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mercredi 2 septembre 2020

Robert Brasillach (1909-1945), extrait de "Léon Degrelle et l'Avenir de Rex" - 1936

C'est le terme de santé qui vient en effet le premier à l'esprit lorsqu'on pense au jeune mouvement. Il désire tout d'abord retourner à la vérité, à la réalité, c'est-à-dire non pas déifier le concept de race ou le concept d'État ou celui de classe, mais considérer une nation dans son ensemble vivant. La révolution à accomplir est une révolution à la fois morale et réaliste. Elle consiste à rendre à chacun sa dignité, et à construire un État fondé non pas sur des mythes ou sur le dangereux individualisme, mais sur les réalités sociales de la famille et de la profession. Il est assez significatif de retrouver dans le Rexisme, beaucoup plus encore que quelque parenté avec le fascisme italien ou le racisme national-socialiste, des idées qui ont été chères à La Tour du Pin, aux traditionalistes du dix-neuvième siècle, à l'Action française et, aujourd'hui, à Salazar ou au comte de Paris. Ces idées, elles sont adoptées par des centaines de milliers d'hommes, jeunes pour la plupart, qui les vivent avec une force dont nous avons mal idée. Et devant cette révolution à la fois nationale et sociale, qui fait paraître si timides les anciens partis, il ne faut pas s'étonner si ceux qui sont encore attachés aux vieilles erreurs s'inquiètent. Léon Degrelle, comme tous les hommes jeunes de notre temps, a compris que la tragique faute des partis avait été de disjoindre la nation et le travail : les hommes de« gauche » soutenaient les travailleurs, et d'ailleurs ceux d'une seule classe, les modérés de« droite » les ignoraient. Pour avoir voulu tenir solidement les deux bouts de la chaîne, le national et le social, Léon Degrelle a été immédiatement suivi avec enthousiasme, comme l'ont été, bien qu'ils soient très différents, Hitler et Mussolini. C'est là que réside l'accord essentiel de Rex avec la jeunesse de son temps.

Comme toutes les vraies révolutions, Rex est donc, en même temps qu'une révolution politique, une révolution morale. C'est ici qu'il faut se souvenir des origines du parti. Bien que tolérant pour toutes les confessions religieuses, Rex ne s'est jamais caché d'être un mouvement catholique, et affirme même que le seul moyen de lutter contre le bolchevisme,c'est le christianisme. Dans son entreprise de protection de la famille, il accorde avec raison une place extrêmement importante à la restauration des notions morales, et les Principes rexistes nous exposent longuement un « plan de propreté de la rue », une organisation des spectacles et spécialement du cinéma. « Nous estimons, disent-ils, que le relèvement de la famille est une condition indispensable au relèvement matériel du pays. » Là dedans, qu'on le remarque bien, pas d'utopies humanitaires. Léon Degrelle et Jean Denis savent bien qu'il ne suffit pas de supprimer les maisons closes officielles pour supprimer la prostitution et que les belles affiches en couleurs n'inciteront jamais personne à faire des enfants. Ce qui importe, ce sont des réalisations positives : pour combattre la prostitution, il vaut mieux poursuivre un patron qui donne des salaires insuffisants à ses employés, examiner les conditions dans lesquelles se fait le couchage dans les taudis, que de prendre de grandes résolutions à apparence morale. Ce qu'il faut louer dans le rexisme, c'est l'aspect concret que prennent justement tous les problèmes. De ces idées si raisonnables chacun aurait à s'inspirer.

Il y a même dans les principes rexistes un projet de réforme des fonctionnaires très simple et très séduisant. Rex pense qu'il vaut beaucoup mieux qu'un homme de quarante ans gagne plus d'argent qu'un homme de soixante. Avec les variations qui s'imposent d'ailleurs, suivant les cas, les charges de famille et les enfants, c'est sur ce principe qu'il désire calculer le traitement de tous les fonctionnaires. Je ne trouve pas cela déraisonnable.

Naturellement, cette révolution morale se réduirait à de belles phrases, si elle ne s'accompagnait d'une révolution économique. Aux combattants rexistes, deux ennemis sont nommément désignés : le bolchevisme et l'hypercapitalisme. Ils sont d'ailleurs plus voisins de l'autre que chacun d'eux le pense, puisque leur développement n'aboutit qu'à concentrer en peu de mains, au pouvoir d'une oligarchie sans contrôle, toute la vie d'un pays. D'après Léon Degrelle, la Belgique est plus avancée encore que la France sur la voie des grands trusts, et il en désigne quelques-uns qui dirigent effectivement l'activité générale du territoire. C'est contre eux, et contre la puissance immodérée des banques, que le rexisme a commencé de lutter. « Qui fera les frais de la crise ? lisait-on dans Rex en septembre 1936. Seul l'hypercapitalisme doit porter le fardeau d'une crise dont il porte, à tous égards, l'accablante responsabilité. » Rex veut réorganiser les métiers, décentraliser le plus possible, combattre les grandes sociétés à succursales multiples pour protéger le petit commerce, la petite industrie, l'artisanat, toutes les formes de vie où les hommes sont près les uns des autres, et aptes à se comprendre, au lieu d'être les rouages d'une machine. Tout cela, naturellement, ne peut guère se concevoir sans une organisation corporative extrêmement précise, qui puisse éviter cette routine où s'est enlisé le petit commerce français et qui l'a condamné à mort. Là encore, nous pourrions encore chercher une parenté avec l'Essai sur le gouvernement de demain du comte de Paris. Au moins autant que le bolchevisme, que le capitalisme, que le monstrueux étatisme, Rex condamne d'ailleurs ce qu'il appelle « l'odieuse hypocrisie manchestérienne », c'est-à-dire le libéralisme économique. La doctrine du libre développement du commerce et de l'industrie a, en fait, abouti à considérer le travailleur comme une denrée, qu'on paie plus ou moins cher suivant le temps. C'est la doctrine la plus opposée à la dignité humaine qu'on puisse concevoir. Sur le mensonge de ce libéralisme, sur le chantage exercé par le capital sur l'ouvrier, c'est peut-être Charles Maurras qui a écrit d'ailleurs les pages les plus dures et les,plus pénétrantes à l'article Ouvrier de son Dictionnaire. Avec une certaine férocité, joyeuse,Léon Degrelle écrivait dans le Pays réel en août 1936 : « Le bourgeois ne comprend qu'à l'instant précis où on le raccourcit d'environ vingt centimètres. » Il ne faudrait pas croire, après cela, que le rexisme soit une doctrine de lutte de classes. Tout mouvement inspiré plus ou moins du corporatisme, tout mouvement fondé sur la dignité du travail, est bien au contraire partisan de la réconciliation des classes. La devise de Rex, elle est admirable, et je l'ai lue sur sept colonnes, en titre du Pays réel, le premier jour où j'ai rencontré Léon Degrelle : « Travailleurs de toutes les classes, unissez-vous ! » C'est la devise la plus nette qui soit à opposer à la mensongère proclamation communiste. Mais elle réclame le respect mutuel, et la justice aussi bien que l'amour. L'amour, lui, ne peut se réduire en formules. Mais la justice, on peut l'exiger, on petit l'organiser. Il ne faut pas devoir à l'initiative privée, toujours sujette à révision et à caution, ce que le droit vital réclame. C'est là une idée qui a longtemps rebuté les vieux partisans du libéralisme et de la charité : il n'en est pas qui soit sans doute plus profondément ancrée au cœur et dans l'esprit des jeunes, c'est l'idée maîtresse de Rex.

Autour du roi, clef de voûte de la nation, autour de l'idée nationale elle-même, le rexisme veut organiser la vie complexe, la vie multiple des familles, des professions, des provinces. La famille étant la première cellule sociale, il veut organiser le vote plural, supprimer les droits de succession en ligne directe, supprimer le divorce. A l'intérieur de la profession, il veut instaurer un régime de protection du travail. Dès à présent, des syndicats groupent les ouvriers pour les revendications professionnelles, et la vie, comme toujours, a devancé la théorie. A l'intérieur du cadre national, il veut faire respecter les diversités et les libertés des provinces.On se doute que cette partie du programme a une singulière importance en Belgique. Les ennemis de Léon Degrelle l'accusent d'être Wallon en Wallonie, Flamand en Flandre. Comment en serait-il autrement ? Dans ce pays divisé par la langue, où chaque partie craint de se voir dépassée par l'autre, où, aujourd'hui, si l'on en croit les Wallons, la prépondérance flamande est établie d'une manière excessive, comment le seul remède ne serait-il pas dans une liberté analogue, à celle de l'ancienne France ? Léon Degrelle déclare que le bilinguisme obligatoire a fait son temps, que jamais les Wallons n'ont voulu apprendre le flamand, et qu'il importe de laisser chacun tranquille, avec sa fierté régionale, ses coutumes, sa langue. Sinon,à force d'excès, on en arrivera à détruire la Belgique. Il réclame donc un libre fédéralisme, où Bruxelles servira de trait d'union, et il pousse même le souci de liberté jusqu'à réclamer l'égalité des droits pour les Allemands d'Eupen : Rex a une édition allemande, et un député de cette langue. Malgré les attaques dont son système est l'objet, il apparaîtra vite aux esprits non prévenus qu'il est le seul possible et logique.

dimanche 19 mars 2017

Léon Degrelle et le nationalisme flamand Les accords Rex-VNV de 1941


V. Le point de vue de Jean Denis
De l’accord Rex-VNV de 1936 au Parti Unique de 1941




Les signatures au bas de l'accord entre le VNV, le
Verdinaso et Rex.
La résolution, d’importance historique, qui s’accomplit aujourd’hui est la phase finale d’un mouvement d’intégration dont le fameux accord « Rex-VNV » de 1936 fut une des étapes les plus glorieuses. J’ai eu l’honneur d’être un des artisans de ce premier accord et je crois l’heure venue d’en dire aujourd’hui des choses que l’époque passée ne méritait pas qu’on dise.

