette assemblée où il n’y avait pour ainsi dire que des hommes d’une même génération, une véritable galerie de « gloires nationales » semblait donner à cet instant toute sa portée historique : gravures anciennes, de toute beauté, représentant les figures orgueilleuses de nos anciens ducs de Bourgogne, cartes vétustes et pourtant demeurées d’une fraîcheur extraordinaire, montrant nos anciennes provinces, la Lotharingie, la « Germania Inferior », le « Leo Belgicus », etc.

Derrière le Chef de Rex, se détachant sur une grande surface de mur nu, une vieille épée de Tolède, une épée de combat, immense, droite, d’acier noir sans un grain de rouille, achevait de donner à l’atmosphère de la réunion un caractère de sobriété épique.

Et tandis que Léo Degrelle parle, c’est tout un panorama d’avenir grandiose qui s’ouvre devant les yeux. L’instant est émouvant, d’une émotion sévère et sereine. Chacun sent en effet que des certitudes précises commencent à naître devant nous.

Le Pays réel, 11 mai 1941.



***

De son important discours, nous extrayons ce passage essentiel où il définit la position du mouvement rexiste à l’égard de l’Etat belge.

« Rex croit à la nécessité d’un Etat occidental où Wallons et Flamands cohabiterot en paix, chacun des deux peuples s’épanouissant pleinement selon sa personnalité et s’étant assuré, à cette fin, toutes les garanties qui s’imposent.

Isolée, la Wallonie aurait une vie médiocre, coupée qu’elle serait de la mer.

La Flandre, appelée à subir le flux de courants culturels étrangers dont l’ampleur est facilement prévisible, risque elle aussi, si elle s’isole dangereusement, d’être submergée au bout de quelques dizaines d’années.

Wallons et Flamands forment la même race, ont le même fond originaire, ont reçu les mêmes apports germaniques au Ve siècle. Unis par les mêmes fleuves, ils ont vite formé un complexe économique, qui n’a fait que se développer à travers les siècles. Ils ont eu la même formation juridique, les mêmes élans religieux. Ils ont subi et refoulé, avec plus ou moins de bonheur, les mêmes envahisseurs. Ils ont été ensemble une incomparable plaque tournante de l’Europe du moyen âge et de la renaissance. Leur collaboration fut une réalité indéniable.

Il en est résulté une civilisation et des mœurs qui dépassent la région et font de nos provinces un des foyers les plus originaux de la culture européenne.

Nous tenons, nous Rexistes, à sauver ce patrimoine commun.

Nous croyons à l’utilité, à tous les points de vue, d’un Etat où Flamands et Wallons travailleront en paix.

Et nous sommes convaincus qu’un Roi, aimé de tous, serait le trait d’union par excellence des Flamands et Wallons au sein d’un Etat fédéral.

Cela est le point de vue de Rex. Rex le défendra de toutes ses forces près des populations romanes. Mais Rex ne cherchera pas à l’imposer aux Flamands. Ce sera à eux à se souvenir du passé glorieux des XVII provinces, à étudier les données du présent et à faire, éventuellement, un choix parallèle au nôtre. »

Ensuite, M. Degrelle définit dans ces termes les objectifs du jour :

« De toute manière, la tâche essentielle sera, pendant les mois qui viennent, pour le parti unique flamand comme pour le parti unique roman, de préparer, chacun dans sa zone d’influence, la transformation des esprits dans le sens national et socialiste.

Nous subissons encore, en Wallonie comme en Flandre, les influences néfastes de l’ancien régime politicien.

Nous aurons, en Wallonie comme en Flandre, à débarrasser l’Etat des nombreux saboteurs qu’y avaient introduits les vieux partis.

Nous aurons, en Wallonie comme en Flandre, à mener une lutte incessante et acharnée contre les puissances d’argent qui empoisonnèrent le pays par leurs scandales politico-financiers et qui, aujourd’hui encore, prétendent imposer à des millions d’hommes la monstrueuse dictature qu’ils exercèrent trop longtemps sur toutes les activités politiques et économiques.

Nous aurons, en Wallonie comme en Flandre, à rétablir la communauté populaire et à jeter les bases de la grande révolution socialiste qui rendra aux travailleurs la joie de vivre, qui leur assurera des salaires sains, des logis sains, des loisirs sains, qui rétablira la dignité et le respect du travail, qui permettra à la famille ouvrière de s’épanouir, qui superposera à l’anarchie du libéralisme économique, l’Ordre, la Solidarité et la Justice.

