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dimanche 23 avril 2023

Theodor Storm (1817-1888), Sur la Lande (Über die Heide, Traduction de Jean-Pierre Lefebvre, in "Anthologie Bilingue de la Poésie Allemande", Nrf Gallimard, La Pléiade)

M
on pied sonne sur la lande; la terre
Fait à mes pas un écho sourd.

C'est l'automne, le printemps est très loin,

Y a-t-il jamais eu une période heureuse ?

Des brumes bouillonnantes hantent les lieux,
L'herbe est noire, le ciel est si vide.

Ah qu'ai-je ici en mai porté mes pas !
La vie, l'amour - tout est bien envolé !

                      🕂🕂🕂🕂🕂

Über die Heide hallet mein Schritt;
Dumpf aus der Erde wandert es mit.

Herbst ist gekommen, Frühling ist weit -
Gab es denn einmal selige Zeit?

Brauende Nebel geisten umher;
Schwarz ist das Kraut und der Himmel so leer.

Wär ich hier nur nicht gegangen im Mai!
Leben und Liebe - wie flog es vorbei!

jeudi 26 novembre 2020

Knut Hamsun (1859-1952), Ainsi je Vagabonde Encore.

Q
ue veut mon cœur, où vont mes pas ?
La forêt sera solitaire ?
Je viens de laisser ma maison,
je flâne à travers les villages
et je m’arrête tard la nuit.

Je vois un monde qui sommeille,
si silencieux à mon oreille.
La ville est si grande et si grise
et tous, oui, tous veulent y aller,
et mon amour, que vais-je faire ?

U
n bruit ? Est-ce le clocher sur la colline ?

Ainsi je vagabonde encor dans la paix de la forêt
en pleins minuits.
Je sais l’endroit qu’un merisier parfume
où j’étends ma tête dans la bruyère
où je m’endors dans la forêt sauvage.

Un bruit. C’est le clocher sur la colline.

mercredi 25 novembre 2020

Pierre Pascal (1909-1990), Le Tombeau de Yukio Mishima.


"Ce n'est pas la Vérité qui fait la grandeur de l'homme, c'est l'homme qui fait la grandeur de la Vérité."

Confucius.


Je t'ai appelé,
Dieu vengeur des exilés:
tu m'as consolé !

Oh! plus rouge encore
que le soleil, ton feu, Mort,
mon havre et bon port.

De ta seule tête
armé, quand règne la Bête,
tranche-la et jette
en défi suprême. D'autres
crieront : "Sa Mort soit la nôtre!".

Du Nord ne te volte !
Sème à tous vents ta Révolte :
viendra la récolte.

Sans peur, sans remords,
quand vivre ne vaut plus, sors
de moi, âme, et mords !

          
三島 由紀夫

Mourir, je le veux :
pour frapper, flèche de feu,
la porte de Dieu.

Quand sabres et lances
n'ont plus de bras, qui devance
le Temps? - L'Espérance !

Si je meurs de toi,
abominable Espérance,
si je meurs pour toi,
impitoyable Espérance,
maintenant va : venge-moi !

Je n'ai plus que toi,
Mort ! pour t'imposer mon droit :
ton vainqueur, c'est moi !

O fleur écarlate !
meurs donc, pour que l'aromate
du fruit mûr éclate !

          三島 由紀夫

O ma délivrance !
Oui ! je meurs de ma naissance,
non de toi, silence!

J'étais seul! Je suis
toutes les voix de la nuit,
et la Peur me suit.

L
'odeur de mon sang
va réveiller le Dragon!
Dans l'horreur du Temps,
l'oubli peut fouir mon nom,
mais point l'Esprit rugissant!

D
u bain de mon sang
m'enivre un parfum d'encens :
mes morts ! tous présents.

M
orts à millions,
mon choix vous dit : "Délions
la faim des lions!"

mardi 24 novembre 2020

Baron Börries von Münchhausen (1874-1945), Ce Que Nous Sommes!

N
és pour le casque et le bouclier,
Pour être la sécurité du Pays,
Pour être Officiers du Roi,
Fidèles à nos anciennes coutumes
Au milieu de nos paysans :
Voilà ce que nous sommes !
  
Nous cultivons nos terres,
Nous préservons nos forêts
Pour nos enfants et nos petits-enfants.
Moquez-vous bien des ancêtres !
Ils sont les gardiens des seuls Biens
Que l'argent ne peut vous acquérir.
  
Au milieu des combinaisons et des marchandages
Nous restons debout, tête haute,
En chevaliers incorruptibles.
Par notre tranquille puissance
Nous garderons à notre Sol ce qu'il a de plus précieux:
La Force Paysanne Allemande !

mercredi 9 septembre 2020

Robert Brasillach (1909-1945), "Mon pays me fait mal", extrait des "Poèmes de Fresnes" - 18 novembre 1944

Mon pays m’a fait mal par ses routes trop pleines,
Par ses enfants jetés sous les aigles de sang,
Par ses soldats tirant dans les déroutes vaines,
Et par le ciel de juin sous le soleil brûlant.

Mon pays m’a fait mal sous les sombres années,
Par les serments jurés que l’on ne tenait pas,
Par son harassement et par sa destinée,
Et par les lourds fardeaux qui pesaient sur ses pas.

Mon pays m’a fait mal par tous ses doubles jeux,
Par l’océan ouvert aux noirs vaisseaux chargés,
Par ses marins tombés pour apaiser les dieux,
Par ses liens tranchés d’un ciseau trop léger.

Mon pays m’a fait mal par tous ses exilés,
Par ses cachots trop pleins, par ses enfants perdus,
Ses prisonniers parqués entre les barbelés,
Et tous ceux qui sont loin et qu’on ne connaît plus.