Cet accord « Rex-VNV » avait plusieurs aspects. Par certains côtés, il constituait une manœuvre politique se développant sur le terrain démocratique et parlementaire, et ayant pour but de constituer un premier noyau de concentration prérévolutionnaire. Ce premier noyau parlementaire dont les éléments équilibraient leurs forces déjà respectables sur les deux parties du pays pouvait normalement prétendre à catalyser d’autres forces éparses d’opposition et arriver peut-être à donner, par la voie légale et parlementaire, une solution révolutionnaire à la crise profonde où s’enfonçait, alors déjà, le régime. Cette tentative échoua. Après coup, l’on pouvait faire à ce sujet toutes sortes de réflexions, parler d’erreurs commises, d’inhabiletés, d’imprudences, de fautes même. Après coup, c’est facile…

Mais ce qui reste, et c’est l’essentiel, c’est que cet accord « Rex-V.N.V. » fut une tentative opportune, généreuse et procédant d’une vision très lointaine et très réaliste de l’avenir.

Historiquement, l’on en peut, en effet, envisager cet accord sous son seul aspect de manœuvre politique à portée immédiate. Quand nous nous trouvions réunis dans cette maison charmante qu’occupait Gérard Romsée, à la rue des Palais, il régnait parmi nous une atmosphère bien plus noble et plus élevée que celle des compromis parlementaires et démocratiques. Déjà nous parlions de tout autre chose que du contrat que nous venions de signer. Ce contrat tirait plus de valeur à nos yeux de son existence que des termes dans lesquels il était rédigé. Ses termes, c’était du provisoire, de l’immédiat, l’union qu’il symbolisait, c’était déjà du définitif, c’était une voie d’âme tracée, une fois pour toutes, à travers tout ce qu’il y avait encore autour de nous et devant nous, de mystérieux et d’indéterminé. Nous savions bien que nous n’étions pas au bout de notre route, au bout de nos épreuves ; plusieurs parmi nous n’étaient pas sans deviner que les vicissitudes quotidiennes et les embarras d’une lutte désespérée, nous éloigneraient encore les uns des autres. Mais ceux-là qui pressentaient alors les difficultés à venir avaient précisément la plus ferme conviction qu’un jour viendrait, Dieu seul savait quand, où nous nous retrouverions au seuil immédiat d’un avenir dont nous serions les maîtres.

A cette réunion de la rue des Palais étaient présents : Léon Degrelle, Staf Declercq, Gérard Romsée, Vandenbergh, Tollenaere, Paul de Mont et moi-même.

Dans la suite, toujours après coup, Paul de Mont fut l’objet de vives critiques de la part de certains milieux, même rexistes. On lui reprocha surtout d’avoir imposé au rexisme wallon une épreuve trop lourde quand, à la suite de cet accord, nous dûmes subir les assauts dévergondés d’un patriotardisme à la mode de 1830. Nous, Wallons, savions d’avance quels assauts nous devrions subir, quels sacrifices nous devrions consentir en nous liant au V.N.V. et les dirigeants de celui-ci eurent la délicatesse de nous faire entendre qu’ils s’enrendaient eux-mêmes parfaitement compte.

A vrai dire, Paul de Mont, qui n’était pas dénué de flair politique et qui avait le sens parlementaire, fut l’initiateur et le grand artisan de cet accord. De méchants esprits ont prétendu qu’il n’avait eu pour mobile que de se rendre personnellement ministrable en se réservant une position parlementaire de premier choix ; d’autres, au contraire, ont affirmé passionnément que seul l’animait le fervent désir de servir son peuple. Pour ma part, je me refuse à rechercher les intentions secrètes auxquelles obéissent les hommes, surtout quand il s’agit d’un Paul de Mont qui sut disparaître de la scène politique avec tant d’élégance.

Mais ce que je puis dire parce que j’en eus les preuves, c’est que Paul de Mont fut un homme loyal et que si le caractère « manœuvrier », l’esprit tactique de l’accord souriait davantage à son esprit de madré parlementaire, jamais il ne ramena cette affaire au simple degré d’une machination.

En fait, en préparant cette rencontre, en articulant cette première liaison des deux grandes forces révolutionnaires qui se manifestaient dans le pays, Paul de Mont ne faisait qu’aller plus avant dans une direction que Léon Degrelle avait tracée dès avant la fondation du mouvement rexiste.

Wallon, venu du fin fond de la Wallonie, Léon Degrelle sut comprendre et éprouver lui-même, dès son entrée à l’Université, l’inquiétude flamande. Dans un temps où il y avait quelque audace à le faire, Léon Degrelle fut le premier de tous à rompre avec fracas les murs de préjugés et d’incompréhensions qui séparaient encore les jeunes Wallons des jeunes Flamands. Il fut le premier Wallon à aimer la Flandre, passionnément, comme on aime une femme. L’action que, dès ses premières activités de journaliste, il développa pour faire comprendre la Flandre, son existence, ses drames, sa personnalité ethnique fut vraiment incalculable.

Et dans l’heure présente qui a quelque chose de vraiment solennel, nous, Rexistes wallons, nous pouvons regarder la Flandre avec fierté, car nous savons que dans toute notre conduite envers elle, rien ne peut nous être reproché de disgracieux.

Nous avons servi la Flandre et, maintes fois, nous nous sommes sacrifiés pour elle.

Parce qu’elle en avait besoin.

Et ceci nous amène à montrer la vraie substance, le moelle inaltérés du premier accord Rex-V.N.V.

Quel était le but suprême à atteindre ? Quel est-il toujours ? Réaliser l’unité du peuple, hausser jusqu’à l’unité la conscience populaire.

Surgeon vivace de l’ancien extrémisme frontiste, le V.N.V., surtout à cause de cette origine, voyait son action ralentie et même combattue par certaines couchesn, par ailleurs fort intéressantes, du peuple flamand.

Or c’est précisément parmi ces couches ethniques des régions flamandes que, sans l’avoir cherché, Rex recueillit, dès le début de son action de très ferventes sympathies. C’est que par ses origines mêmes, Rex tenait encore apparemment aux vieilles idées belgicistes et mettait son point de lutte sur quelques idées révolutionnaires à caractère universel.

On pourrait dire schématiquement que le V.N.V. voulait acheminer le peuple flamand vers les concepts révolutionnaires en cherchant d’abord à créer une conscience unitaire flamande, tandis que Rex s’attachait d’emblée à répandre les concepts révolutionnaires, ceux-ci devant entraîner nécessairement la naissance d’une conscience populaire intégraliste.

Il serait vain de prétendre que tout cela fut calculé, prémédité.

L’important, c’est qu’il en fut ainsi. Et le certain, c’est que les dirigeants rexistes, et Léon Degrelle, en tout premier lieu, eurent immédiatement conscience de tous les devoirs qu’imposait à l’égard de la communauté populaire flamande le phénomène par lequel certaines couches non négligeables de la population flamande se rattachaient à Rex.

Jamais, à aucun moment, l’idée ne vint aux dirigeants rexistes de se servir des effectifs dont ils disposaient en Flandre comme d’un levier pour rétablir un certain impérialisme belgiciste en Flandre.

Au contraire, Rex commença immédiatement à mettre en œuvre un plan méthodique de réintégration à la communauté flamande de tous les éléments plus ou moins dénationalisés sur lesquels il pouvait exercer son influence.

Ce fut une œuvre ingrate et lente qui imposait une grande prudence de langage et une grande discrétion d’attitude à l’égard de tous les problèmes politiques autour desquels se maintenait encore quelque irritation.

Cependant jamais Rex n’usa de procédés retors à l’égard de ceux qu’il voulait convertir à l’idée unitaire flamande et, dès le début, l’accord Rex-V.N.V. en fut la preuve péremptoire, l’attitude rexiste fut nette, dépourvue d’ambiguïté et absolument catégorique dans ses principes.

Le long maintien de nos unités rexistes en Flandre n’avait donc pas pour but, ni pour résultat, de maintenir une pluralité parmi les organisations nationales flamandes mais au contraire d’aider la Flandre à s’acheminer vers son unité populaire et révolutionnaire.

Nous avons accompli envers le peuple flamand un devoir inéluctable, qu’aucun autre parti, qu’aucun homme politique autre que Léon Degrelle n’avait la possibilité d’accomplir.

Dans cette heure historique où notre tâche est terminée par la réussite complète du but que nous voulions atteindre, à savoir l’unité populaire flamande, nous sommes fiers que le Destin nous ait marqués pour cette tâche.

