vendredi 8 juillet 2016

Léon Degrelle et le nationalisme flamand.


I. Les Flamingants.

Pour les nationalistes flamands, l’affaire est
entendue : Léon Degrelle n’est qu’un « Wallon unilingue, […] en réalité toujours resté insensible aux problèmes flamands » (Encyclopedie van de Vlaamse Beweging, Lannoo, 1973). Comme cette antienne est régulièrement reprise aujourd’hui encore par la presse nationaliste flamande (voir le blog « Dernier Carré – Léon Degrelle » sur http://lederniercarre.hautetfort à la date du 10 juin 2016), nous donnerons ici toutes les pièces du dossier permettant de suivre l’évolution de la pensée de Léon Degrelle face à la question flamande.

Car il est vrai que, dès son adolescence, son patriotisme afficha un inconditionnel attachement à tous les symboles de la Belgique, n’hésitant pas à faire le coup de poing contre les flamingants qui les conspuaient à l’université. C’est ainsi qu’il rend compte, dans L’Avant-Garde du 24 novembre 1927 des incidents ayant émaillé un meeting patriotique organisé par la Fédération Belge des Etudiants Catholiques et perturbé par « la canaille moscoutaire […] envoyée par les salonnards rouges de Bruxelles ». Et Léon Degrelle d’observer que « le malheur est que des flamingants ont eu le triste courage de se mêler à ces individus nauséabonds : cette alliance ne leur fait pas honneur », avant de conclure : « Qu'importent, après tout, les coups les insultes, les blessures, puisque le but principal fut atteint: montrer que la jeunesse catholique universitaire veut servir la Patrie envers et contre tous. Et qu'elle est prête à tous les sacrifices que peut réclamer la défense du Pays qu'elle aime et qu'elle veut libre, puissant et fier ! »


C
e patriotisme intransigeant saura rapidement se nuancer de l’indispensable respect des aspirations culturelles et politiques des Flamands que Léon Degrelle ne manqua pas de fréquenter et de vouloir comprendre. C’est ainsi qu’en 1929, toujours étudiant, il publia, aux éditions de sa revue louvaniste, "Les Flamingants" qui, malgré la conviction réaffirmée que la question linguistique pouvait et devait se résoudre dans le cadre d’une Belgique unie, résonna déjà comme un coup de tonnerre dans le ciel politique belgicain.



La recherche honnête d’une véritable solution à la question flamande s’est également manifestée par la publication dans L’Avant-Garde de la Confession d’un Flamingant, par un jeune Flamand, étudiant en droit… Alfons Vranckx !

Alfons Vranckx (1907-1979) connaîtra son heure de gloire après la guerre en tant que ministre de l’Intérieur, ministre de la Justice et ministre d’Etat. Car ce « flamingant » allait rapidement virer sa cuti nationaliste pour aller brouter une herbe autrement roborative, celle du parti socialiste. Sa figure de proue, à l’époque, était certes Henri De Man, le théoricien prophétique du Plan du Travail
mais Vranckx, député depuis 1936, nommé bourgmestre de sa commune de la banlieue louvaniste après la capitulation de 1940, eut le sage opportunisme de ne pas trop manifester alors de soutien à son chef de file qui avait osé constater : « Pour les classes laborieuses et pour le socialisme, cet effondrement d’un monde décrépit, loin d’être un désastre, est une délivrance »…

Rien à voir avec l’évolution du sentiment national de Léon Degrelle, qui le poussa, en pleine ascension victorieuse de Rex, à signer, le 5 octobre 1936, un premier et historique accord politique avec les nationalistes flamands du Vlaams Nationaal Verbond (VNV), puis, le 10 mai 1941, à signer un nouvel accord, toujours avec le VNV, afin d’organiser le pays en temps de guerre.

Ces accords –visionnaires puisqu’ils préfiguraient, en mieux, l’organisation fédérale de la Belgique des années 70, cadenassée par des « lois linguistiques » exacerbant les rancœurs– eussent pu empêcher la lente déliquescence de l’Etat belge, en ce qu’ils ne réduisaient pas le nationalisme à sa seule dimension linguistique, mais l’appuyaient sur l’histoire commune des populations thioises et romanes, héritières des Dix-Sept Provinces que Joris Van Severen rêva de ressusciter en Dietschland et que, sous le nom de Bourgogne, Léon Degrelle parvint à faire admettre au sein du Troisième Reich.


***

Les Flamingants.



A la mémoire d’Yves De Haene, étudiant de notre université catholique, abattu, à coups de matraque, en pleine ville de Louvain, décédé à la suite de ses blessures le 30 novembre 1927. Innocente victimes de nos luttes fratricides.
- Léon Degrelle


Lettre-préface de Mgr. Picard

Mon cher ami,

Vous avez bien raison, en écrivant votre dissertation sur la question flamande, de craindre les critiques et les invectives. Je les ai vues, en vous lisant, venir de toutes parts, comme une grêle de traits.

Et ce sera la preuve, une fois de plus, que la question flamande n'est pas abordée généralement avec la sérénité et l'impartialité qu’il conviendrait d'y apporter. Car enfin, vous ne proposez pas de solutions précises et concrètes. Vous avez parfaitement compris que ces solutions doivent s'appuyer sur une documentation très riche et sur une étude approfondie, que vous n'avez pas la prétention d'inscrire déjà à votre actif.

Vous vous êtes contenté de décrire, et avec quelle chaleur communicative, l'esprit dans lequel nous devrions tous, Flamands et Wallons, étudier, discuter et enfin trancher les problèmes dont la solution est devenue plus difficile à mesure qu'on l'esquivait et la renvoyait aux calendes... néerlandaises.

Si vous réussissez, comme je le souhaite et comme je l'espère, à orienter vers ces problèmes, avec la sympathie et la générosité que respire votre étude, quelques jeunes esprits de Flandre et de Wallonie, vous aurez bien servi les intérêts supérieurs du pays et pourrez vous tenir largement dédommagé des avanies auxquelles vous vous exposez et que, peut-être, je risque de partager pour vous avoir écrit ces lignes d'amitié et de sincérité.

Louis PICARD.




Ma main tremble bien un peu en inscrivant ce titre...

C'est une de ces questions qu'on peut traiter avec autant de bonne volonté et d'objectivité que l'on veut: infailliblement on se fait houspiller par les uns et par les autres ! Je sais ce que je risque en abordant ce problème en public. Cela me vaudra sans doute des antipathies. Je m'en console... Quel réconfort peut donner l'affection basée sur l'hypocrisie et sur la couardise... ? Je préfère les amitiés et les inimitiés du combat.

Et surtout je me dis que le silence aggrave chaque jour le malentendu et le mal.

Il en est de la question flamande comme de la question ouvrière. La mèche est tout près de la bombe, elle fume déjà: nous ne faisons rien pour la couper ou pour décider celui qui la tient à l'éteindre...

Le socialisme a failli nous faire sauter: allons-nous risquer une fois de plus l'aventure ?

De notre côté comme du côté flamand, on ne se connaît pas: si nous lancions dans le fossé qui nous sépare tous les préjugés que nous portons, le terrain serait bien plus vite aplani que ne le croient certains pessimistes.

Un mouvement profond fait battre à grands coups le cœur d'une race.

Un peuple sort d'un long sommeil et se dresse, rajeuni, sur le sol qu'il vénère.

Il crée, avec sa foi et avec sa fierté, un visage nouveau à Nele, la Mère Flandre.

Il lui donne un cœur et un esprit pour admirer les incomparables chefs-d'œuvre que la plume, le pinceau, la truelle et le burin ont fait jaillir sur le sol des aïeux, pour aimer chaque coin du pays où saigna l'orgueil de la race, dans les combats pour la liberté !

T
erre où la richesse s'en va mais renaît sans cesse, d'Ostende à Anvers, d'Anvers à la Campine, tu ne pouvais croupir dans l'indolence des impuissants et des timides...


Les exclamations de tes jours victorieux, les soupirs des soirs de tristesse et de carnage, devaient réveiller tes enfants: les voilà qui se lèvent aujourd'hui, beaux et féroces, tellement ardents qu'à certains jours ils confondent l'intolérance et la fierté et effraient ceux qui les regardent par les prétentions et les excès que leur dicte ce jeune amour.

Il en est pour nier l'importance de ce renouveau.

Ils parlent de Gand... Ils parlent du peuple... Qu'ils viennent, ceux-là, faire un tour à Louvain : ils verront qu'une fameuse armée d'étudiants portent le large béret roux. Demain ces centaines d'universitaires, formant un faisceau ordonné à côté de la masse amorphe, seront autant de chefs répandus à travers la Flandre.