Nationalistes wallons comme nationalistes flamands, nous sommes exactement animés par la même foi révolutionnaire.

C’est cette communauté idéologique qui fait que l’accord de ce jour a pu être bâti dans un esprit parfait de camaraderie.

Si, sur des points bien précis, chacun se réserve une liberté d’action complète, si chacun a sa sphère d’influence nettement délimitée, la même mystique nationale-socialiste anime nos âmes à tous. Nationalistes wallons comme nationalistes flamands sommes chacun dans notre secteur propre les soldats de la même révolution européenne. »

Le Soir, 12 mai 1941.




(*) La presse était représentée par : MM. Koerber, directeur du D.N.B. [Deutsches Nachrichten-Büro, agence de presse officielle allemande] ; Marcel Sieren, directeur de Belgapresse ; Gabriel Figeys, directeur des émissions parlées à Radio-Bruxelles ; Louis Carette [futur Félicien Marceau, de l’Académie française], directeur du service d’information à Radio-Bruxelles ; Paul Colin, directeur du Nouveau Journal ; Alfons Martens, rédacteur en chef de Het Algemeen Nieuws ; Capelle, rédacteur en chef du Dag ; Léopold Jaumonet, du Soir ; Joseph Spilette, directeur du Journal de Charleroi ; Franz Steurs, rédacteur en chef de la Gazette de Charleroi ; Cromhaire, rédacteur à la Légia ; Geleyn, de Volk en Staat ; De Ceuleneer, de Het Laatste Nieuws ; Robert Leurkin, correspondant de l’Asahi-Shimbum, et par nos camarades Victor Meulenijzer, directeur à la Presse de Rex ; José Streel, rédacteur en chef du Pays Réel ; Serge Doring, chef de nos services extérieurs ; De Jonghe et Jean Polinet [futur Jean d’Arièges, critique musical].

dimanche 7 août 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1936

II. Le point de vue de Léon Degrelle
L’Unité nationale


Si on analyse le malaise flamand et le malaise social, on doit reconnaître qu’ils résident avant tout dans la conception artificielle que les partis s’étaient faite de l’unité belge.
Pour eux, l’unité, comme l’ordre, étaient saufs quand étaient sauves les apparences.
À ce jeu-là, ils étaient en train de nous conduire à a cassure du pays.
Le pays était-il UNI quand la classe ouvrière et les autres classes étaient dressées les unes contre les autres ?
L’unité belge, à la suite des conflits sociaux, était devenue un point d’interrogation sanglant.
À cette heure encore, où la poussée soviétique se fait plus forte et où la colère du peuple arrive à fleur de peau, l’unité belge est en péril, plus que jamais.
Il n’est pour nous de solidarité des classes dans l’unité belge QUE DANS LA MESURE OU ELLE EST PETRIE DE JUSTICE SOCIALE.

En apportant cette paix au pays, dans le rapprochement fraternel des classes, REX a conscience de sauver l’unité belge au moment où, à bout d’espérance, lassée de trop d’égoïsmes, une partie de la masse ouvrière était prête à toutes les solutions du désespoir…

***

De même que l’incompréhension criminelle des classes dirigeantes a failli briser la cohésion nationale, de même la bêtise du régime en face du drame flamand, a failli vingt fois casser le pays en deux depuis la guerre.
Là aussi, l’unité des politiciens était une caricature d’unité d’un peuple.
Nous avons, en Belgique, cet avantage immense d’être au carrefour de deux magnifiques civilisations : une moitié de notre peuple est baignée par le génie du Nord, l’autre moitié par le génie latin.
Pour les politiciens, abêtis et hagards, sans contact avec leur patrie, il n’y avait d’unité belge que dans la mesure où on faisait de l’âme flamande et de l’âme wallonne un brouet abominable qui donnait des nausées aux Wallons et aux Flamands. Quand ils avaient bien tripatouillé le génie de chacun des deux peuples, malaxé les langues, les coutumes, les vertus, quand tout cela était devenu « UN » mic-mac affreux, où on ne distinguait plus rien, ces politiciens se frottaient les mains : la patrie était sauvée !