À cette tâche, nous avons mis toute notre âme et je suis persuadé que nous l’avons accomplie avec honneur et que nous laissons en Flandre des affections qui ne périront jamais.

Et voici que jaillit déjà sous nos yeux la récompense d’un tel effort pour lequel tous les rexistes wallons nous ont toujours appuyés de toute leur âme, même quand ils ne comprenaient pas très bien pourquoi nous agissions ainsi.

Voici que la Flandre, forte et puissante, rayonnante de tout son orgueil retrouvé, triomphale en son unité définitivement reconquise, se tourne vers le peuple wallon qui a su se faire aimer d’elle dans ses fils les plus authentiquement révolutionnaires.

Par-delà des frontières ethniques désormais marquées avec sagesse et clarté, Wallonie et Flandre trouvent une fraternité souriante et digne.

Elles retrouvent une unité d’âme qui n’a plus rien de commun avec l’unitarisme froid et artificiel de l’ancien Etat belgiciste confectionné en 1830, mais qui ranime à la chaleur d’un souffle révolutionnaire les traditions les plus authentiques et les plus profondes fixées par les époques glorieuses de nos Provinces-Unies.

Désormais, la porte de l’avenir est largement ouverte…


Jean DENIS, président de l’Institut Culturel de Rex
(Pays réel, 11 mai 1941)

lundi 10 octobre 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1941


IV. Le point de vue de Staf De Clercq



Introduction de Me Reimond Tollenaere

Me Tollenaere, chef de la propagande du V.N.V., ouvre la séance par la communication suivante :

« Vu la nécessité de réunir toutes les forces résolues à réaliser une véritable révolution nationale-socialiste en Flandre, les organisations V.N.V., Rex-Vlaanderen et Verdinaso ont décidé de fusionner dans une organisation unique de Vlaamsch Nationaal Verbond sous la conduite de Staf De Clercq.
Les principes sur lesquels cette organisation est basée ont été publiés dans une communication spéciale à la presse.

Ainsi un grand pas est fiat dans l’unification des mouvements qui adhèrent à la reconstruction nationale-socialiste d’une nouvelle Europe. »

La parole est ensuite donnée au Leider du V.N.V.

À vous tous qui avez bien voulu assister à cette conférence de presse, je souhaite une cordiale bienvenue !

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que nous avons eu l’honneur de convoquer les représentants de la presse. Plusieurs d’entre vous, aussi bien ceux appartenant à la presse flamande et wallonne que ceux appartenant à la presse allemande ont bien voulu, mainte fois, assister aux réceptions organisées à l’occasion de nos « Landdag » annuels. Ils y ont pu suivre la croissance d’un mouvement, le développement d’une idée, qui ont toujours eu pour but le salut de notre communauté populaire néerlandaise.

Nous nous trouvons maintenant devant vous en des circonstances totalement différentes et infiniment plus favorables. Certains dangers, contre lesquels nous devions nous défendre en ces temps-là, avec âpreté, comme par exemple les accords contractuels de l’Etat Belge avec la France, accords qui, jusqu’au 10 mai 1940, ont constitué une liaison effective, n’existent plus.

Les manigances de partis politiques qui ont été si néfastes pour notre peuple et qui étaient inhérentes à la démocratie libérale belge sont paralysées. Grâce à la compréhension de l’autorité militaire allemande pour les problèmes qui se posaient dans notre espace, le chemin vers un Etat plus équilibré et plus juste pour notre communauté populaire a été suivi avec fermeté, quoique par étapes successives.

N
otre joie et notre fierté, c’est que tous les nationalistes flamands n’ont pas seulement pris position contre ces dangers au cours d’une longue lutte politique, mais qu’ils ont effectivement donné le meilleur d’eux-mêmes pour éviter à notre peuple le malheur qui devait fatalement en résulter.

C’est également la joie et la fierté du V.N.V. qui, parallèlement avec d’autres groupements qui ont lutté à côté de nous et qui marcheront dès aujourd’hui avec nous dans une seule organisation, d’avoir pris position, depuis des années déjà contre les manigances antipopulaires d’un état démo-libéral.

Mais il est trop tôt pour crier victoire, car les forces de toutes espèces se démènent dans l’ombre pour restaurer le passé et perpétuer leur influence néfaste. Une partie de notre peuple ne réalise pas encore le sens des temps nouveaux qui sont en marche. Encore trop peu se rendent compte du vaste rôle dévolu à notre communauté populaire dans l’ordre nouveau qui s’établit dans l’Europe sous la conduite de la Germanie.

Trop nombreux sont ceux qui se réfugient, sinon dans une position d’hostilité, du moins dans un attentisme qui inclut le danger que la révolution nationale-socialiste en Europe se réalise en dehors de la Flandre et la laisse passer comme un objet sans valeur pour l’ordre politique à venir.

La position prise par le V.N.V. en tant que mouvement national-socialiste envers ces faits vous est connue. Dans des discours prononcés au cours des derniers mois dans nombre de villes de Flandre au nom du V.N.V., j’ai moi-même indiqué le chemin que nous avons pris et que nous poursuivrons jusqu’au bout.

Mesdames, Messieurs, c’est grâce à notre souci d’information objective que ces paroles ont trouvé un écho tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Notre souci constant au cours de nos luttes a toujours été de réaliser l’unité la plus grande au sein de notre peuple, hélas trop souvent divisé contre lui-même.

Sous le régime des partis politiques, cette tâche était presque désespérée. Division et scission sont d’ailleurs les caractéristiques de ce régime. Nonobstant tout, nous avons poursuivi, même alors, cette dure tâche. Heureusement, de nouvelles possibilités d’unification se sont fait jour. L’idée nationale-socialiste qui nous anime porte en soi le ferment de l’unité. L’existence au sein d’une même communauté populaire de différents mouvements nationaux-socialistes est hautement illogique et irréelle. Alors que dans ces temps nouveaux, il fallait écarter et liquider les restes du passé, il était aussi nécessaire de mettre fin au fait que différentes organisations politiques flamandes qui se sont prononcées pour le national-socialisme et l’idée populaire continuent à agir côte à côte ou même l’une contre l’autre.

Et voilà, Mesdames et Messieurs, la communication que je suis heureux de pouvoir vous faire ce jour : l’unité tant désirée par nous et par les meilleurs dans le pays est devenue une réalité.

Le Verdinaso a décidé de se rallier à l’organisation unitaire qui se nomme Vlaamsch-Nationaal Verbond. Comme signe extérieur, le Camarade Pol Leroy, du Verdinaso, a pris place dans le conseil de direction du V.N.V. Ce ralliement comporte aussi la milice du Dinaso. Celle-ci se réunit avec la milice thioise Zwarte Brigade sous le commandement général du Camarade Reimond Tollenaere. Le Camarade François, du Verdinaso, prendra le commandement de cette milice.

L
e Dinaso-Vrouwenverbond, le Dinaso-Jeugdverbond et le Dinaso-Korporaties sont intégrés dans les organisation concordantes du V.N.V.

R
ex-Vlaanderen a fait le même pas. Le Leider de Rex-Vlaanderen, le Camarade Odiel Daem, en plein accord avec Léon Degrelle, Chef de Rex, s’est rallié à notre organisation unitaire et également ici les membres des différentes organisations de Rex-Vlaanderen sont intégrées dans les organismes du V.N.V. Le Camarade Odiel Daem a pris place dans le Conseil de direction du V.N.V.

Ainsi s’est non seulement réalisée l’unification tant désirés, mais cette unification a provoqué la naissance d’un fort mouvement national-socialiste ayant comme exposant politique le Vlaamsch Nationaal Verbond, comme exposant jeunesse l’Algemeen Vlaamsch Nationaal Jeugdverbond, comme exposant féminin le Vlaamsch Nationaal Vrouwenverbond, comme exposant milicien la Dietsch Militie Zwarte Brigade et comme exposant social, Arbeidsorde.

Tout le pays flamand –et demain les Flamands de la Wallonie– est appelé à se rallier. Cinq « Gouwleiders » –un pour chaque province flamande– et demain un chef flamand pour les Flamands nationaux-socialistes en Wallonie, 17 chefs d’arrondissements, 76 chefs de district et plus de 700 chefs de section et de noyau, tous Camarades éprouvés, liés par le serment de fidélité à l’organisation, forment la constellation politique du mouvement.

C
onjointement et en parfaite communauté d’idées avec le mouvement politique et sous la conduite d’un même chef, agissent le Vrouwenverbond, le Jeugdverbond, la Dietsche Militie et Arbeidsorde.

Nous exprimons le vœu qu’en Wallonie, les Wallons aussi puissent se grouper dans une forte organisation nationale-socialiste.

L
a formation unitaire V.N.V. considère le mouvement rexiste, sous la conduite de Léon Degrelle, comme le mouvement unitaire qui veut gagner les Wallons en Wallonie pour le National-Socialisme, maintenant surtout que les organisations Verdinaso en Flandre et en Wallonie ont cessé d’exister. Le V.N.V. peut coopérer avec Rex pour autant que l’intérêt des deux communautés populaires rende cette coopération souhaitable.