Ces jeunes gens, on ignore tout, ou à peu près, de leurs convictions.

Jadis le flamingant était un type qui cognait et que l'on cognait. Maintenant le bâton a perdu sa primauté et l'étudiant à « flatte » passe pour un doctrinaire entêté qui méprise sa Patrie et qui a des traîtres pour héros.

Il y a sans doute quelque chose de vrai dans cette accusation simpliste. Mais voir dans le flamingantisme un mouvement uniquement politique est une erreur grossière. Il s'agit, avant tout, de la langue, des mœurs, de la civilisation d'une race qui a dû frapper avec énergie sur la table parce que nos politiciens se collaient des matelas sur les oreilles et refusaient d'entendre les revendications, justes et modérées, du début.




C'est assez bien, dans son principe, un régionalisme à la Mistral ou à la Barrès.

Etre fier de sa maison natale, aimer les champs qui voisinent la route où passe une charrette lourde sous la protection de grands peupliers, l'étang où les canards glissent entre les roseaux aigus et le miroitement du ciel...

On s'attache au parler, aux habitants, à leurs habitudes, à leurs morts... L'horizon s'agrandit et s'élève; c'est bientôt toute une culture qu'on veut servir, une histoire dont on veut être digne, c'est tout un passé et tout un avenir.

Le peuple flamand, voici quelques dizaines d'années, vivait dans une sorte de torpeur morale et spirituelle; les énormes racines n'amenaient plus le suc des siècles et des génies. Un jour est venu où quelques intellectuels, des poètes et des hommes jeunes, se sont rendu compte de cet engourdissement et sont grimpés sur la cime des arbres pour sonner le réveil dans les plaines et dans les cœurs !

Qu'y avait-il en cela de répréhensible ? C'est ce sens, cette compréhension du Terroir qui fait la noblesse d’un peuple. Pour nous, Wallons passionnés, il est très doux d'apprendre que sur cette partie du territoire à laquelle nous tenons tous, non par le sang ou par la langue, mais par le cœur, par des souffrances communes et par des nécessités inéluctables, fleurit une très belle Renaissance.

Après avoir contemplé ce spectacle, au lieu de récriminer comme font certains des nôtres, jetons les yeux plutôt vers nos fleuves, nos rivières, nos clochers et demandons-nous: aimons-nous assez notre Wallonie et l'aimons-nous bien ?

N
ous osons à peine prononcer ce mot.

Seuls des philologues grotesques et des archéologues plus vieux que leurs dalles funéraires, leurs quinquets, leurs peignes, leurs ossements d'aurochs et leurs poignards en corne, s'occupent parfois du pays natal.

P
ourquoi, Liégeois, Namurois et Borains, gens des Fagnes humides, des terres grasses du Condroz ou des landes moroses d'Ardenne, pourquoi gardez- vous ce silence humiliant et vain ?

Avez-vous oublié vos martyrs, vos héros, vos artistes, vos grands hommes ?

L
a terre que vous foulez n'est-elle pas la vôtre et pourquoi donc n'en seriez- vous pas fiers ?

O
ù sont les souvenirs fameux ? Qui nous rappellera la vaillance et l'opulence de nos villes, depuis des siècles, les sièges subis, les coups donnés pour la défense du pays et de la Foi par nos glorieuses bandes wallonnes, nos industries si pittoresques et parfois si pénibles, la dinanderie sur la Meuse, les forges en Gaume, les porcelaines du Tournaisis, la boissellerie liégeoise, les ardoisières en Ardenne, les charbonnages du Pays noir... ?

Qui chantera l'élan de nos clochers perdus dans les campagnes, les mots savoureux et neufs de nos patois locaux, nos fleuves légers, pimpants, lumineux, faisant glisser le long des berges toute la douceur et la mesure de l'âme latine… ?

***
Rien ne bouge... Pas le moindre bruit dans nos vallées... Tout dort.

N
ous portons bien, nous, les gars du Luxembourg, le sanglier à notre toque; les nôtres ont un respect et un amour mystiques de leurs forêts et de leurs montagnes: mais c'est tout.

Pas d'ardeur chez nos intellectuels. Des peintres, des poètes, des sculpteurs, des musiciens, il y en a dans toutes nos villes et nos bourgades mais nul ne sonne le rassemblement. Le Coq de Wallonie est-il donc empaillé ? A quand son cri victorieux et fier dans une aube nouvelle ?...

R
enaissance ne veut pas dire uniquement retour aux vieilles choses.

Il faut se rattacher au passé mais non point se mettre dans sa peau tannée. Ranimer une race ne signifie pas réintégrer les vieux bahuts, les lampes à pétrole, les plats de cuivre ou d'étain et les in-folio poussiéreux. Ce qu'il faut c'est produire à son tour de l'utile et du beau avec les instruments propres au temps où l'on vit.

Le cas flamand est instructif ce sujet.

Au point de vue industriel et commercial, il s'agit maintenant d'avoir des organismes complets, rapides, hardis, puissants, disposant de millions, d'édifices, de machines, de chefs. C'est ce que savaient les Flamands en lançant le Boerenbond, association gigantesque, magnifiquement réglé malgré la multiplicité de ses rouages; c'est un bloc; il est maître en sa terre; le paysan flamand peut, grâce à lui, cultiver en paix: il aura sécurité, respect, débouchés et richesse.

Même tactique à propos des Lettres et des Arts.

Admirer les Maîtres Anciens, c'est bien mais cela fatigue. Les imiter, c'est sans mérite: c'est du mécanisme et non de l'art. L'art c'est la création. Pour marquer une époque, il faut du beau qui soit du nouveau.

L
es Flamands serrent dans leurs poings solides le drapeau de l'Art moderne, simple, sobre, préférant la ligne aux fioritures, le symbole aux photographies, premier stade d'une grande époque classique en fermentation.

Au théâtre, leur Vlaamsch Volks-tooneel, troupe admirable, la meilleure du monde affirme-t-on, est d'une audace qui même parfois déconcerte. Mais au moins ces gens-là vous transportent ! C'en est fini, après les avoir vus, des vieux procédés désuets, sans spontanéité ni sincérité, du théâtre de nos pères.

I
l reste un terrain où notre siècle a changé bien des choses: c'est la politique.

Les Flamingants n’ont point manqué de lancer leur Lion sur elle.

Ils le devaient bien d'ailleurs puisqu'en nos temps de suffrage universel, c'est à la propagande à travers le pays qu'il faut avoir recours si l’on veut imposer son programme et faire respecter ses droits.

Cela nous montre une fois de plus la nuisance de notre régime de démocratie politique où tout résultat réclame, au préalable, une agitation générale et prolongée. Un Roi fort eût pu résoudre la question flamande sans exciter les passions populaires: cela n'est plus possible à notre époque où chacun prétend s'installer à l'œil de bœuf du Palais de la Nation.

Aussi les diverses lois arrachées par les Flamands furent-elles précédées et suivies de polémiques, de disputes et de batailles au cours desquelles un tas d'ignorants jouaient du museau et du poing sans savoir bien exactement pourquoi. Il était très amusant de se promener en Luxembourg après le débat Gand-flamand; le boucher, le cordonnier, le maréchal-ferrant, le bedeau et leurs épouses respectives geignaient intarissablement à propos de la fameuse loi; il n'y avait qu'un moyen pour couper court à la discussion: leur demander de quoi il s'agissait !

Maintenant encore on considère trop les Flamands comme une peuplade sauvage et sans intérêt, parlant un charabia qui ne mérite aucune attention.

L
eur langue ne vaut pas comme portée, comme influence, le français, soit, mais elle est cependant un bel instrument littéraire et peut traduire les émotions graves beaucoup mieux que les langues légères du midi. D'ailleurs nous sommes citoyens belges et non citoyens du monde. Pour quatre millions d'habitants le flamand est, en Belgique, la langue véhiculaire; par conséquent, il s'impose chez nous. Ce qui n'est pas permis aux Provençaux, contingent minime du peuple français, l'est à nos concitoyens du Nord qui constituent plus de la moitié de notre population.

Les Flamands peuvent donc employer leur parler et le réclamer dans leurs rapports avec l'Etat.

