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lundi 8 février 2016

Franz Adam: quelques éléments de biographie.


Franz Adam, photo dédicacée : « Heil Hitler, 
13 novembre 1932 »
Onzième enfant du peintre Emil Adam et de l’actrice Josefa Wurmb, Franz Josef Johannes Maria Adam est né le 28 décembre 1885 au domicile de ses parents, dans la Schanthalerstrasse, à Munich.

Après de brillantes études secondaires, il entre, en 1903, à l’Académie Royale de Musique de Munich, où il étudie la clarinette, le piano, la composition ainsi que la composition auprès du grand chef wagnérien Félix Mottl. En 1912, il épouse la pianiste Magdalena Nikisch, dont il aura deux enfants, Annemarie et Luitpold, mais dont il se séparera au début des années 30.

Franz Adam entame sa carrière professionnelle dans l’orchestre de l’opéra de Munich où il est clarinettiste à l’occasion du Festival Wagner de 1910. Par la suite, il sera répétiteur des chœurs et « Kapellmeister » dans de plus modestes institutions, comme Altenburg, Giessen, Bad Ems et Ragaz bei St. Gallen. En 1914, il s’engage –tout comme un certain Adolf Hitler– comme volontaire dans l’armée bavaroise.

Après la guerre, il participera à la fondation de l’Orchestre de radiodiffusion de Munich (aujourd’hui le renommé Bayerischer Rundfunk Symphonieorchester) dont il sera le premier chef. Il le quittera à la fin des années 20 car, national-socialiste convaincu (sa carte de membre du parti porte le numéro 348.967 et la date du 1er janvier 1930), il souhaite doter Munich, « Capitale du Mouvement » de son propre orchestre national-socialiste. Et ce, dans le but de rendre aux nombreux excellents musiciens du sud de la Bavière au chômage non seulement un travail, mais un but culturel et social qui soit partie prenante du combat du Parti.

Le premier concert, triomphal, du Nationalsozialistischen ReichsSymphonieorchester eut lieu, le 10 janvier 1932, au Cirque Krone de Munich. Au programme de la formation des 72 musiciens, pionniers de l’orchestre : l’Ouverture d’Obéron de Carl-Maria von Weber, l’Ouverture des Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner et la Quatrième Symphonie « Romantique » d’Anton Bruckner.

C’est le 10 juillet 1932 que l’orchestre joua pour la première fois devant Adolf Hitler. C’était au Kursaal de Berchtesgaden, à l’occasion des Groß-Deutschen-Tages. Le concert était en fait prévu la veille, 9 juillet, mais les conditions météorologiques épouvantables empêchèrent la voiture du Führer de descendre la route des montagnes.

Franz Adam a rendu compte de l’événement en écrivant: « Notre orchestre se réjouit de remplir sa mission de concert en concert : chaque soir, sur scène, il mène un nouveau combat et emporte une nouvelle victoire pour la cause sacrée de notre Führer. La seule chose qui nous affligeait était que notre Führer, toujours absorbé par son combat, n’avait pas encore pu nous entendre. Jusqu’à ce que, ce mardi matin, dix minutes après la fin des répétitions, je reçoive une communication téléphonique m’annonçant que le Führer voulait entendre notre orchestre le lendemain soir à l’occasion des Grandes Fêtes Allemandes de Berchtesgaden… Nous allons à Berchtesgaden dans l’enthousiasme indescriptible de tous les musiciens. Mais au début du concert, le Führer n’était pas encore arrivé à Berchtesgaden. Le chef des sections locales annonça alors au public que “le Führer viendrait directement sur place car il était fort retardé par les pluies diluviennes”. Je voyais les visages déçus de mes camarades, mais je les savais endurants… Le soir, vers 23h30, nous parvint un ordre téléphonique de l’Obersalzberg : le concert devait être répété le soir suivant. Et ce soir-là, qui allait être pour nous inoubliable, le Führer fut déjà dans la salle dix minutes avant le début du concert. Je montai sur scène et fixai mes musiciens pour les encourager tout en sachant que chacun allait donner le meilleur de lui-même. A la fin du concert, le Führer traversa les rangs du public en compagnie du camarade de parti Hess, jusqu’au podium. Je vins à sa rencontre. Il me tendit la main en me regardant profondément dans les yeux et me dit avec cœur : “Adam, je vous remercie !”. Je lui répondis : “Non, mon Führer, c’est moi qui vous remercie au nom de tout l’orchestre.” Le Führer ne me lâcha pas la main avant de déclarer : “A partir d’aujourd’hui, je m’engage personnellement envers mon orchestre !” »