L
’intérêt de ces décisions et de ces accords ne vous échappera pas. La Flandre nationale-socialiste a trouvé son organisation unitaire. Amis et ennemis savent à présent de façon précise avec qui ils auront affaire ou à découdre.

P
our votre gouverne, je vous communique que l’accord des deux formations comporte la reconnaissance des principes suivants :

Le V.N.V. a pour but l’établissement en Flandre de l’ordre National-Socialiste.

C
et ordre n’est réalisable que sur la base d’une conscience populaire pure et réelle qui comporte pour le peuple en Flandre la conscience de son caractère Néerlandais (Dietsch-Thiois) et le sens de la solidarité germanique pour ce qui concerne l’honneur et le devoir imposés à tout peuple germain.

La tâche du V.N.V. consiste :

- dans l’éveil et le renforcement de la conscience populaire en Flandre ;

- dans l’éducation de tous les membres de la Communauté dans l’esprit National-Socialiste, consistant dans l’esprit de servir, dans la subordination des intérêts de personnes et de groupes au bien commun de la communauté populaire ; 

- dans la manifestation de la solidarité populaire dans l’ordre politique, culturel et social-économique. 



L’ordre politique sera établi, d’une part sur le principe autoritaire qui inclut la compétence et la responsabilité personnelle du chef, d’autre part l’éviction et le rejet de toutes les institutions et de tous les groupements ou expressions qui attaquent ou minent l’unité organique de la communauté populaire ; 

L’ordre culturel sera mis au service de l’édification d’une réelle culture populaire, c’est-à-dire d’une culture qui, dans toutes ses expressions, sera le miroir de l’entité populaire et comme tel un moyen pour son maintien et son perfectionnement.

L’ordre social sera établi :

- sur la reconnaissance du travail, mis au service de la communauté et considéré comme un devoir éminent pour tous ;

- sur la solidarité des travailleurs de toute espèce et de tout rang, des dirigeants et des servants, cette solidarité étant édifiée sur le respect et la foi mutuels ;

- sur le devoir de la communauté de procurer à tous ses membres qui désirent travailler une existence humainement digne.

L’ordre économique devra tendre à réaliser ce principe double : la propriété est service et l’intérêt commun prime l’intérêt des groupes et individus. Tout en reconnaissant l’initiative privée, l’organisation de la vie professionnelle doit avoir pour but d’en faire un ensemble ordonné et coordonné d’unités économiques qui sont toutes en fonction du bien du peuple entier.

Mesdames, Messieurs, cette tâche large et vaste fut depuis longtemps circonscrite en ces différents points dans le programme du V.N.V. qui est ainsi resté fidèle à son passé de combativité. Notre peuple a prouvé qu’il est accessible à ces conceptions qui, à notre avis, constituent son unique salut. Avec grande confiance, nous marchons vers l’avenir avec des effectifs grossis par l’adhésion de Verdinaso et Rex-Vlaanderen.

Il est juste que nous portions à cet instant un salut à ces deux organisations dont la confiance dans notre formation unitaire s’est affirmée publiquement. Il est inutile de jeter les regards sur le passé. Ce qui nous séparait avant est remplacé par une communauté et unité de conception, d’organisation et de direction. Le groupement national-socialiste en Flandre est notablement renforcé. Avec plus de conscience encore qu’auparavant, nous nous attelons à la tâche pour gagner toute la Flandre, tous les miliciens et toutes les classes de notre peuple à nos conceptions, avec la certitude d’influencer ainsi fortement et favorablement la formation de sa volonté politique. Nous ne nous cachons pas qu’il faudra encore agir, lutter et sacrifier beaucoup pour atteindre ce but. Les problèmes qui se posent à nous sont nombreux.

J’ai essayé d’éclaircir dans les derniers mois beaucoup d’entre eux. Nous avons dû, pour ce faire, nous insurger contre des déformations qui sont le résultat de ce qui, dans le passé, a été forfait contre notre peuple. Mais là où dans les circonstances les plus difficiles et les plus ingrates, nous n’avons jamais hésité pour « vouloir ce qui était droit » et pour nous affirmer, nous avons maintenant la certitude que nous réussirons dans notre dessein de créer pour notre peuple une ambiance où il fera bon respirer.

Nous sommes ici en hommes libres et voulons être les dignes fils d’un peuple qui, quoique abandonné à lui-même au cours des siècles, a réussi à maintenir son caractère germanique, quelles que fussent la contrainte et l’oppression venant du sud.

En hommes libres, nous affirmons notre confiance dans l’Allemagne nationale-socialiste et dans le Führer et Chancelier du Reich, Adolf Hitler, que nous reconnaissons avec fierté comme Führer de tous les Germains. Nous avons le ferme espoir, je dis la certitude, qu’il assurera l’avenir politique, culturel et économique du peuple de la Néerlande, sur la base des principes qui ont rendu possible la grandeur de notre peuple.

Nous sommes prêts à nous mettre au travail avec la dernière énergie pour la réalisation du nouvel ordre en Europe, où la Germanie pourra déployer toutes ses possibilités.

Pour notre peuple, nous voulons rendre effectif l’établissement d’un ordre national-socialiste, dans lequel les oppositions du présent trouveront une solution harmonieuse et organique.

L’idée communautaire vivifie toute notre action. La valeur du travail presté constitue pour nous la mesure suprême. Sur de tels fondements, nos actions et notre lutte ne peuvent qu’être couronnées de succès. Même les plus sourds d’entre les sourds et les plus aveugles d’entre les aveugles devront constater que le chemin que nous indiquons est le seul possible et le seul salutaire.

Qu’il me soit permis de ne pas m’avancer plus à fond dans les problèmes concrets qui se posent.

Seulement, nous voulons encore, nous Néerlandais flamands, vous remettre en mémoire quelle est notre position envers les Wallons et ceux de notre peuple qui ont été wallonisés ou francisés.

Aux Wallons, nous ne contestons nullement le droit de vivre et le droit au développement populaire, mais les temps doivent être définitivement révolus où ils disposaient de nos possibilités de vie et de développement, où ils y avaient leur mot à dire. Ceci sera notre affaire. Et quant à ceux de nos nationaux qu’une cohabitation forcée nous a fait perdre, pour eux, parle bien haut en nous la voix du sang. Ce qui nous appartient doit nous revenir. Ceci est une nécessité inéluctable sur laquelle nous devons diriger notre action.

Voilà notre position pour les temps présents et pour le temps à venir. Nos rangs s’élargissent de plus en plus. Tous ceux qui y entrent avec un esprit de foi et de discipline sont les bienvenus. Un grand pas est fait dans l’unification des forces nationales-socialistes. Nous insistons auprès de ceux qui se trouvent encore indécis au bord de la route, ou qui n’ont pas encore réussi à faire disparaître en eux les signes de la division populaire et de la chicane, à se rendre compte de l’indéniable réalité.

La Flandre, consciente et prête aux actes, est une. Et c’est ainsi que nous continuerons notre route, liés par un amour indestructible pour notre communauté populaire et par une volonté ferme de la placer dans l’ordre nouveau de demain et à une place digne, dans les rangs des peuples germaniques et dans l’Europe nouvelle qui naît.

Nous nous efforcerons d’obtenir qu’avec l’appoint de toutes nos forces, la Flandre soit intégrée comme un corps vivant et non comme un corps mort dans le complexe germanique.

Mesdames et Messieurs, je suis convaincu que grâce à la clairvoyance et à l’acte de nos Camarades nationaux-socialistes du Verdinaso et de Rex-Vlaanderen, nous écrivons une belle page dans l’histoire du développement de notre peuple. L’avenir prouvera que ce qui se passe maintenant influera fructueusement et constructivement dans une très haute mesure sur la formation de notre avenir populaire et national-socialiste.

C’est dans cette joyeuse et formelle certitude que je vous remercie, Mesdames et Messieurs, pour l’attention avec laquelle vous avez bien voulu prendre connaissance de cette communication.