Ils ont le droit de savoir pour quel motif un juge les poursuit ou les condamne, sans devoir recourir à un interprète. Allant en Flandre, nous exigeons des fonctionnaires qu'ils sachent le français: pourquoi l'indigène des Polders ou de la Campine ne pourrait-il pas obtenir au Namurois ou au Luxembourg quelques mots en sa langue maternelle ? Est-ce si difficile ? On a proclamé à la tribune du Parlement qu'il est impossible à un jeune wallon de s'assimiler la langue flamande ! Vraiment ! Nos politiciens s'y entendent pour décocher à leurs électeurs des brevets de stérilité cérébrale !

Nos aïeux étaient moins paresseux à la peine. Mon cher ami Fasbender me disait que jadis les échevins de Liège écrivaient à leurs collègues gantois en vieux flamand (thiois) et que ceux-ci leur répondaient en français: voilà qui est charmant ! Sachons imiter la courtoisie et la bienveillance de nos pères.

C
ependant tous les Flamands sincères doivent reconnaître que, parmi leurs concitoyens de langue française, il en est un bon nombre qui, ayant saisi le bien-fondé de ces revendications, essayent, très sérieusement et sans rancœur, de contenter ceux qui les formulent.

D'abord ils ont voté une série de lois qui leur donnent gain de cause sur bien des chapitres, notamment aux points de vue judiciaire, administratif et instruction publique: Gand-flamand ne parvint à triompher que grâce aux voix de députés wallons !

En outre, que n'a-t-on pas fait, en dehors des limites légales, pour satisfaire leurs désirs ? A Louvain notamment où la plupart des cours ont été dédoublés, malgré les énormes dépenses que réclamaient ces améliorations.

Cependant les flamingants bougonnent, fulminent contre les autorités universitaires ! Ils ne peuvent tout de même pas exiger la révolution du jour au lendemain. On va le plus vite possible, mais il faut de l'argent (et ils font tout pour arrêter les dons), des bâtiments, des professeurs et... des élèves.

En criant trop fort ils commettent des injustices.

Ils bousculent des gens pleins de bonne volonté.

Ils mécontentent ceux qui leur étaient sympathiques.

Ce sont leurs excès –et nulle autre cause– qui provoquent l'hostilité pénible qu'ils rencontrent parfois à présent.

Considérez un peu, mes chers amis flamands, la situation d'avant-guerre et celle de ce jour: n'est-elle pas pour vous beaucoup meilleure ? n'a-t-on pas fait chez nous des efforts très sincères ?.... même ne sommes-nous pas, à cette heure privés souvent, à votre profit, de bienfaits qui nous revenaient justement ?…

Alors pourquoi faire la grosse voix et toujours vous fâcher ?

A celui qui mettrait en doute l'affirmation que j'avançais au début de ce travail, à savoir que la politique n'est pas la raison supérieure du mouvement flamingant, je répondrai en établissant sous quelles formes se manifeste leur irritation.

Si, sur le terrain culturel, ils sont tous d'accord, une fois sur le terrain politique, c'est une série de propositions contradictoires: or, c'est le but commun qui fait toute unité.

La plupart se désintéressent de la Belgique; une espèce de mysticisme romantique tient place en eux d'amour de la Patrie: Borms, personnalité assez floue, qui, une fois libéré, perdra bien vite son auréole, est à belle place dans leur affection.

Chose assez bizarre, cet homme est défendu par l'unanimité des étudiants flamingants.

Il est, disent-ils, plein d'idéal et de courage; une seule concession de sa part lui vaudrait la liberté et le retour auprès de son vieux père, de sa femme et de ses enfants; malgré cela, il tient bon, martyr de son dévouement à la Flandre.

Il y a dans ce stoïcisme de quoi attendrir. Mais si au foyer de Borms, on se désole, si les années d'emprisonnement pèsent lourdement sur les épaules du forçat, n'oublions pas que d'abord il ne l'a pas volé, ensuite que bien des mères –des mères flamandes autant que des mères wallonnes– pleurent elles aussi, pleurent les enfants ou l'époux tombés sous les balles de ceux que Borms encourageait par son défaitisme. Sans lui, la lassitude allemande fût venue plus tôt et il est des tombes qui ne jalonneraient-pas la triste rivière de Flandre...

Des flamingants plus décidés veulent la séparation.

Les uns se contenteraient d'une séparation administrative.

Que pourrait bien gagner la Flandre à ce régime ? La culture wallonne n'y perdrait rien, car la langue française s'imposera toujours à tout homme cultivé du continent. Par contre, la culture flamande perdrait bien vite toute influence en Wallonie où fonctionnaires, commerçants, hôteliers et surtout intellectuels se sont mis à étudier, sans grand enthousiasme, il est vrai, le néerlandais.

D'autres, pour n'avoir que des Flamands chez eux, préfèrent la séparation tout court.

Ceux-là restent vraiment les fils des hommes de Gand, de Bruges, de Furnes, de tous ces communiers libertaires et intraitables qui ont payé bien cher toutes leurs tentatives d'émiettement.

Nous sommes entourés de voisins aux aguets ! Tous nous convoitent, au Sud comme au Nord ! Nous sommes peu nombreux pour défendre la porte d'entrée... et ils voudraient la dédoubler !

Voyez-vous la prochaine guerre où nous opposerions deux armées, l'une flamande, l'autre wallonne, sans communauté nationale et sans lien ? Nul ne voudrait marcher avant l'autre, défendre une part qui n'est pas la sienne: on les croquerait séparément en un clin d’œil.

Cette passion de la division fit la ruine de la Grèce; la Flandre lui doit ses plus cruels désastres; veut-elle les rééditer demain en se privant volontairement de l'appui de millions d'hommes qui ont à son égard une sympathie fraternelle, avec la perspective d'un morcellement progressif qu'amèneraient inévitablement les éternelles divisions entre villes flamandes ?…

***

S
i un certain fédéralisme est possible et même désirable chez nous, ne nous laissons pas cependant aveugler par l'exemple de la Suisse: là il y a une multiplicité de cantons qui, sur le terrain économique, ne dépendent pas intimement les uns des autres; ici nos deux contrées, pourvues déjà d'institutions fort décentralisées, provinciales et communales, sont étroitement solidaires; au point de vue intérieur, nous sommes faits les uns pour les autres; les mêmes fleuves descendent à travers nos terres; le commerce wallon et l'industrie wallonne enrichissent la Flandre qui leur fournit un débouché rapide; oublie-t-on que 55% du commerce d'Anvers est wallon ? Un formidable réseau de routes, de canaux, de chemins de fer nous ficelle les uns aux autres : ce sont les artères du corps-Belgique. Un budget commun et une administration commune sont nécessaires pour régler l'organisation de ce trafic et réaliser les grands travaux utiles aux premiers comme aux seconds.

Quel flamingant voudrait amoindrir sa terre natale ? Il le ferait en la privant des ressources de Wallonie...

A quoi servent les grands bâtiments de la ferme s'il n'est plus de froment ni de foin à engranger ?

La dernière solution c'est... le rattachement à la Hollande.

F
landre et Hollande participent à une même communauté linguistique et intellectuelle, c'est entendu. Mais où serions-nous si tous ceux qui se ressemblent devaient s'assembler ! La carte du monde subirait un monumental chambardement.

Nous autres, Wallons, nous jouissons bien de la splendeur de la civilisation française; ce fruit merveilleux, mûri par des siècles de labeur et de gloire, nous le portons à nos dents chaque jour; il nourrit en nous ce qu'il y a de plus humain. Est-ce à dire que nous envisageons une union politique avec la France ? Pas le moins du monde ! Nous aimons sa civilisation mais nous redoutons sa politique. Nous savons participer à sa culture sans, pour cela, devoir nous plier sous son joug.

La Flandre peut parfaitement faire de même; c'est tout à son avantage; chez nous, elle tranche par son originalité et sa majesté; en Hollande elle serait une simple molécule jouissant d'une considération bien moindre qu'en Belgique: le même sort nous échoirait si nous devenions province française.

D'ailleurs pourquoi de tels projets ?

A
supposer que la Hollande s'y prête –et elle n'y paraît pas le moins disposée– jamais l'Europe ne tolérerait pareil changement. L'Angleterre redouterait l'accroissement de la puissance maritime hollandaise; France comme Allemagne craindraient de voir ce gros bloc s'allier un jour à leur ennemi; la paix de l'Occident en serait compromise.

Il est une autre raison qui, à elle seule, doit suffire pour écarter cette idée de l'esprit de tout catholique flamand: c'est le problème religieux.

L
e fait que certains flamingants n'y prennent point garde est typique et montre bien que chez eux la Foi n'a plus la place qui lui revient.