À ce système-là, ils étaient arrivés à exaspérer absolument tous les citoyens qui croient encore que l’unité n’est pas possible dans le gâchis et la contradiction, mais bien dans l’exaltation des âmes et la grandeur. Comment voulait-on qu’il en fût autrement ?
Les Flamands, voyant fouler aux pieds la Flandre profonde, son passé, ses droits, l’avenir spirituel de leur peuple, en étaient venus à mépriser et haïr une unité qui ne s’inscrivait que dans l’abaissement.
Cette unité artificielle, dans la médiocrité et le nihilisme, était un crime contre le bon sens et contre la justice.
À persévérer dans cette voie misérable, on arrivait implacablement à l’exaspération du peuple flamand et – tôt ou tard aussi – du peuple wallon, profondément blessés tous les deux dans leur dignité la plus élémentaire.


***

REX a eu le courage de rompre avec ce passé. Il a rejeté cette unité de commande et y a substitué une unité de granit, basée, elle, sur l’épanouissement des deux grandes civilisations de la patrie.
REX est venu dire aux Wallons et aux Flamands : respectez-vous les uns et les autres ; que la Flandre et la Wallonie, libres et fortes, puissent retrouver, chacune, leur ferveur culturelle, leurs traditions, leurs vertus, leur âme, se sentir dotées de droits absolument égaux.
Ce n’est que dans la mesure où la Wallonie sera grande et où la Flandre sera grande que la Belgique, à son tour, le sera, aura un sens et remplira sa mission civilisatrice.
C’est par le haut, dans l’exaltation de ce que Wallons et Flamands ont de meilleur, que doit se réaliser notre unité nationale.


***

Logique avec ces principes, REX poursuivra avec acharnement cette œuvre de bustitution d’une unité digne et réelle, vraiment humaine, à ce simulacre d’unité qui cachait mal des dissensions mortelles.
Dans le domaine social, REX, par un ensemble de réformes matérielles et morales, très audacieuses, rétablira l’unité du pays par la réconciliation des classes.

Dans le domaine appelé étroitement « linguistique » REX basera son régime :

- sur l’épanouissement absolument libre de chacune des deux cultures ;
- sur l’égalité de droits absolue des Flamands et des Wallons ;
- sur une très large décentralisation politique du pays, exactement dans la ligne de nos traditions historiques d’ailleurs.

Nous marcherons dans ce sens-là, avec toute l’audace nécessaire.
Nous projetons notamment, sous l’impulsion d’un pouvoir fort et populaire : 
- un renforcement très large de l’autorité provinciale, particulièrement dans le domaine scolaire ;
- la création d’organismes politiques nouveaux destinés à favoriser l’épanouissement naturel de chacune des communautés linguistiques ; 
- le dédoublement – QUI SERAIT LE BON SENS MEME – de certains ministères, tel, par exemple, le ministère de l’Instruction Publique.

Nous irons dans le domaine politique et même économique et social AUSSI LOIN QU’IL LE FAUDRA POUR QUE TOUS LES CITOYENS SENTENT VRAIMENT QUE L’UNITE DE LA BELGIQUE EST BASEE ESSENTIELLEMENT SUR L’EGALITE DE LEURS DROITS, SUR LE RESPECT DE LEUR PERSONNALITE, SUR LA LIBERTE ET SUR LA JUSTICE.

Que les esprits bornés pestent et s’indignent.
Leur incurie tuait le pays.
Notre clairvoyance le sauvera et le grandira.
REX sera le ciment du pays nouveau.

(Le Pays réel, 5 octobre 1936)


***


Flamands et Wallons réconciliés grâce à « Rex »
par Léon Degrelle



Les milieux politiques sont pris d’une panique fort pittoresque depuis qu’ils se sont aperçus que REX était en train de sauver le pays d’une guerre fratricide en réconciliant à jamais les Flamands et les Wallons.
Il est inimaginable de voir comment pour certains esprits tel que M. Charles Bernard, de la « Nation Belge », toute tentative dans ce sens-là prend aussitôt des allures criminelles.
Ça ne vous suffit pas, tenons-nous à leur dire, que pendant vingt ans, les Belges de langue flamande et de langue française se soient empoignés comme des charretiers, pour les seuls beaux yeux des politiciens profiteurs ?
L’unité belge était-elle sauve au milieu de ces conflits affreux, de ces persécutions officielles ou larvées, parmi quatre millions de citoyens dressés contre quatre millions d’autres citoyens ?
Quand tout le monde se chamaillait et se détestait, étiez-vous si sûrs que cela de l’unité de la patrie
Ces années-là, où on se battait à propos de tout, à propos de religion, à propos de lois sociales, à propos de statut linguistiques, sont pour nous des années innommables, qui nous donnent des haut-le-cœur, les plus lourdes et les plus viles de notre histoire.