Franz Adam (à gauche, tenant une baguette) avec quelques
musiciens
de l’orchestre de la radio de Munich, lors 
d’une séance de lecture de partition.
Franz Adam avait dirigé l’Orchestre Symphonique National-Socialiste du Reich dans la Quatrième Symphonie « Romantique » de Bruckner, si chère au cœur du Führer. Mais elle fut interprétée de manière tellement impressionnante que toute l’assistance en fut bouleversée et que le Führer remit spontanément au chef d’orchestre le bouquet de roses qu’il avait reçu à son arrivée au Kursaal

Dès le lendemain, un communiqué fut publié annonçant que l’orchestre serait désormais utilisé dans tout le Reich pour le rayonnement de la politique culturelle car « il est évident que de pareils concerts exercent une force d’attraction exceptionnelle et produisent une plus puissante impression que les réunions habituelles qui risquent de saturer le peuple ».

Quelques semaines plus tard, Adam rencontra à nouveau Hitler à Munich qui l’encouragea à faire de sa formation l’orchestre itinérant pour le développement de la culture du peuple, qu’il avait imaginé dans sa jeunesse. L’orchestre se mit immédiatement à l’ouvrage, sillonnant tout le Gau de Munich-Oberbayern: l’ « Orchestre du Führer » permit, à chaque concert, de drainer des foules immenses, bien au-delà du cercle des membres du parti.

Après la prise de pouvoir en 1933, Franz Adam devint responsable de la section « Musique et Cinéma » de l’Office culturel de Munich, en même temps que de l’Orchestre Philharmonique de Munich. Cependant, son engagement total dans le développement de l’Orchestre Symphonique National-Socialiste du Reich ne fit de ces fonctions que des titres honorifiques.

C’est ainsi que l’ « Orchestre du Führer » participa activement à l’animation musicale du Congrès (Reichsparteitage) de Nuremberg en 1933, 1934 et 1935 (créant, notamment, la Festmusik du compositeur national-socialiste Albert Jung), avant de permettre aux autres orchestres du Reich – de plus grand renom– de s’y produire (Gewandhausorchester de Leipzig, Berliner Philharmoniker, Münchener Philharmonische Orchester, Wiener Philharmoniker,…).

En 1937, le nom de l’orchestre fut simplifié en Orchestre Symphonique National-Socialiste : il était alors présent sur tous les fronts culturels, donnant des concerts dans tout le Reich et à travers toute l’Europe, dans les réunions de la Jeunesse, dans les usines, les hôpitaux, au cours de manifestations du Parti ou d’autres circonstances politiques.

Parmi les compositeurs contemporains –aujourd’hui rejetés dans l’oubli – dont il joua ou créa les œuvres, on peut citer Hermann Blume, Josef Reiter, Paul Höffer, Karl Höller, Friedrich Jung, Paul Scheinpflug, Max Seeboth, Rudolf Stephan ou Max Trapp.

Franz Adam adhéra à la Sturmabteilung (SA) en 1933 ; en 1939, il en fut nommé Sturmhauptführer et en 1942, Sturmbannführer. En tant que responsable des questions musicales auprès de l’équipe des « conseillers du Führer », il avait un rang de direction à la NSDAP. Il était également conseiller présidentiel de la Chambre Musicale du Reich et membre du Sénat de la Chambre Culturelle du Reich.

Le 5 décembre 1941, il se remaria avec l’actrice Lieselotte Schmidt.

En août 1945, Franz Adam fut arrêté par les Américains à Garmisch-Partenkirchen et interné pendant trois ans dans différents camps où il perdit la santé. Privé de toute possibilité d’exercer son art, il accepta encore de donner quelque temps des cours de théorie musicale dans une école de musique américaine à Dachau. Il termina sa vie dans le dénuement total et, victime d’un accident vasculaire cérébral, il mourut à Munich, le 21 septembre 1954.

L’œuvre de Franz Adam en tant que compositeur est importante: de nombreux Lieder et œuvres chorales, de la musique de chambre et pour orchestre à cordes ainsi que des poèmes symphoniques, de la musique de scène et une Symphonie en fa mineur. Si certaines œuvres furent interprétées par l’Orchestre Symphonique National-Socialiste et probablement également enregistrées en même temps que certains concerts, aucune ne fut jamais diffusée par le disque.

(Source principale : Bayerisches Musiker-Lexikon Online)


Annonce d’un concert du « NS-Symphonie-Orchester » dans la presse d’Innsbruck. Organisé par le Gau Tyrol-Voralberg de la NSDAP, le Front Allemand du Travail et la Communauté Nationale-Socialiste « Kraft durch Freude », le concert –dirigé par le second de Franz Adam, Erich Kloss (1898-1967)– programmait la 88e Symphonie de Josef Haydn, la 5e Symphonie de Tchaïkovski et le 5e Concerto pour piano et orchestre de Beethoven (soliste : August Leopolder, 1905-2006)

samedi 23 janvier 2016

"Les 10 ans de l’Orchestre Symphonique National-Socialiste 1932-1942" .