Ce peuple profondément croyant, fasciné qu'il est par un amour, juste en son principe, de sa terre et de sa civilisation, en viendrait-il à concevoir pour elles une forme politique où la religion serait amoindrie ? Car il est incontestable qu'en régime hollandais, pétri de protestantisme, la foi flamande perdrait –brusquement ou insensiblement– cet éclat qui aujourd'hui émeut nos cœurs de chrétiens. Les Hollandais seraient les premiers à refuser l'union si leurs croyances pouvaient s'affaiblir au contact du peuple flamand.

L
e point de vue culturel et politique domine chez nos pan-néerlandais le point de vue religieux. On se préoccupe exclusivement du premier, sans souci du second. On fait de grands congrès avec des incroyants hollandais mais on refuse d'assister à nos assemblées religieuses. Cet excès de nationalisme rejoint la ligne de L'Action française et de Mussolini: s'il persévère, il subira tôt ou tard les foudres pontificales.

Allons donc, amis flamands, souvenez-vous que vos frères wallons sont des catholiques romains et que le Christ est honoré sur leurs montagnes. Souvenez- vous que jadis, en des jours sombres où les Hollandais, à qui vous tendez les bras, voulaient écraser les croyances de la Mère Flandre, ce sont les fils de Wallonie qui vous ont conservé, au prix de leur sang et des larmes de leurs mères, la foi simple et vivace de vos aïeux.

La base catholique est éternelle: elle doit compter avant toute autre chose pour un peuple croyant comme le vôtre.

J
e plains les Flamands si la politique, hier leur servante, devient tout-à-coup leur maîtresse.

I
ls en oublieront leur idéal. Ils seront le jouet de politiciens plus au moins reluisants et Nele sera reléguée à la cuisine.

L
es meneurs, pour le plaisir de semer la discorde et la haine, de se hisser sur un pavois, leur feront déserter les régions sereines où ils travaillaient à faire mieux comprendre, mieux respecter et mieux aimer leur terre, leur race et leur culture.

Et l'inévitable répression confondra les meneurs sans scrupules et le bel idéal primitif des bons Flamands.

Qu'à l'occasion, ils fassent prévaloir leurs volontés dans nos assemblées nationales, c'est très bien. La situation est loin d'être parfaite; qu'ils proposent des modifications: si elles sont heureuses, on se fera chez nous un devoir de les soutenir.

Mais qu'ils cessent donc de voir partout des ennemis alors que tous les Belges éclairés leur veulent seulement du bien. Qu'ils mettent fin au flot d'injures qu'ils déversent à chaque instant sur leur Patrie. Seule la communauté belge peut leur assurer la richesse, la paix et le libre développement de leur civilisation. Et puis, il est tant de souvenirs pour les attacher à cette Patrie: depuis des siècles, depuis César, Belges du Nord et Belges du Sud ont mêlé leur sang pour défendre la liberté de leur terre et de leurs consciences; nos deux races, à travers les discordes, les guerres, les révolutions, les malheurs et les ruines, se sont toujours retrouvées pour rebâtir les cités et les défendre.

Peut-on renier ses aïeux, mépriser ainsi tout un passé de peine et de travail ? Non n'est-ce pas, mes chers amis flamands.

V
os aînés du Boerenbond n'ont jamais eu l'idée de le faire: ils s'intitulent, non Vlaamsche Boerenbond, ni Nederlandsche Boerenbond mais Belgische Boerenbond et, au début de leurs assises, retentit la Brabançonne...

N
ous n'avons pas la même langue et la même culture que vous... Qu'est-ce à dire ? Devez-vous les boycotter et en effacer toute trace de Flandre ?

U
n homme élevé, qui a de l'idéal dans les yeux, ne méprise et ne repousse jamais ce qui est beau. Au contraire, il fait tout pour s'en approcher. Le Flamand, jusqu'à présent, ne manquait pas de prendre chez nous le meilleur de notre mentalité: l'en empêcher serait un crime contre l'esprit.

La Hollande se défend bien d'un tel exclusivisme. La langue et la civilisation françaises y jouissent d'une diffusion remarquable. Au lieu de s'opposer à l'esprit qui souffle de France, on se fait un honneur en Hollande de connaître la littérature française, même les auteurs les plus modernes.

P
ourquoi vouloir à tout prix tuer, à l'école et à l'Université, tout vestige de l'influence intellectuelle de Paris alors que tant de Flamands désirent ne point arrêter leur appétit intellectuel à leur frontière linguistique... Cela n'a jamais fait de tort à personne d'être au courant de la langue et des mœurs de ses voisins. L'homme doit saisir le vrai, le bien, le beau, partout: son âme est une antenne de T. S. F. dont la raison est de capter les ondes de l'univers.

L
a question des langues est ainsi le seul point qui nous sépare, à côté de tant de choses qui nous rapprochent ou qui devraient nous rapprocher. Et même, nous séparer, c'est trop dire. Les foyers les plus unis sont ceux où les tempéraments diffèrent: cela leur permet de doubler leurs chances de bonheur.

Au confluent de deux civilisations, nous avons le privilège de pouvoir jouir de l'une et de l’autre. Pourquoi donc ne pas nous accouder gentiment à ce festin que tous les peuples du monde nous envient ?

Gardons notre personnalité. Sans chercher à réaliser un mélange culturel impossible, genre marécage bruxellois, vivons côte à côte, en nous passant, le sourire aux lèvres, tous nos plats régionaux ! Mais, de grâce, plus d'assiettes à la tête ! Inutile de nous manger: nous avons assez de mets au double banquet national !

M
ettre en contact l'âme flamande et l'âme wallonne au sein de la Patrie Belge doit déchaîner, au lieu d'un combat fratricide, une magnifique émulation. Elle ne peut –si on la comprend bien– que grandir les uns et les autres et multiplier sur le sol sacré de la Belgique, les foyers où brillent, non seulement la richesse dorée, mais aussi les Lettres, les Arts, les Vertus du Pays et son dévouement absolu à l’Eglise Catholique et Romaine.




Cet exemplaire de la brochure Les Flamingants a été dédicacé par Léon Degrelle au soir de sa vie. Elle est sans appel sur les sentiments qu’il a toujours nourris pour les Flamands.
« Cette petite brochure, quand même, signifiait beaucoup : le geste de fraternité qui voulait défendre une cause juste, celle des Flamands. Il fut le premier, et les Flamands ne l’oublièrent point ! Et moi, toujours, je resterai un Flamand de cœur,
Léon Degrelle »

mercredi 15 juin 2016

15 juin 1906 – 15 juin 2016 : Léon Degrelle vit dans l’éternité



Acte de naissance de Léon Degrelle
né en son domicile de la rue du Collège 25, à Bouillon, le vendredi 15 juin 1906, à 21h.



Marie Degrelle-Boever tient dans ses bras le petit Léon, son nouveau-né.
La photo est prise à l’occasion du baptême administré le mercredi 20 juin 1906 en l’église paroissiale Saints-Pierre-et-Paul de Bouillon par son oncle et parrain, l’abbé Joseph Boever (1874-1950), curé de Devantave (Marche-en-Famenne).


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Un fleuve de noblesse et d'héroïsme devait rafraîchir nos pays jouisseurs, haineux, cramponnés à la bêtise de l'or vivant dans l'exclusivisme des appétits strictement personnels et matériels.

L
a Douleur avait fondu sur l'Europe, pareille aux malédictions antiques, comme un fabuleux ouragan tombant d'un ciel en feu.

E
lle était venue, au-delà des villes consumées, des biens détruits, des cœurs broyés, pour ramener à l'essentiel: la primauté des âmes, la nécessité pour les peuples d'être purs, possédés par l'amour des autres, tendus vers le don de soi.


(Léon Degrelle, Etat d'Ame, 1938)


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Médaille du centenaire
frappée en 2006 à cent exemplaires par la Communauté des Anciens du Front de l’Est, « Dernier Carré ».



Acte de décès de León José de Ramirez y Reina
le Jeudi Saint 31 mars 1994, à 23h15, à l’Hôpital Parque San Antonio, de Malaga.

dimanche 8 mai 2016

Commémorons le 8 mai 1945, jour du sauvetage miraculeux de Léon Degrelle !

Dans une lettre émouvante à son ami Pierre Daye, Léon Degrelle retrace, tout juste un mois après les faits, les circonstances dans lesquelles il vécut la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Un récit encore plus haletant car plus « resserré » que La Campagne de Russie !...





Saint-Sébastien, le 7 juin 1945.