Le Pays réel, 11 mai 1941.

jeudi 18 août 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1941


II. Léon Degrelle expose aux militants flamands la portée de la décision

Après avoir annoncé à la Presse la conclusion de l’accord qui va imprimer un nouvel et puissant essor à notre vie politique nationale, le Chef de Rex, au début de l’après-midi, avait tenu à réunir au centre de la rue Mercelis de nombreux représentants des dirigeants et militants de Rex-Flandre, pour leur exposer la portée des décisions qui viennent d’être prises.
La vaste salle est comble quand le Chef de Rex y fait son entrée : d’interminables acclamations l’accueillent. Mais l’atmosphère n’est pas l’atmosphère devenue traditionnelle des meetings ordinaires : il plane sur l’auditoire on ne sait quelle gravité née de l’importance de cette heure où des hommes qui, durant des années, ont lutté contre vents et marées, se confrontent avec un passé dont ils prennent congé pour se tourner tout entiers vers un avenir dont ils ne peuvent encore discerner que les grandes lignes – les grandes lignes exaltantes.
D’emblée, le Chef de Rex donne connaissance de la convention signée entre Rex, le V.N.V. et les Dinasos. Le public, immédiatement, réagit avec enthousiasme.
Léon Degrelle montre d’abord comment l’acte posé aujourd’hui est une consécration pour les longues et âpres luttes menées inébranlablement par nos camarades flamands.
Il rappelle comment Rex n’avait pas hésité à braver l’impopularité et à s’exposer aux attaques des cliques politiciennes et fransquillonnes :

« Rex a rendu au peuple flamand le sens et l’amour de la Flandre éternelle, l’esprit de la communauté populaire. Rex a rendu à la mère Flandre des milliers de fils conscients de leur dignité et de leurs responsabilités. Rex a pu former des élites qui peut-être manquaient : il les verse à présent au sein d’une Flandre revivifiée. »

Le Chef insiste ensuite :

« Dans le nouveau parti unique, les hommes venus de chez nous garderont intact l’idéal grand et noble que nous leur avons donné et qui embrasera toute la Flandre !
En pays flamand, il n’y aura plus désormais de concurrents, mais une seule gerbe de forces occupant tout le terrain national…
Quant à la solidarité des Flamands et des Wallons, notre espoir est qu’elle sera maintenue vivace et que, au-dessus de nos deux peuples, il y aura le fédérateur de notre sensibilité : le Roi !
»

Puis, le Chef montre combien cette unité d’action était logique et inéluctable : n’était-il pas profondément décevant de voir les fils d’un même peuple témoigner l’un pour l’autre et sur leur propre sol d’une mutuelle défiance, alors qu’ils étaient les uns et les autres attachés par d’étroits liens aux grands lutteurs étrangers forgeant l’Europe nouvelle ?
Et, pour terminer, Léon Degrelle évoque toutes les attaches qu’il avait et gardera avec les camarades de Flandre : tant de luttes communes, tant de meetings où son âme vibrait à l’unisson de l’âme de la Flandre.
Puis, Odiel Daem, en flamand, adressa quelques mots à l’auditoire.
Il rappela combien il avait été peiné de retrouver sa Flandre divisée, lorsqu’il était rentré de captivité en Allemagne.
Il dit sa fierté et son bonheur d’avoir pu travailler aux côtés de Léon Degrelle à la grande œuvre de ce jour.
Il insista beaucoup sur un point : à savoir que le nouveau parti unique est un organisme d’union. Rex ne s’inféode pas plus au V.N.V. que le V.N.V. ne rallie Rex. Rex et le V.N.V. vont vers une fusion totale au sein d’un nouveau mouvement national-socialiste flamand, régénérateur et tout-puissant.
Ce mouvement sera profondément social, profondément national, et intégralement occidental.

La décision que Rex a prise, il l’a prise en pleine liberté, en pleine conscience, assumant toutes ses responsabilités : le symbole de cette réalisation est ce glorieux insigne que nos militants pourront garder dans la nouvelle organisation.

Follement acclamé, le leader flamand répète son attachement inébranlable au Chef de Rex :
« Le plus beau jour de ma vie, dit-il, sera celui où je pourrai recevoir Léon Degrelle pour lui remettre le diplôme d’honneur de bourgeois de Flandre ! »

Avant de se séparer d’eux, le Chef remit à tous ceux de ses fidèles militants qui étaient présents l’insigne des vétérans du Mouvement.
Et nous renonçons à décrire l’enthousiasme qui salua le départ de celui qui, avec un sens politique toujours aussi aigu, a voulu et pu poser un acte historique dont l’avenir confirmera toute l’importance…

Le Pays réel, 11 mai 1941.



mercredi 10 août 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1936


III. Le point de vue du Flamand Paul de Mont

Dimanche 4 octobre 1936 : Rex a mobilisé plus de 25.000 hommes à Liège
Paul de Mont parle :
« Jamais les Wallons n’ont mis opposition aux justes revendications flamandes. Seuls les politiciens tenaient à brouiller les cartes. »


Gérard Willems, chef de Rex-Liège, salue avec émotion le glorieux mutilé flamand, Paul de Mont. « Il est, dit-il, un exemple vivant d’héroïsme. Engagé en 1914, un obus allemand lui fauchait les deux jambes en 1917. Son courage fit, au cours de toute la Campagne, l’admiration de ses chefs. Artiste, écrivain, Paul de Mont est un dramaturge flamand de tout premier plan. Comment ne pas nous incliner devant cette personnalité qui ne vit plus aujourd’hui que pour l’union indéfectible des Flamands et des Wallons. »

Pourquoi ne pas sceller l’amitié ?

M. Paul de Mont prend place devant le micro. À l’aide d’anecdotes, il définit un état d’esprit qui doit disparaître. Pendant un siècle, les dirigeants ont abandonné le peuple flamand, refusant de donner suite à ses revendications. Aujourd’hui, le Rexisme veut rendre aux Flamands leur honneur et leur gloire.

L’Etat ne peut être compris sainement et solidement qu’en dehors de l’esprit de contrainte. Nous devons avoir le courage d’examiner le régime constitutionnel, garantissant le développement libre de la culture flamande.

La Flandre ne peut plus se contenter de vagues promesses des politiciens. Il faut passer aux actes.

Ce soir, dit-il, je vous dirai la vérité toute nue, sans fards, sans apprêts. Je puis faire cela sans réserves, ayant donné des gages d’amour à ma Patrie.

J’ai conscience que nous nous trouvons à un tournant de notre histoire. J’ai eu foi dans la jeunesse et le dynamisme du Rexisme. Si, à la faveur de ce mouvement, Wallons et Flamands ne peuvent sceller une amitié solide, l’entente ne se fera jamais.

La Flandre doit se gouverner et s’administrer au même titre que la Wallonie. On n’est pas encore d’accord sur les modalités, mais le but à atteindre est clair.

Les Flamands souffrent d’une psychose de méfiance. Toujours les partis les ont leurrés. C’est pour cela que l’idéologie flamande ne s’est pas traduite en activité politique. Ce qu’il faut, c’est proclamer le droit des Flamands à se gouverner eux-mêmes.

Je suis persuadé que, dans la pratique, les réformes à envisager seront moins profondes qu’on ne le croit. Et ici, le rexisme intervient.

Un Etat Thiois est une utopie nationale et internationale. Donc, seule, la solution rexiste peut intervenir car les Wallons sont prêts à s’entendre avec les Flamands. Le dynamisme rexiste est assez fort pour passer par-dessus le nationalisme flamand, mais il ne veut pas constituer une opposition larvée en Flandre.

Chez nous, il n’y aura pas de triomphe marxiste possible, car les Flamands n’en veulent pas. Nous les mobiliserons dans les rangs des rexistes. L’esprit flamand a profondément pénétré les masses paysannes. Il ne s’agit plus du vieux frontisme démagogique. Le programme nationaliste flamand est anti-marxiste et patriotique. Deux faits sont patents : le premier, une solution n’est possible que dans le cadre belge ; le second, Rex est prêt à la donner.

Par-dessus les idées, il y a les hommes. Les Nationalistes flamands sont des hommes comme nous. Ils ne sont peut-être pas très liants, mais ils valent mieux que les hommes de la génération précédente. Quant à l’unité rexiste : d’abord, nous avons des aspirations communes ; mêmes foyers, même patrimoine moral à défendre. Dès lors, la collaboration politique est nécessaire. Flamands et Wallons doivent accepter des disciplines communes.

Sans inconvénient, on peut doubler certains ministères, mais d’autres ne le peuvent pas. Désormais par Rex, nous aurons l’entente assurée entre Wallons et Flamands par les sommets. Il n’y a de lien sûr que d’âme à âme.

Le miracle rexiste nous a enfin unis.

Deux choses nous sont encore nécessaires. La première, c’est que l’élite francophone soit réintégrée au peuple. Dans dix ans, on ne parlera plus de cette vieillerie.

La deuxième : l’épineux problème de Bruxelles doit être résolu. Cela fait, tout rentrera dans l’ordre naturel.

M. Paul de Mont rend alors un vibrant hommage aux Wallons et les remercie en criant : « Rex Vaincra ! »


(Le Pays réel, 6 et 10 octobre 1936)
***
Liège brûlante
par Léon Degrelle

[…] Ce qui fut, à Liège, émouvant par-dessus tout, plus que la foule formidable et les drapeaux en vagues rouges, ce fut l’accueil inoubliable que firent ces vingt-cinq mille Liégeois au programme flamand de REX exposé par Paul de Mont.
Qui aurait pu penser, il y a un an encore, qu’un grand Flamand se ferait acclamer par tout ce peuple wallon, en établissant avec autant d’audace que de sincérité, toute l’ampleur des réformes linguistiques qui s’imposent si on veut sauver l’unité de la patrie ?

Paul de Mont s’est senti, à Liège, chez lui, comme les rexistes wallons à Anvers se sentent chez eux. REX a réalisé ce tour de force de souder les éléments les plus éloignés de la nation.

Liège, brûlante comme le soleil, a hier donné au pays ce spectacle admirable de vingt-cinq mille hommes, fraternellement unis, à jamais, ouvriers et classes dirigeantes, Flamands et Wallons, dans un commun amour et dans un même idéal.