Premier Concert du Nationalsozialistischen Reichssymphonieorchester au Cirque Krone, le 10 janvier 1932.


Traduction originale de la plaquette éditée à l’occasion du 10e anniversaire de l’Orchestre.


Dix ans d’existence pour un orchestre, cela n’est, en général, pas considéré comme une fête particulièrement originale. Presque tous les grands orchestres culturels allemands présentent déjà une histoire comptant plusieurs dizaines d’années. Et il en est même certains qui sont plus que centenaires. Pour sa part, l’Orchestre Symphonique National-Socialiste n’a que dix ans d’existence, mais célébrer cet anniversaire a bien un sens : ce ne sont pas n’importe quelles dix années, ces années où il a développé ses jeunes forces, car ces années coïncident avec la décennie la plus décisive de l’histoire allemande.

Lorsque, voilà dix ans, cet Orchestre se produisit pour la première fois au Cirque Krone, sous la direction de son Chef Franz Adam, devant les membres du Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands, il était leur Orchestre à eux et venait tout juste d’être créé. Né dans les années amères du désespoir allemand, il se levait pour rendre les forces nécessaires au combat contre la détresse spirituelle. Une association de combattants était née de cette association de musiciens qui, dès ce moment, se consacra à pénétrer d’idées et d’émotions ceux, parmi le peuple allemand, qui se reconnaissaient dans le Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands. Il était devenu un orchestre politique qui dédia ses meilleurs efforts à entretenir et maintenir pure la musique allemande et lui frayer les nouveaux chemins de son développement. Ainsi cet orchestre appartient-il aux premiers signaux d’alarme d’une révolution culturelle allemande d’une ampleur jamais vue et embrassant tous les domaines.

Il ne pouvait qu’être directement concerné par les paroles du Führer prononçant son discours culturel à Nuremberg, le 11 septembre 1935 : « Un jour on ne pourra constater qu’avec étonnement qu’au même moment où le National-Socialisme et sa direction menaient un combat héroïque à la vie à la mort pour exister ou disparaître, l’art allemand recevait en même temps les premières impulsions de sa résurrection et de son dynamisme. »

Le premier objectif que s’était fixé l’orchestre, selon la volonté du Führer, relevait de la propagande. Il s’agissait de donner l’occasion aux groupes locaux du Parti, dans les petites localités ou les plus grandes villes, de dire aux citoyens allemands encore éloignés du Mouvement : « Voici un Mouvement qui veut renforcer les racines de la vie allemande et qui est déterminé à lutter non seulement pour le pouvoir, mais également pour l’esprit allemand. » Franz Adam reçut la mission importante –pour laquelle il trouva plus tard en Erich Kloss un collaborateur exceptionnel– d’amener l’orchestre aux prestations artistiques les plus élevées, et, grâce à de nombreuses répétitions, de l’éduquer à un travail constant et exemplaire. Ce premier engagement fut rempli au cours des années décisives de 1932/33.

C’est après la prise du pouvoir que fut assigné avec la plus ferme énergie le second objectif : l’éducation populaire. Franz Adam résuma ainsi la philosophie au cœur de sa nouvelle mission : « Pour que les œuvres des maîtres soient rendues accessibles en permanence à l’ensemble du peuple, il faut que la pratique musicale allemande soit libérée des éléments étrangers au peuple. Seuls posséderont des références valables et seront capables de rejeter une musique de qualité inférieure, ceux qui seront familiarisés intimement avec l’œuvre de nos grands compositeurs allemands. »

Pour atteindre ce but, l’orchestre dut voyager, chercher son public où qu’il fût, là où aucun orchestre n’existait encore : dans les petites villes, sur les marchés, en rase campagne, partout où se présentait une possibilité pratique.

De plus, sa mission de propagande l’amena à effectuer deux voyages à l’étranger, en Italie et en Hongrie. Jusqu’au printemps 1936, l’organisation de presque tous les concerts était à charge du Parti lui-même. Par la suite, cette charge incomba à l’organisation de la Communauté nationale-socialiste « Kraft durch Freude » (La Force par la Joie), créée justement pour assumer de telles compétences. Désormais, toutes les possibilités étaient ouvertes à Franz Adam pour améliorer les capacités de son orchestre jusqu’au plus haut niveau. Il créa alors le modèle des concerts en usines qui, plus tard, seront imités par tous les orchestres culturels allemands. On fut ainsi aux petits soins de manière exemplaire pour les hommes allemands qui sont à l’ouvrage, tout en n’oubliant pas, simultanément, l’ambitieux objectif de l’apprentissage de l’écoute. Les concerts pour la jeunesse et, plus tard, les concerts pour la Wehrmacht relèvent de ce plan.