Mon bien cher Pierre,

Je m’ennuie terriblement après toi… Que deviens-tu ? Quand vas-tu te décider à venir jusqu’à Saint-Sébastien…voir ton vieil ami de jadis ? Je suis certain que, si tu es éloquent, on ne te refusera pas le droit de venir me dire bonjour ! J’en ai ici pour des mois à recoller mes os en morceaux ! On vient, à la radiographie de s’apercevoir ce matin que j’avais deux autres fractures, juste à l’endroit où le bras gauche et l’épaule s’emboîtent. Résultat : je vais avoir la moitié du corps dans le plâtre… Ce n’est pas drôle. Et je ne puis compter que je sois remis en état avant la fin du mois d’août…

Je me languis après des nouvelles. Tu dois avoir des journaux du pays et de France, des revues, des livres. Par nos amis espagnols de Los Monteros, fais-moi parvenir un colis avec de la documentation. Je sais que tu es un maniaque des collections ! Mais je veillerai à ton bien, avec un soin jaloux !

Q
uant à ma famille, je vis dans une terrible angoisse. Sais-tu que deux jours après ma culbute ici dans la mer, Hayoit de Termicourt (1) a commis l’ignominie, dans son dépit, de faire arrêter en Allemagne et incarcérer mon vieux papa et ma vielle maman, âgés de 78 ans, 28 fois père et grand-mère ! Or papa s’était fait très, très vieux, n’était même plus capable de s’habiller lui-même ! Quant à maman dont on connaît la douceur évangélique, elle avait failli mourir d’une maladie de cœur au mois de février. On ne la soutenait qu’avec des piqûres. Je ne peux penser, sans avoir les larmes aux yeux, au calvaire de ces pauvres gens. D’après ce que j’ai lu dans un petit journal des Pyrénées, on a arrêté en vrac tout ce qu’on a pu trouver de la famille Degrelle, y compris la pauvre Jeanne Raty, dont tu connais l’état de santé, et ses deux filles, deux gamines !

Je me demande jusqu’où on va descendre dans l’ignominie !

Quant à la pauvre Marie-Paule, qui a été d’un courage et d’une maîtrise magnifique, je ne sais absolument pas ce qu’elle est devenue, avec cinq petits enfants sur les bras, dont un bébé de huit mois ! Elle s’était cachée dans une forêt. Et cette dépêche de trois lignes ne dit rien d’elle. Quelle tragédie ! Comment arriver à se retrouver un jour ? Est-ce que la Croix-Rouge Internationale, ou le Vatican ne vont pas s’occuper de ces drames ? Je voudrais faire venir ici – s’ils sont encore libres – Marie-Paule et les enfants. Mais comment ? Avec l’aide de qui ?...

Sans oublier qu'il va régner là-bas une famine horrible, comme on n'en aura jamais vue…


Q
ue d’événements depuis notre séparation! Au moment de l'arrivée des Alliés en Belgique, j'étais au combat en Estonie, pays très émouvant, arbres, sapins, bruyères; j'y ai sauvé – pour peu de temps hélas – la vieille ville universitaire de Dorpat et j'y ai gagné les Feuilles de Chêne. Puis ce fut l'offensive des Ardennes. Tu vois notre joie ! La Noël chez nous ! Nous étions dans nos belles Ardennes, lourdes de neiges, avec 

leurs vallées violettes, leurs vieilles auberges à tonnelle, les immenses panoramas du plateau d'Houfflize.
Nous avons vécu des nuits de Noël et de Nouvel-an très touchantes, parmi tous ces braves paysans qui nous avaient fait un accueil inoubliable. Puis ce fut l'écrabouillage méthodique et implacable. Tout fut réduit en poussière : La Roche, Houffalize, Saint-Vith : tout plus que d'horribles monceaux de plâtres. Rien n'échappait. Et ce fut le retour. Aussitôt nous fûmes engagés, de nouveau, au front russe. En Ardenne, nous n'avons eu aucun rôle militaire, à aucun moment. Mais en Poméranie, devant Stargard, ce fut une autre affaire. La puissance des Soviets était devenue fabuleuse. A l'assaut de chaque village, ils lançaient 20, 30, 40 chars énormes ! Nous avons eu 450 morts et 700 blessés (sur 1400 hommes engagés) en 5 semaines ! C'était absolument affreux. Le pauvre Mezzeta est mort avec son héroïsme habituel, Atteint d'un horrible éclat de grenade dans le ventre.

Quatre fois en une semaine, j'ai été fait, virtuellement, prisonnier. Chaque fois, je me suis glissé comme une couleuvre. Les nuits étaient grandioses, tous les villages roses flambaient dans les neiges énormes tandis que les chars russes hurlaient à bout portant, tous phares allumés ! Nous avons mis 35 jours pour reculer de 30 kilomètres ! L'héroïsme de l'armée allemande a été quelque chose d'indescriptible ! Mais aux trois derniers jours de la bataille d'Altdam, devant Stettin, nous n'étions même plus 1000 hommes pour trois Divisions !

Nous avons eu un mois de répit, derrière l'Oder. Nous avons rassemblé tout ce qui nous restait, soit environ 2000 hommes dont 650 de troupe de choc. Le 20 avril, les Russes enjambaient le fleuve. On a lancé nos 650 hommes dans une contre-attaque : cinq fois, ils ont rejeté les Russes à plusieurs kilomètres en arrière, mais à la fin on se battait à coup de crosses et il nous restait 35 hommes en tout ! Le pauvre Albert Verpoorten, notamment, avait eu les deux bras arrachés et la tête fendue ! Nous avons eu une famille de 4 frères qui se sont fait tuer tous les quatre ! Mais que faire ? Les ordres secrets que je recevais comme Commandeur de Division m'interdisaient de tirer plus d'un coup par pièce d'artillerie par jour et plus de deux grenades par lance-grenade ! Il n'y avait plus rien. Tu connais nos Wallons. Ils ont tenu les derniers partout. Toute l’armée décrochait en direction des Anglais qui eux, tenaient, à travers tout, en arrière de deux jours sur tout le monde !

Je n'ai échappé que par un miracle à ma manière. La nuit du 1er au 2 mai, j'étais appelé chez Himmler, ma Division et celle des Flamands (que je commandais aussi pour finir !) devant se placer derrière Lubeck. J’eus juste le temps de me glisser avec ma petite voiture tout-terrain entre les Russes et les Anglais. L'instant d’après, le passage était coupé. J’eus beau faire, je ne pus retaper les débris, d'ailleurs épars, de la Légion. Il ne me restait qu'une poignée d'hommes, déjà arrivés à Lubeck. Un dernier front antibolchevique arrivant, celui du Nord de la Norvège, je décidai de reconstituer là un groupe de combat, d'autant plus que je savais que d'autres Wallons essayaient par la mer de gagner le Danemark. J'arrivai à Copenhague, après mille péripéties, juste pour tomber en pleine révolution. Je passai 14 heures au milieu de la meute triomphante. Un de mes deux officiers d'ordonnance fut englouti dans la marée. Grâce au culot inouï d'un Allemand en civil, je parvins à traverser la ville entière en pleine émeute, sautai sur une petite embarcation de guerre et, après avoir vu les Anglais descendre les avions sous mon nez à Copenhague, j'arrivai à Oslo le dimanche !

Déjà, le lendemain, c'était de nouveau la capitulation à 2 heures de l'après-midi. Nous passâmes des heures hallucinantes. Finalement, à 10 heures du soir, un sous-officier de l'aviation allemande, que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, m'offrit de risquer le coup : s'envoler dans la nuit en Espagne. Le champ d'aviation n'était pas encore pris. Un avion privé était dans un hangar : l'aviateur alla expliquer qu'il devait le conduire à Trondheim. Nous nous glissâmes en « stoumeling » dans l'appareil. A 23 heures et demie, sans carte, nous foncions à l'aventure. Rester dans la ville, c'était se faire prendre par les partisans. Attendre le lendemain, c'était être prisonnier d'une Division anglaise aéroportée. Nous allions braver la chance !

M
ais quelle aventure ! D'abord, nous fîmes un large tour par la mer du Nord, puis il fallut bien atteindre la Hollande. Bientôt, je vis avec horreur un phare s'allumer derrière nous, puis ce fut sous nous, puis loin devant nous. Nous étions repérés. On illuminait les champs d'aviation. On nous interpellait par radio : « Qui êtes-vous ? Que faite-vous ? » Nous allions jeter l’alarme dans toute l'Europe, fêtant la victoire ! Mais que d'émotions ! Nous guettions partout l'arrivée des chasseurs ennemis !