(Le Pays réel, 6 octobre 1936)

***
Rex et la question flamande

M. Degrelle a encore déclaré à Liège : « Il n’est pas de solution de la question flamande en dehors d’un gouvernement fort. Sous le régime décrépi de parlementarisme, il n’est pas de décentralisation possible. La Belgique doit être une entité profonde dans une mystique éternelle. »

On a lu les déclarations de M. Degrelle. En voici d’autres de M. Paul de Mont, sénateur, qui dirige le journal rexiste flamand.

Pour M. de Mont, les mots : Etat fédératif, autonomie, fédéralisme, qui sont surtout employés du côté flamand, sont les équivalents des expressions : décentralisation ou administration autonome que les Wallons utilisent plus couramment. À son avis, il n’y a là que des nuances de terminologies.

dimanche 7 août 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1936

II. Le point de vue de Léon Degrelle
L’Unité nationale


Si on analyse le malaise flamand et le malaise social, on doit reconnaître qu’ils résident avant tout dans la conception artificielle que les partis s’étaient faite de l’unité belge.
Pour eux, l’unité, comme l’ordre, étaient saufs quand étaient sauves les apparences.
À ce jeu-là, ils étaient en train de nous conduire à a cassure du pays.
Le pays était-il UNI quand la classe ouvrière et les autres classes étaient dressées les unes contre les autres ?
L’unité belge, à la suite des conflits sociaux, était devenue un point d’interrogation sanglant.
À cette heure encore, où la poussée soviétique se fait plus forte et où la colère du peuple arrive à fleur de peau, l’unité belge est en péril, plus que jamais.
Il n’est pour nous de solidarité des classes dans l’unité belge QUE DANS LA MESURE OU ELLE EST PETRIE DE JUSTICE SOCIALE.

En apportant cette paix au pays, dans le rapprochement fraternel des classes, REX a conscience de sauver l’unité belge au moment où, à bout d’espérance, lassée de trop d’égoïsmes, une partie de la masse ouvrière était prête à toutes les solutions du désespoir…

***

De même que l’incompréhension criminelle des classes dirigeantes a failli briser la cohésion nationale, de même la bêtise du régime en face du drame flamand, a failli vingt fois casser le pays en deux depuis la guerre.
Là aussi, l’unité des politiciens était une caricature d’unité d’un peuple.
Nous avons, en Belgique, cet avantage immense d’être au carrefour de deux magnifiques civilisations : une moitié de notre peuple est baignée par le génie du Nord, l’autre moitié par le génie latin.
Pour les politiciens, abêtis et hagards, sans contact avec leur patrie, il n’y avait d’unité belge que dans la mesure où on faisait de l’âme flamande et de l’âme wallonne un brouet abominable qui donnait des nausées aux Wallons et aux Flamands. Quand ils avaient bien tripatouillé le génie de chacun des deux peuples, malaxé les langues, les coutumes, les vertus, quand tout cela était devenu « UN » mic-mac affreux, où on ne distinguait plus rien, ces politiciens se frottaient les mains : la patrie était sauvée !

À ce système-là, ils étaient arrivés à exaspérer absolument tous les citoyens qui croient encore que l’unité n’est pas possible dans le gâchis et la contradiction, mais bien dans l’exaltation des âmes et la grandeur. Comment voulait-on qu’il en fût autrement ?
Les Flamands, voyant fouler aux pieds la Flandre profonde, son passé, ses droits, l’avenir spirituel de leur peuple, en étaient venus à mépriser et haïr une unité qui ne s’inscrivait que dans l’abaissement.
Cette unité artificielle, dans la médiocrité et le nihilisme, était un crime contre le bon sens et contre la justice.
À persévérer dans cette voie misérable, on arrivait implacablement à l’exaspération du peuple flamand et – tôt ou tard aussi – du peuple wallon, profondément blessés tous les deux dans leur dignité la plus élémentaire.


***

REX a eu le courage de rompre avec ce passé. Il a rejeté cette unité de commande et y a substitué une unité de granit, basée, elle, sur l’épanouissement des deux grandes civilisations de la patrie.
REX est venu dire aux Wallons et aux Flamands : respectez-vous les uns et les autres ; que la Flandre et la Wallonie, libres et fortes, puissent retrouver, chacune, leur ferveur culturelle, leurs traditions, leurs vertus, leur âme, se sentir dotées de droits absolument égaux.
Ce n’est que dans la mesure où la Wallonie sera grande et où la Flandre sera grande que la Belgique, à son tour, le sera, aura un sens et remplira sa mission civilisatrice.
C’est par le haut, dans l’exaltation de ce que Wallons et Flamands ont de meilleur, que doit se réaliser notre unité nationale.


***

Logique avec ces principes, REX poursuivra avec acharnement cette œuvre de bustitution d’une unité digne et réelle, vraiment humaine, à ce simulacre d’unité qui cachait mal des dissensions mortelles.
Dans le domaine social, REX, par un ensemble de réformes matérielles et morales, très audacieuses, rétablira l’unité du pays par la réconciliation des classes.

Dans le domaine appelé étroitement « linguistique » REX basera son régime :

- sur l’épanouissement absolument libre de chacune des deux cultures ;
- sur l’égalité de droits absolue des Flamands et des Wallons ;
- sur une très large décentralisation politique du pays, exactement dans la ligne de nos traditions historiques d’ailleurs.

Nous marcherons dans ce sens-là, avec toute l’audace nécessaire.
Nous projetons notamment, sous l’impulsion d’un pouvoir fort et populaire : 
- un renforcement très large de l’autorité provinciale, particulièrement dans le domaine scolaire ;
- la création d’organismes politiques nouveaux destinés à favoriser l’épanouissement naturel de chacune des communautés linguistiques ; 
- le dédoublement – QUI SERAIT LE BON SENS MEME – de certains ministères, tel, par exemple, le ministère de l’Instruction Publique.

Nous irons dans le domaine politique et même économique et social AUSSI LOIN QU’IL LE FAUDRA POUR QUE TOUS LES CITOYENS SENTENT VRAIMENT QUE L’UNITE DE LA BELGIQUE EST BASEE ESSENTIELLEMENT SUR L’EGALITE DE LEURS DROITS, SUR LE RESPECT DE LEUR PERSONNALITE, SUR LA LIBERTE ET SUR LA JUSTICE.

Que les esprits bornés pestent et s’indignent.
Leur incurie tuait le pays.
Notre clairvoyance le sauvera et le grandira.
REX sera le ciment du pays nouveau.

(Le Pays réel, 5 octobre 1936)


***


Flamands et Wallons réconciliés grâce à « Rex »
par Léon Degrelle



Les milieux politiques sont pris d’une panique fort pittoresque depuis qu’ils se sont aperçus que REX était en train de sauver le pays d’une guerre fratricide en réconciliant à jamais les Flamands et les Wallons.
Il est inimaginable de voir comment pour certains esprits tel que M. Charles Bernard, de la « Nation Belge », toute tentative dans ce sens-là prend aussitôt des allures criminelles.
Ça ne vous suffit pas, tenons-nous à leur dire, que pendant vingt ans, les Belges de langue flamande et de langue française se soient empoignés comme des charretiers, pour les seuls beaux yeux des politiciens profiteurs ?
L’unité belge était-elle sauve au milieu de ces conflits affreux, de ces persécutions officielles ou larvées, parmi quatre millions de citoyens dressés contre quatre millions d’autres citoyens ?
Quand tout le monde se chamaillait et se détestait, étiez-vous si sûrs que cela de l’unité de la patrie
Ces années-là, où on se battait à propos de tout, à propos de religion, à propos de lois sociales, à propos de statut linguistiques, sont pour nous des années innommables, qui nous donnent des haut-le-cœur, les plus lourdes et les plus viles de notre histoire.

Nous ne voulons plus, nous Rexistes, nous battre entre catholiques et incroyants, entre ouvriers et bourgeois, entre Flamands et Wallons.
À tous les Belges, nous avons rapporté le respect des consciences, le sens social et une notion clairvoyante des forces de la Belgique, basées sur l’épanouissement sans entraves stupides, de deux magnifiques civilisations.


***

Il faut être bouché comme un tuyau gelé pour ne point voir tout ce qu’il y eut d’odieux dans l’incompréhension réciproque, dans le régime des partis, des Flamands et des Wallons.
C’était, entre eux tous, un mur de béton.
Ce mur, nous sommes en train de le crever à coups de bélier, pour qu’entre la Wallonie et la Flandre existent désormais des contacts puissants et, demain, de vives et loyales affections.
Tout cela, évidemment, pour les politiciens et les journalistes en chambre, était, est et sera toujours de l’utopie !
Pour eux, il fallait continuer comme hier à se brimer, à se haïr, à mener la guerre à coups d’épingles, à se chicaner grotesquement, à s’exploiter puis à se venger, quitte à créer enfin un état d’esprit de méfiance et de haine tel qu’enfin tout eût sauté, la Monarchie et le Pays.
Si les politiciens et les journalistes au cerveau en classeurs avaient pu poursuivre leurs méfaits, ces bonshommes-là eussent assassiné la Belgique.

Ils font, à cette heure, devant la réconciliation rexiste, des grimaces de narreux.