Nous ne voulons plus, nous Rexistes, nous battre entre catholiques et incroyants, entre ouvriers et bourgeois, entre Flamands et Wallons.
À tous les Belges, nous avons rapporté le respect des consciences, le sens social et une notion clairvoyante des forces de la Belgique, basées sur l’épanouissement sans entraves stupides, de deux magnifiques civilisations.


***

Il faut être bouché comme un tuyau gelé pour ne point voir tout ce qu’il y eut d’odieux dans l’incompréhension réciproque, dans le régime des partis, des Flamands et des Wallons.
C’était, entre eux tous, un mur de béton.
Ce mur, nous sommes en train de le crever à coups de bélier, pour qu’entre la Wallonie et la Flandre existent désormais des contacts puissants et, demain, de vives et loyales affections.
Tout cela, évidemment, pour les politiciens et les journalistes en chambre, était, est et sera toujours de l’utopie !
Pour eux, il fallait continuer comme hier à se brimer, à se haïr, à mener la guerre à coups d’épingles, à se chicaner grotesquement, à s’exploiter puis à se venger, quitte à créer enfin un état d’esprit de méfiance et de haine tel qu’enfin tout eût sauté, la Monarchie et le Pays.
Si les politiciens et les journalistes au cerveau en classeurs avaient pu poursuivre leurs méfaits, ces bonshommes-là eussent assassiné la Belgique.

Ils font, à cette heure, devant la réconciliation rexiste, des grimaces de narreux.

Nous empoignons leurs moustaches mouillées et nous leur disons : « Pas de tout cela ! Vos bagarres d’intellectuels stérilisés n’entraîneront plus personne. Le peuple est à nous, nous l’éclairerons, nous lui apprendront, qu’il soit Wallon ou Flamand, à baser le régime nouveau sur le bon sens, la compréhension, le respect et la justice. Là aussi, l’audace rexiste nettoiera en quelques moins les terrains infestés de fondrières. Restez le nez dedans, si vous le voulez, journalistes et politiciens. Mais alors, vous serez nivelés avec elles… »
***

Qu’on ne s’imagine pas surtout que nous solutions linguistiques ne passeront pas.
TOUTES NOS SOLUTIONS, QU’ON LE SACHE BIEN, PASSERONT.
Elles passeront parce qu’elles sont justes, parce qu’il est normal et digne que Flamands et Wallons soient traités selon leur personnalité et leurs vertus propres, parce qu’au lieu d’affaiblir la Belgique, la décentralisation rexiste la SAUVERA de la mort et lui permettra, en outre, de redevenir une grande nation dans l’épanouissement d’un pays retourné enfin à ses vraies sources.
Le peuple belge sent intensément que nos positions sont des positions équitables et humaines.
On l’a vu à Liège ce dimanche 4 octobre où vingt-cinq mille Rexistes wallons acclamaient le Flamand de Mont.
On le verra à Anvers, ce vendredi 9 octobre, où vingt-cinq mille Rexistes flamands accueilleront le Wallon Degrelle.

Tout le pays pense comme nous.

Il n’y a plus que les politiciens, en chasse de querelles à exploiter, et que les journalistes, en chasse de copie à pondre, pour berdeller et jouer aux super-patriotes, alors que leur aveuglement ou leur cynisme allait poignarder la Belgique.
Le pays nous soutiendra dans cette lutte sainte pour la réconciliation de la nation.
Il ne s’agit pas de rouler l’autre ou d’être roulé par lui. Il s’agit pour tous, Wallons et Flamands, de vivre enfin, réconciliés, sur un sol commun.
À l’heure où tout était perdu, REX va tout sauver et réaliser des rapprochements qui à tous paraissaient impossibles.

Nous sauverons le pays du communisme.
Nous sauverons le pays du fratricide combat flamand-wallon.
Ah ! le travail, demain, sera beau !
À nous le pouvoir !
Et vivement qu’on nous voie à l’œuvre !