A
toute vitesse, nous survolâmes Anvers, tout brillant dans la nuit. Ah ! Mon cœur se serrait en survolant ma Patrie ! Anvers était là, Bruxelles était là, la forêt de la Cambre, ma maison ! Mais je pensais aussi à tous mes ennemis, au-dessus desquels je passais, me payant leur têtes ! Puis ce fut Lille ! Puis Paris, éblouissant, avec des phares qui, de partout, essayaient de nous happer ! Mais plus nous allions vers le Sud, plus notre passage devait paraître normal. Qui pensait, dans cette nuit de fête, imaginer un avion allemand au-dessus d'Orléans ou d’Angoulême ! Pourtant, nous étions inquiets de la direction, d'autant plus que le rayon d'action de l'avion, avec le maximum d'essence, était de 2100 kilomètres. Or, en ligne directe, d'Oslo aux Pyrénées, il y avait 2150 kilomètres. Nous risquions terriblement d'échouer près du salut.

D
éjà l'essence arrivait à sa fin. Nous regardions dans la nuit. On voyait des villes qu'on imaginait en pleine bordée. Des autos circulaient. Soudain j'aperçus une coulée luisante, puissante comme un bras de géant. J'étais sûr de ce que je voyais : c'était l’embouchure de la Gironde.



Nous étions sur la bonne voie. Mais l’essence baissait de plus en plus. Les ratés se multipliaient. L'avion allait de plus en plus lentement, descendait de plus en plus vers les flots. Ce furent des moments horribles. Nous avions endossé des bouées de sauvetage. Nous longions la côte. C'était Arcachon, miroitant dans la fin de la nuit, puis la grande rade d'hydravion, puis la lande interminable, toute noire derrière les lueurs de la mer. Ah ! Quand cette lande finirait-elle ? Je guettais les lumières de Biarritz, mais rien ! Nous descendions de plus en plus. Quasi au ras des flots. Le jour paraissait lentement, quelques lueurs. Je devinais, puis je distinguai les Pyrénées et leur courbe vers le Bidassoa. Elles étaient très belle, bleu-noires, avec un très léger fond rose pâle du jour naissant. Nous allions sombrer dans ce début d'aube. Le pilote tira les fusées rouges de détresse. Et dire que l'Espagne était là en face : nous distinguions même un phare ! Déjà deux vedettes françaises prenaient la mer. A une lenteur hallucinante, l'avion acharnait, poussait sur ses moteurs secs : encore six kilomètres, cinq, quatre, un… Nous vîmes les rochers d'un vert noir. Le pilote fit alors un coup de folie. Atterrir là, c'était s'écraser. Il redressa presque verticalement l'appareil, happant ainsi les dernières gouttes d'essence, sauta au-dessus des rochers et des toits. Il y avait sous nous l'étroite bande de sable entre les rochers de la rade : atterrir nonchalamment, c'était courir se briser sur les rochers. Il ne décrocha pas le train atterrissage et nous fit glisser sans roue sur le sable ! Evidemment, nous devions capoter, mais c'était moins terrible que de courir se broyer ! Au bout de vingt mètres, le moteur droit se décrochait, puis ce fut la culbute vertigineuse. Je tournai comme un ballon tout autour des parois. Nous étions entrés dans la mer qui s'engouffrait par l'appareil crevé.
Mais nous vivions !

J
e voyais sur la côte s'agiter deux policiers à bigorne luisant ! C'était l'Espagne ! Je ne t'ai pas encore dit que j'avais un compagnon : le cher Robert du Welz, à présent capitaine, qui avait prétendu ne pas me lâcher à ce moment décisif. Lui s'en est parfaitement tiré, sans aucune fracture. Quant à moi, j'ai eu le pied gauche fendu et j'en souffre encore assez bien. Et j'ai trois fractures juste à l'endroit où le bras gauche s’emboîte dans l'épaule, si bien que je dois avoir non seulement le bras plâtré mais le buste entier. C'est comme si je portais un tonneau de plâtre. Je t'assure que deux mois et demi dans une cuirasse pareille, ça n'a rien d'aguichant !

C'est pour cela que tu dois venir me voir. Si tu as la vie dure, je te rembourserai en vieux camarade, le prix du voyage. Mais je brûle de te voir, de t'entendre. Et puis, enfin, si tu es un vieil observateur de la faune humaine et tu dois bien te douter que moi aussi, pendant les dernier mois, je n'avais pas mes yeux en poche. Si j'avais un éditeur américain, je pourrais lui donner un bouquin qui serait autre chose que toutes les sottises qu'on raconte car moi, je les ai vus, tous, de près, les dernières semaines, les derniers jours. Et je suis d'ailleurs stupéfait en voyant que personne n'a encore parlé de certaines choses formidables qui ont eu lieu à la fin : je me demande si, finalement, il n'y a que moi qui sache.

E
n tout cas, j'ai vécu, je peux te le dire, une épopée fabuleuse et je crois que personne n'a pu mieux que moi observer le double aspect, politique et militaire, de cette fabuleuse tragédie.

En ce qui me concerne, il faut s'en tenir strictement à ma qualité d'officier supérieur.

Je n'ai été ni chef de gouvernement, ni ministre. J'ai été soldat contre le Bolchevisme, point c'est tout. J'ai gagné tous mes grades (j'aurais été général cette année-ci) uniquement par mes services au combat. J'ai les Feuilles de Chêne et la Croix Allemande en Or, ainsi que la Médaille d'Or des Blessés (blessé cinq fois). Mais en outre, et ceci prouve mon rôle de combattant, j'ai reçu du Führer l'Insigne d’Or des Corps à Corps qu'on ne reçoit qu'après 50 combats, au moins, au corps à corps. C'est la plus haute décoration de l'Infanterie et j'ai été, de toute l'Armée Allemande, le 1er officier à le recevoir : il n'y a que 80 soldats en tout, environ, qui l'ont reçu. Et aucun autre étranger que moi.

Ceci dit pour te permettre, si tu en as l'occasion, d'insister sur le rôle réellement et intégralement militaire de mon action pendant la guerre.

En ce qui concerne ma famille, vois un peu. Avec le temps, il faudrait découvrir une personnalité – espagnole ou anglaise – qui avec les papiers nécessaires pourrait aller dépanner ma famille et mes enfants. Il s'agit ici de simple humanité : une femme, cinq petits enfants : de 11 à 8 mois.

Pour mes parents, seule une intervention d'une haute personnalité courageuse, Vatican ou Angleterre – ils ont été arrêtés dans la zone anglaise – pourrait, me semble-t-il, mettre fin à cette ignominie. Si maman devait rester en prison, elle y mourra certainement cette année-ci. Et dire qu'ils devaient, ce 12 juin, fêter leurs noces d'or !

Maintenant, mon cher vieux Pierre, je me résume :

1. Viens. Insiste près de notre ami Lequerica pour obtenir de faire à un grand blessé, cette visite d'amitié.

2. Par nos amis Espinosa de los Monteros, fais-moi parvenir des nouvelles, des journaux, des livres d'actualité.

Si tu avais des nouvelles précises concernant ma famille, fait-moi savoir ce qui se passe.


Evidemment, ces mois-ci sont des mois compliqués. Mais tu es un homme adroit et un véritable ami. Souviens-toi du temps où tu venais me rechercher à Carcassonne et nourrir mon cœur de ton amitié.

A nos amis français remets mes meilleurs souvenirs. Robert du Welz te dit mille choses affectueuses. Quant à moi, mon cher vieux Pierre, je t'embrasse avec beaucoup d'émotion,

Degrelle







(1) Raoul Hayoit de Termicourt, magistrat de l’ « épuration » à l’auditorat militaire.


Légendes des Photos (de haut en bas):

- Le Heinkel 111 dans la baie de San Sebastian : un miracle qu’il n’y eut aucune victime!
- Marie-Paule Lemay.

- Paul Mezetta.

- Léon Degrelle à l’hôpital militaire « Général Mola ». 
- L’avion de Léon Degrelle, objet de la curiosité populaire…
- Pierre Daye (Portrait du dessinateur liégeois Joseph « Jeph » Lambert, in Les Feuillets Bleus, hebdomadaire littéraire n° 267, 3 novembre 1934.)


mercredi 20 avril 2016

Adolf Hitler : 20 avril 1889 – 20 avril 2017



Moi, je l'ai connu, connu au long de dix années, connu de tout près au moment de sa gloire, comme au moment où, autour de lui, l'univers de ses œuvres et de ses rêves basculait. Je sais. Je sais qui il était : le chef politique, le chef de guerre, l'homme, l'homme tout cru, l'homme tout court. Il est vraiment trop simple de se contenter de couvrir d'outrages la dépouille d'un vaincu mort, de dire, d'écrire, d'inventer sur lui n'importe quoi, certain que le public acceptera n'importe quoi pourvu que cela complète l'idée qu'il s'est faite d'Hitler - celle d'un monstre!-, certain aussi de ce que les rares témoins qui pourraient expliquer qu'il n'en fut pas ainsi se tiendront cois, pour ne pas être enfermés aussitôt dans le même sac ignominieux qu'Hitler mort.