Nous empoignons leurs moustaches mouillées et nous leur disons : « Pas de tout cela ! Vos bagarres d’intellectuels stérilisés n’entraîneront plus personne. Le peuple est à nous, nous l’éclairerons, nous lui apprendront, qu’il soit Wallon ou Flamand, à baser le régime nouveau sur le bon sens, la compréhension, le respect et la justice. Là aussi, l’audace rexiste nettoiera en quelques moins les terrains infestés de fondrières. Restez le nez dedans, si vous le voulez, journalistes et politiciens. Mais alors, vous serez nivelés avec elles… »
***

Qu’on ne s’imagine pas surtout que nous solutions linguistiques ne passeront pas.
TOUTES NOS SOLUTIONS, QU’ON LE SACHE BIEN, PASSERONT.
Elles passeront parce qu’elles sont justes, parce qu’il est normal et digne que Flamands et Wallons soient traités selon leur personnalité et leurs vertus propres, parce qu’au lieu d’affaiblir la Belgique, la décentralisation rexiste la SAUVERA de la mort et lui permettra, en outre, de redevenir une grande nation dans l’épanouissement d’un pays retourné enfin à ses vraies sources.
Le peuple belge sent intensément que nos positions sont des positions équitables et humaines.
On l’a vu à Liège ce dimanche 4 octobre où vingt-cinq mille Rexistes wallons acclamaient le Flamand de Mont.
On le verra à Anvers, ce vendredi 9 octobre, où vingt-cinq mille Rexistes flamands accueilleront le Wallon Degrelle.

Tout le pays pense comme nous.

Il n’y a plus que les politiciens, en chasse de querelles à exploiter, et que les journalistes, en chasse de copie à pondre, pour berdeller et jouer aux super-patriotes, alors que leur aveuglement ou leur cynisme allait poignarder la Belgique.
Le pays nous soutiendra dans cette lutte sainte pour la réconciliation de la nation.
Il ne s’agit pas de rouler l’autre ou d’être roulé par lui. Il s’agit pour tous, Wallons et Flamands, de vivre enfin, réconciliés, sur un sol commun.
À l’heure où tout était perdu, REX va tout sauver et réaliser des rapprochements qui à tous paraissaient impossibles.

Nous sauverons le pays du communisme.
Nous sauverons le pays du fratricide combat flamand-wallon.
Ah ! le travail, demain, sera beau !
À nous le pouvoir !
Et vivement qu’on nous voie à l’œuvre !

(Le Pays réel, 9 octobre 1936)

jeudi 28 juillet 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand : les accords Rex-VNV de 1936


I. Rex et le « Vlaamsch Nationaal Verbond »
Premier jalon du front antimarxiste


Le pays vient d’apprendre avec une joie immense le prodigieux événement qui vient de s’accomplir dans notre vie nationale.
Il fallait l’audace de REX, il fallait la prodigieuse volonté de Léon Degrelle pour provoquer cet événement qui est certainement le plus considérable depuis 1830.
Ce que jamais aucun politicien n’a pu réaliser au cours d’un siècle : la réconciliation de tous les Belges, Flamands et Wallons, dans un même idéal, Léon Degrelle l’a réalisée.
Il a fallu l’âme rexiste, la discipline rexiste, l’immense bonne volonté rexiste pour arriver avec une aussi foudroyant rapidité, à ce résultat dont on ne pourrait exagérer l’importance.

Tous les vrais patriotes exulteront de joie en apprenant que, dès aujourd’hui, la patrie commune est sauvée.
Tous les vrais patriotes sentiront au fond d’eux-mêmes l’intense, l’immense soulagement de cette lourde inquiétude qui, depuis des années et des années, assombrissait l’avenir du pays.
Ces malentendus étaient bien plus profonds que ne le laissait paraître la presse officielle. Aujourd’hui, brusquement, tout est dissipé. Aujourd’hui, nous assistons à la fervent réconciliation de deux communautés qui, se connaissant mieux et se respectant davantage, pourront davantage s’aimer.
Dorénavant, l’Etat belge ne sera plus une fiction internationale, mais une réalité bien vivante et bien populaire où, dans les communes frontières, Flamands et Wallons pourront construire un avenir plus pur, fait de fierté, de conquête et de grandeur.

REX a déjà fait des miracles.

Voilà le dernier miracle de REX, le plus grand, le plus beau.
Jailli des profondeurs de l’âme populaire, le mouvement rexiste portait en lui de telles promesses.
L’idéal national qu’il a proposé aux foules de chez nous – flamandes et wallonnes – était si noble, si pur, que chacun a senti, comme l’écrivait très bien le Schelde du 8 octobre, que « la politique de partis a été notre malheur. La politicaille a troublé tout ce qui était clair et simple. Pourquoi ne pourrait-il pas arriver, tandis que les partis s’embourbent dans le marécage de leurs intrigues que, sous l’impulsion d’un homme comme Degrelle, surgisse, tant au point de vue social que politique, une patrie nouvelle ? »
Rendons hommage aux hommes, leaders du mouvement national flamand, qui, en dehors des vieux partis, n’agissaient ni par intérêt, ni par haine, mais simplement par amour pour leur peuple et qui ont compris les magnifiques perspectives qu’ouvrait pour la grandeur de la patrie commune l’idéal rexiste. Ils ont ainsi donné une leçon à beaucoup…
Léon Degrelle avait tenu à faire sanctionner par avance par le peuple wallon les bases sur lesquelles devait se bâtir la réconciliation de la Flandre et de la Wallonie.
À Liège, devant 25.000 hommes, 25.000 Wallons liégeois qui l’acclamèrent, Paul de Mont proclama la nouvelle charte de nos deux grandes communautés populaires.
Dans son article « L’Unité nationale », Léon Degrelle a fixé lui-même ces bases fondamentales du régime nouveau. Cet article gardera l’importance d’un événement historique.


REX
(Le Pays réel, 10 octobre 1936)

samedi 5 mars 2016

Léon Degrelle, "L’éveil d’un mouvement politique: le combat des Rexistes."

Nous reproduisons ce texte grâce à l'aimable autorisation de M. Marc Vanbesien, détenteurs des droits d’auteur de Léon Degrelle. Il a été publié dans la revue "La Jeune Europe", en 1942. Cette « revue de la jeunesse universitaire européenne » se présentait comme suit :  
Les Cahiers de La Jeune Europe paraissent sous l’idée directrice de l’unification européenne.  
L’idée fondamentale de l’unification européenne est éclairée dans les exposés publiés par la présente revue sous des angles politiques, culturels, économique ou technique.Tous les universitaires européens qui combattent sur le front de l’Est, volontaires des légions et aussi lutteurs spirituels des écoles ou de la vie professionnelle universitaire qui recevront ces pages sont priés de vouloir bien apporter leur contribution personnelle à la rédaction des présents cahiers.  
L’éditeur invite chaleureusement tous les travailleurs intellectuels, les étudiants de toutes les facultés, ainsi que ceux qui sont déjà entrés dans la vie du travail professionnel, philosophes, médecins, chimistes, physiciens et biologues, philologues, juristes et théologues, adeptes des sciences politiques et sociales, techniciens, et économistes, de même que tous les artistes, tous les penseurs d’Europe à nous apporter leur bienvenue collaboration. 
"La Jeune Europe" doit être la tribune d’un échange productif de pensées et d’opinions sur toutes les questions et tous les problèmes intéressant dans son ensemble la communauté des peuples européens. Les pages de ces cahiers sont ouvertes à tous les universitaires; elles aideront à remplir, dans un entretien européen commun, la mission de notre temps. La tâche qu’il importe d’accomplir est celle-ci: défendre la tradition de la culture européenne et lutter pour les nouvelles idées des jeunes peuples. Les ponts solidement bâtis de l’esprit européen formeront le lien indissoluble de cette vraie camaraderie, plus vivace que jamais dans la lutte européenne pour la liberté de nos peuples. 