Mon pays m’a fait mal par ses villes en flammes,
Mal sous ses ennemis et mal sous ses alliés,
Mon pays m’a fait mal dans son corps et son âme,
Sous les carcans de fer dont il était lié.

Mon pays m’a fait mal par toute sa jeunesse
Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,
Perdant son jeune sang pour tenir les promesses
Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants,

Mon pays m’a fait mal par ses fosses creusées
Par ses fusils levés à l’épaule des frères,
Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
Le prix des reniements au plus juste salaire.

Mon pays m’a fait mal par ses fables d’esclave,
Par ses bourreaux d’hier et par ceux d’aujourd’hui,
Mon pays m’a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal. Quand sera-t-il guéri ?

jeudi 3 septembre 2020

Ludwig Uhland (1787-1862), Retour (Heimkehr).

O brich nicht, Steg, du zitterst sehr! 
O stürz' nicht, Fels, du dräuest schwer! 
Welt, geh' nicht unter, Himmel, fall' nicht ein, 
Eh ich mag bei der Liebsten sein!

                                ᛟᛟᛟᛟᛟ

Ô passerelle, ne romps pas, tu trembles fort.
Ô rocher menaçant et lourd, ne tombe pas,
Ô monde, reste là, ciel, ne t'effondre pas,
Attends que je sois près de la fille que j'aime.

mercredi 2 septembre 2020

SS-Standarte Kurt Eggers (1905-1943), Terres Promises (extrait de "Der Schwarze Dämon")

Aussi longtemps qu'un peuple
engendre des guerriers,
sa justice est fondée;
aussi longtemps qu'un peuple
ne renie pas le combat,
il ne dégénère pas.

Mais quand un peuple

rêve de paradis,
gare la détresse !
et quand un peuple
brise son épée,
il appelle la mort.


mardi 1 septembre 2020

Hermann Burte (1879-1960), L' Épreuve Décisive (extrait de "Anker am Rhein").

Ce serait bien le pire,
d'être enterré vivant !
Aussi, près de ma bière,
qu'un enfant, à voix claire,
crie : Allemagne! - Alors,
si pas de réponse, si rien
     ne surgit d'entre les planches :
     allez-y carrément, vous enterrez un mort.

lundi 31 août 2020

Baldur von Schirach (1907-1974), Vous Etiez à vos Jeux Encore... (extrait de "Die Fahne der Verfolgten")

Vous étiez à vos jeux encore que, sous les armes,
nous suivions celui-là qui porte le drapeau;
vous étiez à rêver que déjà nous vivions
en plein feu, tout entiers transportés de sublime.

Éveillés maintenant, vous voici, pauvres fous,
bouche ouverte, jaloux de nos lauriers conquis.
Vous oubliez la lutte, et qu'il y fallut perdre
le farouche, le saint trésor de notre enfance...

lundi 21 décembre 2015

Il est Mort le Poète...


Parmi tous les hommages rendus à la mémoire de Léon Degrelle à l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition, il en est un qui est particulièrement touchant par sa justesse et son originalité. Car il se focalise sur ce que le Chef considérait certainement comme essentiel dans l’existence, la beauté.
La beauté qui s’incarnait pour lui dans la puissance du verbe, le choix du mot, la poésie de l’expression pour exprimer l’élévation de la pensée, l’idéal qui doit guider nos destins.
Il est l’œuvre de Jean-Pierre Hamblenne qui publie depuis de nombreuses années la remarquable revue de poésie et tradition Altaïr.
Nous la reprenons de la 20e Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle.



Quand il est mort, le poète, les journaux n’ont rien dit.
Et les lecteurs n’ont pas su qu’il était né à Bouillon en 1906, en pleine forêt ardennaise, aux confins des Ardennes belges et françaises.
Ils n’ont pas dit que sa première plaquette s’intitulait Mon Pays me fait mal et que ce titre avait inspiré à Robert Brasillach l’un de ses textes les plus célèbres.
Ils n’ont pas fait remarquer que son second recueil, Les Tristesses d’hier, était devenu introuvable.
Que la plus grande bibliothèque de Belgique, l’Albertine, en possédait un exemplaire, mais qu’elle le déclarait « en cours de restauration » depuis… dix-sept ans !
Ils n’ont pas parlé de ses recueils en prose Révolution des Âmes et Les Âmes qui brûlent, qui chantent la patrie, la beauté, la grandeur, l’héroïsme, le courage et l’honneur.
Ils n’ont pas dit que c’était encore et toujours l’Ardenne, avec ses forêts immenses et ses paysages grandioses, qui avait inspiré La Chanson Ardennaise et L’Ombre des Soirs.
Ils n’ont pas cité le titre de son dernier recueil Je te salue, ô belle mort. Et les lecteurs ont ignoré que ces textes s’inspiraient de la mystique de Sainte Thérèse d’Avila.
Quand il est mort, le poète, les journaux n’ont rien dit.
Et les lecteurs n’ont pas su que les lettres belges venaient de perdre l’un de leurs plus grands poètes.
Et que ce poète s’appelait :
LÉON DEGRELLE !


Imprégnant son œuvre poétique des paysages, des caractères et des senteurs de sa terre natale, Léon Degrelle voulait reposer en forêt ardennaise, en ce lieu emblématique de Bouillon : une partie de ses cendres sont désormais enfouies au cœur du « Tombeau du Géant ».


Jean-Pierre Hamblenne
Altaïr – BP 19, 1420 Braine-l’Alleud
Cercle des Amis de Léon Degrelle – BP 92733, F-21027 Dijon Cedex