Tout ce que le public peut raconter, ou tout ce qu'on peut lui raconter, me laisse parfaitement indifférent. Ce qui m'importe, c'est la vérité, c'est ce que je sais.

D'ailleurs, il faut l'imbécillité des foules pour croire qu'un homme qui entraîna cent millions d'Allemands derrière lui, pour lequel moururent des millions de jeunes hommes, n'était qu'une sorte de Sardanapale ou de Néron, buvant du sang, du matin au soir, au robinet de sa folie.

Je le vois encore à Berlin, le 1er mai 1934, perché au sommet d'une tribune grandiose, au champ d'aviation de Tempelhof. Des centaines de milliers d'auditeurs grondaient de ferveur sous son regard. Pourtant, j'avais été déçu. Son éloquence était peu nuancée, violente, élémentaire, assez monocorde. Un public latin eût été plus exigeant. Même l'ironie était rugueuse. C'était une éloquence-force, plus qu'une éloquence-art.

De même, l'éclat de ses yeux ne m'impressionna jamais spécialement. Ils ne fouillaient pas, comme on l'a dit, le regard de l'interlocuteur. Leur feu n'avait rien d'insoutenable. Bleu, vif, l’œil était beau, son jaillissement était frais, neuf, avec une grande projection de puissance, certes, mais qui ne cherchait ni à intimider, ni même à séduire, ni surtout à enjôler. On pouvait le regarder bien en face, avec intensité, sans sentir qu'il vous envahissait ou qu'on le dérangeait.

Et même pour les fameux fluides. De vieilles folles comme la princesse Hélène de Roumanie ont écrit que lorsque Hitler vous serrait la main, ses doigts lançaient des décharges électriques, évidemment diaboliques ! La main d'Hitler ne serrait pas trop, elle était plutôt molle. Généralement même, surtout avec de vrais amis, Hitler ne donnait pas la main, mais il vous serrait la main dans ses deux mains. Jamais je ne me suis senti transpercé par cet attouchement, comme la vieille folle de princesse roumaine. Jamais je n'ai sauté en l'air sous la déflagration ! C'était une poignée de main tout ordinaire, comme celle d'un garde forestier ardennais.

Hitler était simple, très soigné. Ses oreilles m'ont toujours étonné, luisantes comme des coquillages. Il ne jouait pas au play-boy, croyez-moi. Ses 
vêtements étaient repassés avec soin, il est difficile d'en dire davantage. [...]


Il n'avait besoin de rien, sauf de beauté. Il e paya, avec les droits d'auteur de son Mein Kampf, un merveilleux Botticelli qu'il accrocha au-dessus de son lit. A part cela, il n'avait jamais un mark sur lui. Il est mort sans laisser un pfennig. Pour lui, ce problème des bien personnels, de l'argent personnel n'existait même pas. Je suis sûr que pendant les dernières années de sa vie, il n'y pensa pas une seule fois.

Il mangeait en dix minutes. Et même son repas était un spectacle plutôt ahurissant. Car cet homme qui se couchait à cinq heures ou à six heures du matin chaque jour, et qui était déjà debout à onze heures, lunettes à la main, devant ses dossiers, mangeait à peine. Et encore, étaient-ce des mets qui, pour le grand public, « ne donnent pas de force ». Il mena tout l'effort terrible de la guerre sans avoir avalé une seule fois cent grammes de viande. Il ne mangeait pas d’œufs. Il ne mangeait pas de poisson. Une assiette de pâtes, ou une assiette de légumes. Quelques gâteaux. De l'eau. Toujours de l'eau. Et les festivités culinaires hitlériennes étaient terminées !

Il avait la passion de la musique. A un point même stupéfiant. [...] Un motif musical entendu une fois par lui était absorbé à jamais. Il le sifflotait sans un accroc, si long fût-il. Wagner était son dieu. Il n'en ignorait pas une nuance. Il confondait, dans l'Histoire d'Espagne, Isabelle la Catholique (XVe siècle) et Isabelle II (XIXe siècle), mais il n'eût pas confondu deux notes de tout le répertoire musical de tout l'univers.

Il aimait son chien. On lui avait volé un chien au cours de la Première Guerre mondiale. Ce fut un

des plus grands chagrins de sa jeunesse. Oui, c'est ainsi. J'ai connu Blondie, son chien des dernières années. La brave bête arpentait à côté de lui son baraquement de planches, comme si elle soupesait, elle aussi les aléas tragiques du front russe. Hitler lui préparait lui-même sa pâtée vers minuit, lâchant les visiteurs présents pour aller nourrir son compagnon. [...]

Politiquement, jamais un homme, sur la terre ne souleva un peuple comme Hitler le fit pourtant, bien malin serait celui qui découvrirait maintenant parmi le gros public allemand un ex-hitlérien s'affichant sans crainte !

La vérité, tout de même, c'est qu'à peu près tous 
les Allemands furent hitlériens, dès le début, ou par la suite. Chaque élection, chaque plébiscite apportèrent à Hitler une adhésion plus frémissante et, finalement, presque unanime. Les gens votaient pour lui parce qu'ils désiraient voter pour lui.
Personne ne les y forçait. Personne ne les contrôlait Que ce fût sur le territoire même du Reich, ou dans les régions soumises encore à des autorités étrangères (Sarre, Dantzig, Memel), les résultats étaient identiques. Dire le contraire est faux. A chaque élection, le peuple allemand prouva qu'il était à fond avec son Führer. Et pourquoi ne l'eût-il pas été ?

Hitler l'avait sorti de la stagnation économique. Il avait remis au travail des millions de chômeurs désespérés. Cent lois sociales nouvelles avaient garanti le travail, la santé, les loisirs, l'honneur des ouvriers. Hitler avait inventé pour eux l'auto populaire, la Volkswagen, payable à un prix insignifiant au long de plusieurs années.

Ses navires de vacances promenaient, des fjords de la Norvège aux Canaries, des milliers de travailleurs. Il avait revivifié l'industrie du Reich, devenue la plus moderne et la plus efficace du continent. Il avait doté l'Allemagne – un quart de siècle avant que la France n'essayât de l'imiter – d'autoroutes splendides. Il avait réunifié la nation, rendu une armée à un pays qui n'avait le droit de posséder que des tanks en carton. D'un pays vaincu, saigné à blanc (trois millions de morts!) par la Première Guerre mondiale, il avait refait le pays le plus fort de l'Europe.

M
ais surtout – et cela on l'a bien oublié, or ce fut la réalisation capitale d'Hitler, celle qui changea politiquement l'Europe –, il avait réconcilié la masse ouvrière avec la patrie. Le marxisme international – et diverses influences cosmopolites – avaient, en cinquante ans, séparé partout le peuple de la nation. L'ouvrier rouge était contre la patrie, non sans raison toujours, car la patrie des nantis avait souvent été une marâtre pour lui. [...]

Hitler, grâce à son programme révolutionnaire de justice sociale et grâce aux améliorations immenses qu'il 
apporta à la vie des travailleurs, ramena à l'idée nationale des millions de prolétaires, notamment six millions de communistes allemands, qui semblaient perdus à jamais pour leur patrie, qui en étaient même les saboteurs, et eussent pu en devenir les fossoyeurs.


La vraie victoire – victoire durable et de portée universelle – qu'Hitler remporta sur le marxisme fut celle-là : la réconciliation du nationalisme et du socialisme, d'où le nom de national-socialisme, en fait le plus beau nom qu'eût jamais porté, au monde, un parti. A l'amour de la terre natale, normal, mais qui, laissé à lui seul, serait trop étroit, il unissait l'esprit universel du socialisme, apportant, non en paroles mais dans la vie réelle, la justice sociale et le respect aux travailleurs. Le nationalisme était trop souvent, avant Hitler, le fief exclusif des bourgeois et des classes moyennes. A l'opposé, le socialisme était le domaine presque toujours exclusif de la seule classe ouvrière Hitler fit la synthèse des deux. [...]