Le combat des Rexistes 
Le mouvement rexiste est né il y a dix ans, en 1932. Alors que je faisais mes études de droit à l’université de Louvain, nous nous trouvâmes une poignée de camarades d’études qui prirent la résolution de rendre une âme à notre patrie. Nous étions particulièrement écœurés par la bassesse spirituelle de notre temps. Nous étions hantés par le désir de ramener une grande pureté et une grande ferveur parmi les foules avides d’idéal. Nous ne craignons pas de le dire, à l’origine de Rex, il y eut la brûlante passion des apôtres. Mais nous étions encore seuls, et il fallait communiquer notre désir de rénovation spirituelle à tous les idéalistes, isolés dans notre pays, et atteindre promptement les larges couches de la population. 
On m’offrit alors la direction d’une petite maison d’édition et je l’acceptai avec enthousiasme. Au lieu de publier de gros bouquins illisibles, je me lançai promptement dans la diffusion de petites brochures d’actualité, flanquées d’un titre et d’une couverture qui "accrochaient". Un événement passionnait-il le public ? En une nuit, j’avais un texte, faisais dessiner un croquis frappant par un ami ou l’autre. Deux ou trois jours après, j’avais fait sortir de presse cinquante ou cent mille exemplaires de la brochure. Avec une petite équipe de propagandistes, je courais le pays pendant quinze jours plaçant mes pamphlets. 
Ces brochures, écrites à l’emporte-pièce, firent scandale et amenèrent des polémiques violentes.En quelques mois, Rex fut connu partout. Plusieurs millions de brochures avaient, de la sorte, été vendues et commentées.  
J’avais aussi, dès le début, un petit noyau de propagandistes qui me suivirent, appelés par je ne sais quelles ondes magnétiques.  
Le lancement des brochures à très grand tirage ayant réussi, j’allai me risquer à des travaux plus vastes. Pour le public lettré, je créai un journal littéraire à très bon marché, avec gros tirage. Il s’appela REX. La réussite fut immédiate. On tira dès le premier numéro à plus de 40.000 exemplaires. 
Je risquai un second essai, beaucoup plus dangereux. Il manquait au gros public une revue s’intéressant à toutes les récréations modernes: radio, cinéma, voyages. 
Je combinai le lancement d’un beau magazine en héliogravure avec photos de vedettes, analyses de films, programmes complets des émissions de radio, reportages, etc... Tout cela vu, non plus par des mercantis sans âme, mais par des jeunes hommes modernes qui voulaient que ces instruments puissants servissent à récréer intelligemment et à élever les foules. J’allais risquer une dépense, pour la première année, de plusieurs millions, sans les avoir. Je sautai à l’eau quand même, décidé à apprendre à nager dans le courant. Mon magazine parut. Il s’appelait "Soirées" et comportait 80 pages par semaine. Ce fut un petit coup de théâtre dans l’édition et une brillante réussite. 
Il me fallait encore le contact direct avec le public, qui ne pouvait être obtenu que par des meetings pour atteindre des auditoires, il fallait louer des salles, payer des affiches, dépenser des sommes que j’eusse été bien en peine d’investir. Je trouvai cependant une solution. Les marxistes donnaient en Belgique de grands meetings, payés avec les fonds de la classe ouvrière. Ils avaient d’immenses salles de réunions dans leurs « maisons du peuple ». Ils y convoquaient régulièrement leur nombreux public syndical. Jamais un bourgeois des partis conservateurs ne se serait risqué à aller combattre la parole, dans les salles rouges, des orateurs rouges. Je vis là une occasion inespérée d’atteindre un public très vaste et qui m’intéressait tout particulièrement. Je savais, ayant vécu toute mon enfance mêlé au peuple, que des milliers d’âmes fraîches étaient là en disponibilité. Et puis, la misère des masses me navrait et me remplissait d’ardeurs révolutionnaires. Je pris donc la décision de risquer le coup. 
Un beau dimanche, j’arrivai au « palais du peuple » de Charleroi, où plusieurs milliers de marxistes se préparaient à écouter les plus violents orateurs de leur parti. On demanda –pure formalité– s’il n’y avait personne qui voulait apporter la contradiction. Je levai le bras. Ce fut épique. Au bout d’un quart d’heure de discours, je vis le moment où j’allais être mis en pièces. Mais le premier pas était fait. 
Quatre-vingts fois, je recommençais. Je venais ainsi à tous les grands meetings socialistes. Chaque fois, j’étais là, où que se tînt l’assemblée, même au bout du pays. Les journaux rouges, au lieu de se taire, firent d’abord des articles virulents pour m’écraser. Mais je tins bon. Ma parole directe saisissait vite le public ouvrier. Comme j’ai une voix de tonnerre, je résistais aux pires chahuts, pendant des heures s’il le fallait. En quelque mois, j’avais littéralement converti des milliers de travailleurs, qui me sont restés depuis, et à travers tout, merveilleusement fidèles. Plusieurs fois, je fus roué de coups et laissé pour mort. Mais mon courage grandissait avec les dangers. 
Le résultat cherché fut atteint. Mes journaux hebdomadaires pénétrèrent désormais largement dans le public, et 180.000 ou 200.000 personnes m’avaient vu en chair et en os. Le contact direct, qui brûle, entraîne, et en tout cas, éveille fortement la curiosité était créé.
Nous parlions des vertus, de la vie familiale, du travail, de la terre, de la solidarité entre classes, de la charité, de la nécessité d’avoir des âmes droites et désintéressées. Cela paraissait invraisemblable de traiter de pareils sujets devant des foules abêties par le matérialisme marxiste. Pourtant, c’était ainsi et les auditoires étaient traversés d’un véritable frémissement. Je me souviens d’avoir, un jour, devant 20.000 hommes, parlé pendant deux heures des forces spirituelles. La presse appela ce meeting « la nuit du miracle » tellement ce fut fantastique. Un autre soir, à un meeting de faubourg, je parlai, pendant une heure, de la beauté et du printemps. Bref, au fond, notre action naquit d’un immense et puissant besoin de poésie. Cherchant la rédemption d’un pays dans la noblesse de la vie, dans la solidarité des hommes, la justice et la propreté, nous devions nous heurter aux partis démocratiques, foyers de désordre, de décomposition et de bassesse.  
J’engageai donc, contre eux et contre leurs chefs les plus corrompus, la campagne qui devait devenir célèbre dans notre histoire politique, sous le nom de « campagne des pourris ». Ma méthode d’action allait vite scandaliser et épouvanter. En effet, au lieu de me contenter de prudents sous-entendus et d’attaques voilées, anonymes avec beaucoup de circonlocutions, je prenais chaque semaine un politicien par le fond de sa culotte, dénonçais ses méfaits et lui servais une volée de bois vert. Jamais on n’avait vu une violence pareille! La jeunesse, enthousiasmée par cette lutte, accourait. 
Des milliers d’hommes honnêtes, de toutes les classes, rejoignaient les organisations de combat que j’avais créées et dont les sections se multipliaient partout.  
Le public affluait en masse. En trois ans, je tins 1.500 assemblées. 
On tenta alors de me mater par des procès. Tous les bandits politiciens et financiers que j’avais dénoncés firent face, finalement, pour m’attraire en justice. On me réclama plus de deux millions de francs de dommages et intérêts. Les nigauds! C’était me donner une tribune de plus. Malgré la composition des tribunaux, eux aussi remplis de créatures de la franc-maçonnerie et des partis, j’acceptai le combat, me défendant moi-même à la barre dans les cas les plus spectaculaires.  
Le principal procès, celui du Ministre Segers, mis le pays entier aux aguets. J’avais dit des vérités effrayantes sur les malhonnêtetés financières de ce ministre. J’avais littéralement piétiné ce bonhomme infect. Non seulement le ministre fut débouté de sa demande en 300.000 francs de dommages et intérêts, mais il fut condamné avec des attendus si terribles qu’il dut s’enfuir de la vie politique. 
Le retentissement fut immense.  
Les partis demeuraient, malgré ces combats épiques, aussi pourris qu’avant. 
Je commençai à développer devant des foules de plus en plus nombreuse et enthousiastes un programme complet de nettoyage et de salut de l’Etat, par l’instauration d’un régime fort, commandé par un chef unique et responsable, où le travail serait dégagé de la tutelle politicienne, orienté, organisé et protégé au moyen d’organismes corporatifs; où la justice sociale remplacerait l’immonde profitariat ploutocratique; où l’on donnerait une place d’honneur aux valeurs réelles de la nation: la famille, la terre, le métier; où l’on rendrait à la nation le sens de la solidarité et au peuple entier l’amour de la patrie; où la paix des consciences, la paix linguistique, la paix sociale élimineraient les haines partisanes, sans cesse alimentées par les politiciens en quête de slogans électoraux; où l’on ramènerait notre peuple si glorieux et qui avait eu, pendant des siècles, le goût du faste et de la grandeur, à une nouvelle et grandiose Renaissance. 
Pendant quatre ans, nous continuâmes la lutte, une véritable lutte au couteau. Le combat anti-démocratique et anti-ploutocratique avait pris des proportions mondiales.  
Dans chaque pays, des forces semblables aux nôtres avaient connu les mêmes sursauts, étaient parties à l’assaut des mêmes adversaires. 
D’un pays à l’autre, une grande fraternité s’étendit. Les Rexistes se sentirent vite solidaires du National-Socialisme, et du Fascisme, de la Phalange et des autres mouvements nationalistes et socialistes qui soulevaient l’espoir de la jeunesse révolutionnaire dans toute l’Europe. L’Europe des pourris et l’Europe des Patries-Unies commençaient leur duel à mort. 
La Belgique est une terre historique de
combat. Le bloc démocratico-ploutocrate France-Angleterre, cherchant à poignarder l’Allemagne hitlérienne, devait tout tenter pour s’assurer l’usage du tremplin belge.  
Jusqu’au 10 mai 1940, Rex banda toutes ses forces pour s’opposer à ce plan criminel.  
Rex, dès 1936, fit sauter l’accord militaire franco-belge. Chaque mois la lutte devint plus violente. Rex fut supprimé par la force.  
D’innombrables Rexistes, leur chef en tête, furent jetés, le premier jour de la guerre, dans les prisons. Certains y périrent, dans des tourments affreux. Les autres, débarrassés de leurs chaînes, devaient promptement se remettre à l’œuvre pour accomplir le salut de leur patrie et pour apporter, dans l’honneur et le labeur, la collaboration de leur peuple à l’œuvre européenne du Führer.

Lieutenant Léon Degrelle, Légion « Wallonie »