(Le Pays réel, 9 octobre 1936)

jeudi 28 juillet 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1936


I. Rex et le « Vlaamsch Nationaal Verbond »
Premier jalon du front antimarxiste


Le pays vient d’apprendre avec une joie immense le prodigieux événement qui vient de s’accomplir dans notre vie nationale.
Il fallait l’audace de REX, il fallait la prodigieuse volonté de Léon Degrelle pour provoquer cet événement qui est certainement le plus considérable depuis 1830.
Ce que jamais aucun politicien n’a pu réaliser au cours d’un siècle : la réconciliation de tous les Belges, Flamands et Wallons, dans un même idéal, Léon Degrelle l’a réalisée.
Il a fallu l’âme rexiste, la discipline rexiste, l’immense bonne volonté rexiste pour arriver avec une aussi foudroyant rapidité, à ce résultat dont on ne pourrait exagérer l’importance.

Tous les vrais patriotes exulteront de joie en apprenant que, dès aujourd’hui, la patrie commune est sauvée.
Tous les vrais patriotes sentiront au fond d’eux-mêmes l’intense, l’immense soulagement de cette lourde inquiétude qui, depuis des années et des années, assombrissait l’avenir du pays.
Ces malentendus étaient bien plus profonds que ne le laissait paraître la presse officielle. Aujourd’hui, brusquement, tout est dissipé. Aujourd’hui, nous assistons à la fervent réconciliation de deux communautés qui, se connaissant mieux et se respectant davantage, pourront davantage s’aimer.
Dorénavant, l’Etat belge ne sera plus une fiction internationale, mais une réalité bien vivante et bien populaire où, dans les communes frontières, Flamands et Wallons pourront construire un avenir plus pur, fait de fierté, de conquête et de grandeur.

REX a déjà fait des miracles.

Voilà le dernier miracle de REX, le plus grand, le plus beau.
Jailli des profondeurs de l’âme populaire, le mouvement rexiste portait en lui de telles promesses.
L’idéal national qu’il a proposé aux foules de chez nous – flamandes et wallonnes – était si noble, si pur, que chacun a senti, comme l’écrivait très bien le Schelde du 8 octobre, que « la politique de partis a été notre malheur. La politicaille a troublé tout ce qui était clair et simple. Pourquoi ne pourrait-il pas arriver, tandis que les partis s’embourbent dans le marécage de leurs intrigues que, sous l’impulsion d’un homme comme Degrelle, surgisse, tant au point de vue social que politique, une patrie nouvelle ? »
Rendons hommage aux hommes, leaders du mouvement national flamand, qui, en dehors des vieux partis, n’agissaient ni par intérêt, ni par haine, mais simplement par amour pour leur peuple et qui ont compris les magnifiques perspectives qu’ouvrait pour la grandeur de la patrie commune l’idéal rexiste. Ils ont ainsi donné une leçon à beaucoup…
Léon Degrelle avait tenu à faire sanctionner par avance par le peuple wallon les bases sur lesquelles devait se bâtir la réconciliation de la Flandre et de la Wallonie.
À Liège, devant 25.000 hommes, 25.000 Wallons liégeois qui l’acclamèrent, Paul de Mont proclama la nouvelle charte de nos deux grandes communautés populaires.
Dans son article « L’Unité nationale », Léon Degrelle a fixé lui-même ces bases fondamentales du régime nouveau. Cet article gardera l’importance d’un événement historique.


REX
(Le Pays réel, 10 octobre 1936)

samedi 20 février 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand Les accords Rex-VNV de 1941



V. Le point de vue de Raymond De Becker



Raymond De Becker (1912-1968)
Voici l’éditorial que les « accords Rex-V.N.V. » ont inspiré à Raymond De Becker, auteur de Pour un ordre nouveau (1932) et nouveau rédacteur en chef du journal Le Soir, premier quotidien à avoir été autorisé à reparaître par les autorités allemandes d’occupation.