Le plus sensationnel chez Hitler, fut – et l'histoire devra bien le reconnaître un jour – son génie militaire. Génie éminemment créateur. Génie foudroyant. L'invention de la stratégie moderne fut son œuvre. Ses généraux appliquèrent, avec plus ou moins de conviction, ses enseignements. Mais, laissés à eux-mêmes, il n'eussent pas valu mieux que les généraux français et italiens de leur génération. Ils étaient, comme eux, d'une guerre en retard, ayant à peine décelé, avant 1939, l'importance de l'action combinée de l'aviation et des chars, qu'Hitler les obligea à pratiquer. [...]

H
itler était, militairement, un inventeur. On parle toujours des erreurs qu'il a pu commettre. L'extraordinaire eût été qu'obligé à inventer sans cesse, il n'en commît point.

 Mais il inventa, outre la stratégie du regroupement motorisé des forces de terre et des forces de l'air – qu'on enseignera dans les Écoles militaires jusqu'à la fin du monde – des opérations aussi totalement différentes que le débarquement en Norvège, la conquête de la Crète, l'adaptation de la guerre blindée aux sables d'Afrique – à laquelle nul n'avait pensé jusqu'alors – et même, aussi, les ponts aériens. Celui de Stalingrad fut autrement difficile, compliqué et périlleux que celui des Américains à Berlin, dix ans plus tard.

H
itler connaissait chaque détail des moteurs, chaque avantage ou chaque inconvénient des pièces d'artillerie, chaque type de sous-marin ou de bateau, et la composition de la flotte de chaque pays. Ses connaissances et sa mémoire sur tous ces chapitres étaient prodigieuses. Nul ne le prit en défaut une seule fois. Il en savait mille fois plus que ses meilleurs spécialistes.

E
ncore fallait-il, en plus, posséder la force de la volonté. Il l'eut toujours, à un degré suprême. Politiquement, seule sa volonté d'acier brisa tous les obstacles, lui fit vaincre des difficultés fantastiques sur lesquelles tout autre que lui se fût brisé. Elle l'amena au pouvoir dans un respect absolu des lois, reconnu légitimement par le Reichstag où son parti, le plus nombreux du Reich, était encore, toutefois, minoritaire le jour où le maréchal Hindenburg le désigna comme chancelier.

Force et ruse. Hitler était habile, madré. Et, aussi, enjoué. On l'a dépeint comme une brute sauvage, se roulant de fureur sur les planchers, mordant à 

pleines canines dans les tapis. Je ne vois pas bien, entre nous, comment cet exploit mandibulaire eût été réalisable ! J'ai passé bien des jours et bien des nuits près d'Hitler. Jamais je n'ai assisté à une de ces colères, tant de fois décrites. [...]

A
u point de vue religieux, il avait des positions bien à lui. Il ne pouvait pas supporter les intromissions politiques du clergé, ce qui n'était pas répréhensible en soi. Ce qui était impressionnant, par contre, c'était son idée sur l'avenir des religions.

À
ses yeux, il était devenu inutile de les combattre, de les persécuter ; les découvertes de la science, dissipant les mystères, – essentiels à l'influence des Églises –, la progression du confort, – chassant une misère qui, durant deux mille ans, rapprocha de l’Église tant d'êtres malheureux –, réduiraient, de plus en plus, à son avis, l'influence des religions.

« Au bout de deux siècles, de trois siècles, me disait-il, elle seront arrivées, les unes à l'extinction, les autres à un amenuisement presque total. » [...]

Je connaissais Hitler à fond.


Je ne craignais plus le risque de faire équipe, dans une Europe commune, avec un génie qui avait dépassé, politiquement les étapes des régions et des nations.

« Après la guerre, me disait-il, je changerai le nom de Berlin pour qu'il n'apparaisse plus comme la capitale des Allemands seuls, mais la capitale de tous. »

Lui pourrait créer, forger, unir.

À cette création, risquée certes, – mais au front, nous connaissions d'autres risques ! – exaltants, à la hauteur des plus grands rêves, comment eussions-nous préféré le retour à un concubinage sordide avec des régimes petit-bourgeois, sans grands vices, sans grandes vertus, sous lesquels l'Europe désunie eût pu, tout au plus, continuer à patauger, comme avant la guerre, dans la plus molle médiocrité ?...

A
vec Hitler, nous risquions gros. Mais, aussi, nous risquions grand !

Léon Degrelle,Hitler pour mille ans, La Table Ronde, 1969.




mardi 19 avril 2016

« Adolf a toujours voulu le meilleur pour l’Allemagne ! » 
Paula Hitler (28 décembre 1957)




En ce 20 avril, jour du 127e anniversaire du personnage le plus important de l’histoire de l’humanité, quel meilleur hommage pouvons-nous lui rendre que de publier à nouveau le message adressé par sa petite sœur Paula aux hyènes de la presse allemande qui s’étaient permis de couvrir sa mémoire de leurs habituelles déjections à l’occasion de l’anniversaire de son sacrifice, le 30 avril 1957.


Messieurs !

N’oubliez jamais ceci. Vos noms seront oubliés depuis longtemps bien avant que vos corps aient pourri dans la terre. Mais le nom d’Adolf Hitler sera toujours une lumière dans les ténèbres.

V
ous ne pourrez jamais le tuer en noyant sa mémoire dans vos seaux d’aisance et vous ne pourrez pas l’étrangler avec vos petits doigts pleins d’encre. Son nom existe toujours dans des centaines de milliers d’âmes. Vous êtes bien trop insignifiants, ne serait-ce que pour l’atteindre.


Il aima l’Allemagne. Il s’inquiéta pour l’Allemagne. Quand il combattit pour l’honneur et le respect, c’était pour l’honneur de l’Allemagne et quand il ne resta plus rien, il donna sa vie pour l’Allemagne
.


Qu’avez-vous donné de tel ? Lequel d’entre vous donnerait sa vie pour l’Allemagne ? Les seules choses qui vous préoccupent sont les richesses, le pouvoir et le luxe éternels. Quand vous pensez à l’Allemagne, vous pensez vous permettre de tels sentiments sans responsabilité, sans préoccupation ?

Croyez-moi pour cela : le Führer n’a jamais été égoïste en paroles et en actes, ce qui garantit son immortalité. Le fait est que l’âpre combat pour la grandeur de l’Allemagne n’a pas été couronné de succès, comme celui de Cromwell en Angleterre, ce qui a un rapport avec la mentalité du peuple concerné.

D’un côté, le caractère de l’Anglais est essentiellement déloyal, guidé par la jalousie et l’égo et un manque de compassion. Mais il n’oublie jamais qu’il est un Anglais, loyal à son peuple et à sa couronne. De l’autre côté, l’Allemand avec sa soif de reconnaissance n’est jamais un Allemand avant tout.

Par conséquent, cela ne vous préoccupe pas, vous, créatures insignifiantes, si vous détruisez la nation tout entière. La seule chose qui vous guide sera toujours : moi d’abord, moi ensuite, moi enfin.

Dans votre médiocrité, vous ne penserez jamais au bien-être de la nation.

Et c’est avec cette philosophie pitoyable que vous voulez entraver l’immortalité d’un géant ?!!!

Paula Hitler
, Berchtesgaden , 1er mai 1957.




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Paula Hitler est née le 21 janvier 1896, en Autriche, moins de sept ans après son frère, et est décédée à Berchtesgaden, le 1er juin 1960. À l’occasion des jeux olympiques de 1936, le Führer lui demanda, par souci de discrétion, de changer son nom en « Wolf », le patronyme qu’il utilisa lui-même dans les années vingt ainsi que pour nommer tous ses lieux de combat (Wolfsschlucht, Wolfschanze, Wehrwolf,…).

Active dans un hôpital militaire jusqu’à la fin de la guerre, elle fut arrêtée par les Américains qui la
privèrent de ses avoirs bancaires et immobiliers (un petit appartement de deux pièces à Vienne ; les Russes s’étaient, quant à eux, déjà emparés de sa maison dans la campagne autrichienne). Le tribunal de dénazification dut rapidement la libérer, vu son absence de toute activité politique sous le IIIe Reich.

Elle vivra désormais dans la pauvreté à Berchtesgaden, près des ruines du Berghof  et dans la fidélité à la mémoire de son frèretoujours sous le nom de «Wolf», aidée par les associations d’anciens combattants.

Paula mourut dans sa 65e année et fut enterrée au Bergfriedhof de Berchtesgaden. Sa tombe, sommée d’une croix en bois, portait son nom « Paula Hitler ». Il disparut en 2005 sous la plaque portant le nom du couple (Cornelia et Hermann Reif) qui s’occupa de son entretien.





dimanche 10 avril 2016

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