Les œuvres des époques classique et romantique formaient le socle de base de tous les programmes. De jeunes compositeurs contemporains furent engagés et des solistes précoces encouragés et présentés. C’est ainsi que commencèrent les années de labeur intense pendant lesquelles les musiciens de l’orchestre étaient en voyage pendant presque les deux tiers de l’année. Des voyages à travers tous les Gaues du Reich. De Tilsit à Fribourg, d’Emden à Graz et, pendant la guerre, de Paris à Varsovie, d’Anvers à Lemberg, d’un coin à l’autre, en hiver ou en été, qu’il pleuve ou qu’il neige, et ce, 220 jours et nuits chaque année.

Le programme de voyage de chaque année prévoyait quelque 180 concerts. Et souvent, il en était donné plus de 200. Plus de 350.000 kilomètres ont ainsi été parcourus depuis la création de l’orchestre. Tout ce qui a été accompli par les musiciens et leurs chefs Franz Adam et Erich Kloss ne pouvait mieux être mis en évidence que par cette coïncidence qu’au moment précis où ils fêtent le dixième anniversaire de leur existence, ils donnent également leur 1500e concert. 1500 concerts, parmi lesquels quasi un millier au cours de ces cinq dernières années pour « Kraft durch Freude » au cours de voyages dans le pays et à l’étranger. 1500 concerts dont le but, il ne faut pas l’oublier, malgré l’énormité de l’investissement physique, a toujours été la perfection de l’œuvre d’art.

L’orchestre possède désormais un rayon d’action très étendu et s’est conquis depuis longtemps dans la vie musicale allemande le rang auquel il avait droit. Si, en ce moment décisif d’importance historique mondiale, on reporte le regard sur le long et riche chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui, on se rendra alors compte que rien n’aurait pu se faire sans la volonté du Führer : l’orchestre appartient ainsi à son plan, même s’il ne s’agit que d’une infime particule sonore dans la grande symphonie qu’il compose pour la vie allemande du futur.


Membres de l’Orchestre Symphonique National-Socialiste  (92 musiciens):

Premiers violons
Schmid Michael,
(« Kammervirtuose »,
1er violon solo),
Haimerl Hans, 2e violon solo
Betz Hans
Böhm Hans
Danner Hilarius
Döbrich Hans
Erlacher Georg
Hösl Franz
Kesbler Ernst
Kristl Andreas
Meisenberger Anton
Meier Franz
Pöll Albert
Riester Walter
Wankmüller Josef
Wrobbel Fritz

Seconds violons
Beer Heinrich
Böhm Adolf
Duchacek Thomas
Hahn Hans
Hoenes Walter
Huber Quirin
Kneitinger Josef
Körper Wilhelm
Maier Max
Mimietz Fritz
Müller Ernst
Niklas Franz X.
Ort Heinrich
Pitscheneder Josef
Weber Ernst
Schröder Arthur

Altos
Appel Heinrich
Kästl Hugo Kraft Karl
Niklaus Wilhelm
Pfänder Karl
Schroeder Arthur
Schäffler Ludwig
Sturm Emil
Wurm Hans

Violoncelles
Schiede Philipp
Banholzer Theodor
Fischer Paul
Hammer Arthur
Horn Hermann
Lacher Hans
Perreiter Nikolaus
Petermann Josef
Rocher Karl
Weib Kurt

Contrebasses
Bierl Hugo
Kautzner Josef
Kreibich Kurt
Pröbner Florian
Radt Julius
Schwieger Paul
Theib Hans
Schmidt Ignaz

Flûtes
Kirschner Fritz
Deuring Sebastian
Moser Jakob
Schroeder Artur

Hautbois
Zaus Josef,
« Kammermusiker »
Ecker Franz
Grimm Wilhelm
Rottmann Ludwig

Clarinettes                               

Santner Richard    
Langguth Hans
Köglmeier Josef
Schneider Otto

Bassons
Probst Max
Mauruschat Werner                                                                                                        
Kalteis Karl
Schroeder Gustav

Cors
Schaller Hans
Wolf Hans
Möbner Fritz
Schneider Kurt
Stimmer Otto
Wagnehuber Hans

Trompettes
Bock Josef
Rittner Alfons
Wiendl Josef
Klotz Sebastian

Trombones
Huber Franz
Jakl Josef
Hausmann August
Schottenheim Ludwig

Tuba
Späth Franz

Harpe
Obberger Kuno

Percussions
Lypold Walter
Ackermann Heinrich
Radt Julius
Klotz Sebastian