En lisant pareil texte, qui flingue en réalité l’initiative degrellienne, on ne peut que constater la volonté de De Becker d’enfiler les pantoufles de l’ancien Soir, affectant de toujours se trouver au-dessus de la mêlée et donnant ses leçons à tout le monde. En réalité, De Becker, évincé du Conseil politique de Rex en janvier 1941, après l’éditorial de Léon Degrelle saluant en Adolf Hitler le libérateur de l’Europe (voir blog Dernier Carré – Léon Degrelle en date du 18 mars 2016 : "Les Journaux de guerre": ça n’en finira jamais... Léon Degrelle, toujours dans le collimateur du CEGESOMA !), tout comme le fit Henri De Man dès le 28 juin 1940, poursuit Léon Degrelle d’une vindicte toute personnelle, s’obligeant à imaginer des alternatives politiques fantômatiquement inexistantes et à prêter au chef de Rex des sentiments antiroyalistes que toutes ses déclarations démentent explicitement…
L’intérêt de l’analyse de De Becker se trouve essentiellement dans l’évocation de la pertinence et de la cohérence de la politique rexiste concernant la question flamande… jusqu’au moment où lui-même quitte le mouvement.





En marge de l’accord Rex-V.N.V.
L’avenir de notre politique intérieure

L’accord qui vient d’être signé entre les dirigeants du mouvement rexiste et ceux du nationalisme flamand constitue une étape normale de notre vie politique intérieure. En effet, ainsi que nous avons eu maintes fois l’occasion de le remarquer, cette vie politique étant nécessairement réduite et limitée du fait de l’occupation militaire, il est inévitable que les seuls actes politiques posés au grand jour le soient par les formations autorisées et que celles-ci cherchent à profiter le plus possible de la situation présente pour prendre des gages sur l’avenir et se mettre dans la situation la plus favorable pour le moment où interviendra un changement dans le statut politique du pays. Il est normal également que ces formations, jusqu’ici dispersées et se rendant compte du peu d’encouragement qu’elles rencontrent auprès de l’opinion publique et même auprès des partisans de l’ordre nouveau, cherchent à réunir leurs efforts et à s’épauler mutuellement. Dans cette perspective et jusqu’à nouvel ordre, les fusions et accords politiques qui peuvent être réalisés entre elles n’engagent que leurs propres dirigeants et ne possèdent aucune signification officielle, que ce soit du point de vue des autorités légitimes de notre pays se trouvant dans l’impossibilité momentanée de se manifester ou du point de vue des autorités de fait, belges ou allemandes, exerçant présentement le pouvoir.

La situation nouvelle en pays flamand
À vrai dire, le nouvel accord Rex-V.N.V. se révèle surtout important pour le pays flamand. C’est là, en effet, que l’on pouvait parler d’une dispersion des groupements politiques : le parti nationaliste flamand y avait à faire face à deux concurrents. Rex-Flandre et le Verdinaso, fondé par Joris Van Severen. Ce sont ces deux concurrents qui sont aujourd’hui éliminés : leurs dirigeants, par une capitulation honorable, renoncent à exercer leur action propre et rentrent dans le V.N.V. dont ils feront désormais partie du Comité de direction, sous la houlette de M. Staf Declercq. Celui-ci emporte donc un succès estimable puisqu’il se voit devenir le chef incontesté du mouvement politique flamand, tel qu’il peut se manifester aujourd’hui.

Pour justifier l’abandon de son action en pays flamand, M. Degrelle a émis des considérations de principe que l’on ne peut qu’approuver. Il a déclaré en substance que les milieux romans de Belgique doivent s’habituer à l’idée de ne plus régenter d’une manière ou de l’autre la vie flamande. Les Flamands doivent décider eux-mêmes de leur destin et c’est à eux qu’il appartient de se prononcer, en toute autonomie, pour ou contre la Belgique, pour ou contre une cohabitation avec les Wallons. M. Degrelle qui, lui, croit à la nécessité d’une collaboration des Flamands et des Wallons au sein d’un Etat commun sous l’égide du Roi, a jugé que la meilleure manière de permettre à nos compatriotes thiois de se prononcer sur l’avenir était de mettre fin aux compétitions se manifestant entre les groupes minoritaires et de faire confiance au développement naturel d’un mouvement nationaliste flamand élargi ainsi qu’au bon sens politique de M. Staf Declercq.

Flandre et Belgique
Que M. Degrelle ait posé un tel acte de confiance, on ne peut s’en étonner puisque, dès 1936, des liens sentimentaux s’étaient noués entre les deux partis d’opposition : Rex-V.N.V. L’accord conclu à cette époque souleva dans tout le pays une hostilité que l’on peut, à distance, juger assez puérile. Nul doute que les dirigeants rexistes avaient fait preuve, à cette occasion, de hautes intentions patriotiques et que l’affaire, malgré les équivoques qui l’entouraient, se présentait en des termes plus favorables qu’aujourd’hui. Il suffit de se rappeler la présence des leaders flamands aux meetings rexistes, chantant la Brabançonne avec tous les assistants pour se rendre compte qu’un événement nouveau s’était produit qui aurait pu avoir les conséquences les plus heureuses pour l’unité de la Belgique. Malheureusement, les tentatives de rapprochement ainsi entreprises de même que celles qui furent accomplies d’un autre côté par P.-H. Spaak furent systématiquement dénaturées et sabotées par une presse en délire, par des politiciens irresponsables et par des groupements d’anciens combattants dont la lucidité politique n’était pas égale aux intentions patriotiques.

Aujourd’hui, on ne peut espérer revoir des spectacles analogues à ceux de 1936. M. Staf Declercq n’a fait aucune déclaration qui puisse donner la moindre garantie aux partisans d’un Etat fédéral belge. Il ne s’est prononcé ni sur la cohabitation des Flamands et des Wallons, ni sur le problème de Bruxelles, et le passage de son discours où il reconnaît aux Wallons « le droit à la vie et le droit au développement populaire » ne précise en aucune manière comment il entend concilier ces affirmations théoriques avec les revendications de certains membres de son parti au sujet de la Wallonie, « espace vital du peuple flamand ». Si l’on ajoute à cela les nombreuses variations de M. Staf Declercq, tant dans le domaine de la politique étrangère que dans celui de la politique intérieure, l’on comprendra que tous ceux qui n’ont pas avec lui les même attaches sentimentales que M. Degrelle, se montrent fort réservés quant à l’avenir et puissent s’étonner de ce que les rexistes flamands n’aient pas obtenu les précisions souhaitables avant d’abandonner leurs organisations et leur activité propre.

À n’en pas douter, M. Degrelle estime que ses anciens partisans parviendront, au sein même du V.N.V., à faire prévaloir les conceptions qui sont les leurs. Il se dit certainement qu’à côté des éléments fanatiques et antibelges qui se trouvent dans le parti nationaliste flamand, il existe des hommes politiques sérieux qui, tels MM. Romsée, Leemans ou Elias, sont capables de tenir compte des réalités historiques et de ne pas faire aux Wallons ce que l’on fit autrefois aux Flamands. Il espère vraisemblablement trouver en ceux-ci des alliés, de telle sorte que la coopération Rex-V.N.V. puisse devenir un jour totale. Ce sont là des opinions dont seul l’avenir pourra démontrer le bien-fondé. Mais quoi qu’il en soit, par l’accord conclu, une situation de fait est créée en pays flamand dont il faudra tenir compte à l’avenir. Certes, des forces politiques flamandes existent encore en dehors du V.N.V. et nous sommes convaincus qu’elles se manifesteront un jour d’une manière ou de l’autre : la jeunesse flamande notamment cache des forces qui s’orienteront dans un sens que ne peuvent soupçonner aujourd’hui les dirigeants d’un ancien parti d’opposition. Mais ces forces qui amèneront peut-être la naissance d’un véritable national-socialisme flamand, devront de toute manière compter avec le rassemblement actuel et devront vraisemblablement se manifester en son sein même.

La situation dans les provinces romanes
L’importance que l’accord conclu donne en pays flamand au rassemblement de M. Declercq n’a pas son équivalent dans les provinces romanes. Le rexisme ne se trouve nullement augmenté par l’événement puisque la dissolution de la section romane du mouvement Dinaso n’a qu’une signification théorique, cette section n’ayant jamais eu qu’une existence confidentielle. Le seul avantage concret que le mouvement rexiste retire de son accord avec le V.N.V. est la promesse que lui fait celui-ci de le reconnaître comme parti correspondant au sein de la Wallonie.

Il faut donc s’attendre à ce que les nationalistes flamands soutiennent les candidats rexistes aux postes de gouverneur, de bourgmestre dans les administrations centrales ou provinciales. On ne peut sous-estimer l’avantage de ce partage d’influences, mais l’on peut légitimement craindre que la nouvelle clientèle ainsi acquise au parti rexiste ne sera qu’une clientèle alimentaire, analogue à celle dont disposaient autrefois les partis catholique et libéral, prête à toutes les trahisons et n’ayant aucune signification révolutionnaire.

Il serait, en effet, vain et dangereux de ne pas voir, à ce propos, la situation dans les provinces romanes telle qu’elle se présente en réalité. Malgré ses efforts, malgré des déclarations patriotiques que l’on ne peut qu’approuver, M. Degrelle et son parti ne sont parvenus ni à conquérir l’opinion publique ni même la majorité des partisans d’un ordre nouveau. Trop d’erreurs ont été commises dans le passé et le sont encore aujourd’hui pour qu’une confiance sans réserve puisse être accordée. D’autre part, il est incontestable que ce que l’on attend partout est vraiment une organisation nouvelle, accueillant avec confiance les collaborations les plus diverses, donnant toutes les garanties au point de vue national et dirigée par des hommes neufs et désintéressés. Que le rexisme ne puisse prétendre à être, comme tel, cette organisation, c’est là une vérité élémentaire qui rencontrera l’adhésion, non seulement de la masse de l’opinion publique, mais encore de la majorité des partisans d’un ordre nouveau. De ce fait, toute prétention rexiste à représenter le parti unique pour les provinces romanes, ne correspond, dans les circonstances présentes, ni à la réalité populaire, ni à la réalité révolutionnaire, pas plus qu’elle ne correspond à aucune consécration officielle, de quelque nature qu’elle soit.

Que faire ?
Cela signifie-t-il, comme le voudraient certains théoriciens de l’action, qu’il faille faire table rase du rexisme ? Ce serait une folie et une erreur politique. Quelles que soient les réserves que l’on puisse faire à l’égard du mouvement rexiste et de son chef, il faut reconnaître que l’un et l’autre ont suivi, depuis des années, une ligne politique claire et nette dont les événements ont confirmé la justesse fondamentale. M. Degrelle et son parti ont défendu avec acharnement, et malgré la coalition d’adversaires puissants et souvent de mauvaise foi, des idées qui sont aujourd’hui admises par tous les esprits politiques sérieux. Ses intempérances de langage, ses erreurs tactiques, son peu d’aptitude au commandement réel ne peuvent faire oublier ses grandes qualités de visionnaire politique, d’entraîneur d’hommes, de lutteur et de propagandiste. Ne pas tenir compte de l’apport précieux qu’un homme comme M. Degrelle puisse apporter au pays ou du capital révolutionnaire que représentent un grand nombre de ses partisans serait tout à la fois commettre une erreur politique et une mauvaise action. Les questions personnelles doivent aujourd’hui céder le pas au service du pays. Les hommes qui entreprennent le redressement de la patrie ne sont pas si nombreux qu’ils puissent se permettre le luxe de se lancer des exclusives à la tête. Malgré les sacrifices de convenances ou d’amour-propre que la chose nécessite, il importe que tous ceux qui ont au cœur l’amour de leur pays travaillent aujourd’hui en équipe à l’action nécessaire.

Mais cela même suppose que M. Degrelle fasse, lui aussi, preuve d’un tel esprit d’équipe et se rende compte que toute prétention au monopole de la représentation politique ou à la direction politique unique dans les provinces romanes est, pour l’instant, insupportable ou, à tout le moins, prématurée. De nombreuses forces d’ordre nouveau existent en dehors du rexisme et se manifesteraient clairement si elles en avaient l’autorisation. C’est à la fois sur elles et sur le rexisme qu’il faudra bâtir pour créer l’organisation politique de l’avenir. Le jour où la rencontre de ces forces sera faite et où les personnalités les plus représentatives du pays ralliées à l’ordre nouveau collaboreront dans un esprit de camaraderie au sein d’une équipe commune, le problème du chef se résoudra de lui-même : l’homme qui se sera imposé par le travail et la valeur à tous ceux qui, au début, étaient ses paires, sera le chef que tout le monde reconnaîtra naturellement. Ce chef sera peut-être M. Degrelle. Il sera peut-être quelqu’un que personne ne connaît aujourd’hui. Mais en attendant qu’il se révèle, nous ne reconnaissons à personne le droit exclusif de parler au nom du pays, sinon au Chef qui nous a sauvés et dont le silence ne peut nous faire oublier les devoirs que nous avons envers lui.

Raymond De Becker
Le Soir, 13 mai 1941.